Philippe Lamour (1903-1992)
(Sur Philippe Lamour, se reporter à l'article assez complet de l'encyclopédie informatique : Wikipedia)
Philippe Lamour est le grand homme du Queyras moderne. Maire de Ceillac de 1965 à 1983, il a dissuadé les Queyrassins, traumatisés par les crues dévastatrices de 1957, de céder au désespoir et les a convaincus que leurs hautes vallées avaient encore un véritable avenir. Avocat, secrétaire général de la FNSEA après la guerre, expert en questions agricoles et rurales, propriétaire de vignobles dans le Gard, où il a renouvelé la viticulture, c'est un théoricien de l'aménagement du territoire. Dans le Languedoc, il a développé les systèmes d'irrigation. Le canal du Rhône à Sète porte son nom. Partisan de la décentralisation et de l'Europe, il a compris que l'avenir du Queyras n'était plus dans l'économie agro-pastorale, mais dans le tourisme. Il a fait baliser des chemins, transformés en sentiers de grande randonnée ; il a incité les Queyrassins à ouvrir des gîtes d'étape ; il a créé en 1966 le SIVM (Syndicat Intercommunal à Vocations Multiples), en 1967 les SICA Habitat Rural (Syndicat d'Intérêt Collectif Agricole) pour faciliter le remembrement des parcelles exiguës et construire des chalets à usage locatif, et des SICA Sports pour financer la construction des remontées mécaniques. En 1977, il a participé à la création du Parc Naturel Régional.
Homme d'action, Philippe Lamour a beaucoup écrit, surtout des essais et des livres de souvenirs (Le Cadran solaire, Robert Laffont, 1980 ; Les Hauts Pays, Robert Laffont ; Le père Foumier un maire exceptionnel, éditions Richtuong). Sa pensée, dont les fondements sont l'hostilité à l'Etat central (il a écrit des articles polémiques, féroces et sans doute injustes, contre Louis XIV et Napoléon, publiés il y a quelques années dans le Courrier du Queyras) et la conviction que l'avenir de la France est dans l'Europe, s'est constituée dans les années 1930, alors que, jeune homme encore, ambitieux, brillant et plein d'avenir, il exerçait les fonctions de rédacteur en chef de la revue Plans, qui traitait de l'organisation de la société (les thèmes en étaient l’urbanisme, l’architecture, les syndicats, la planification, etc.) et qui militait pour que d'importants changements interviennent dans une France en crise et vieillie. Ainsi, dans l'éditorial intitulé "La ligne générale" du n° 3 de mars 1931, Philippe Lamour appelle à la construction d'une Europe nouvelle : "Pour la mener à bien, il faut des esprits indifférents aux questions inutiles de responsabilités (la revue militait alors pour la révision des traités qui ont mis fin à la première guerre mondiale : c'était aussi un argument de la propagande d'Hitler), et tout entiers préoccupés de l'avenir. Un grand mouvement de jeunesse s'indique alors dans toute l'Europe. Malgré les oppositions apparentes de ses diverses manifestations, et même les haines entretenues entre elles, elles sont animées d'un esprit commun. Bolchevisme, fascisme et même, dans son esprit, socialisme-national hitlérien, sont surtout les trois aspects, différents en raison des origines historiques aussi bien que des climats, de la rupture avec le monde ancien et de la recherche d'un ordre". "Rupture avec le monde ancien et recherche d'un ordre" moderne ou nouveau, tel semble avoir été le fondement de l'action de Philippe Lamour, aménageur et homme de terrain, aussi bien dans le Languedoc que dans le Queyras.
Cf. "tourisme", "Parc Naturel Régional", "Ceillac", "élites". Lire de François Billy, L'Air des Cimes, pp. 57-61, "Philippe Lamour ou la renaissance du Queyras", Editions Jeanne Laffitte, Marseille, 1996.
(Sur Philippe Lamour, se reporter à l'article assez complet de l'encyclopédie informatique : Wikipedia)
Philippe Lamour est le grand homme du Queyras moderne. Maire de Ceillac de 1965 à 1983, il a dissuadé les Queyrassins, traumatisés par les crues dévastatrices de 1957, de céder au désespoir et les a convaincus que leurs hautes vallées avaient encore un véritable avenir. Avocat, secrétaire général de la FNSEA après la guerre, expert en questions agricoles et rurales, propriétaire de vignobles dans le Gard, où il a renouvelé la viticulture, c'est un théoricien de l'aménagement du territoire. Dans le Languedoc, il a développé les systèmes d'irrigation. Le canal du Rhône à Sète porte son nom. Partisan de la décentralisation et de l'Europe, il a compris que l'avenir du Queyras n'était plus dans l'économie agro-pastorale, mais dans le tourisme. Il a fait baliser des chemins, transformés en sentiers de grande randonnée ; il a incité les Queyrassins à ouvrir des gîtes d'étape ; il a créé en 1966 le SIVM (Syndicat Intercommunal à Vocations Multiples), en 1967 les SICA Habitat Rural (Syndicat d'Intérêt Collectif Agricole) pour faciliter le remembrement des parcelles exiguës et construire des chalets à usage locatif, et des SICA Sports pour financer la construction des remontées mécaniques. En 1977, il a participé à la création du Parc Naturel Régional.
Homme d'action, Philippe Lamour a beaucoup écrit, surtout des essais et des livres de souvenirs (Le Cadran solaire, Robert Laffont, 1980 ; Les Hauts Pays, Robert Laffont ; Le père Foumier un maire exceptionnel, éditions Richtuong). Sa pensée, dont les fondements sont l'hostilité à l'Etat central (il a écrit des articles polémiques, féroces et sans doute injustes, contre Louis XIV et Napoléon, publiés il y a quelques années dans le Courrier du Queyras) et la conviction que l'avenir de la France est dans l'Europe, s'est constituée dans les années 1930, alors que, jeune homme encore, ambitieux, brillant et plein d'avenir, il exerçait les fonctions de rédacteur en chef de la revue Plans, qui traitait de l'organisation de la société (les thèmes en étaient l’urbanisme, l’architecture, les syndicats, la planification, etc.) et qui militait pour que d'importants changements interviennent dans une France en crise et vieillie. Ainsi, dans l'éditorial intitulé "La ligne générale" du n° 3 de mars 1931, Philippe Lamour appelle à la construction d'une Europe nouvelle : "Pour la mener à bien, il faut des esprits indifférents aux questions inutiles de responsabilités (la revue militait alors pour la révision des traités qui ont mis fin à la première guerre mondiale : c'était aussi un argument de la propagande d'Hitler), et tout entiers préoccupés de l'avenir. Un grand mouvement de jeunesse s'indique alors dans toute l'Europe. Malgré les oppositions apparentes de ses diverses manifestations, et même les haines entretenues entre elles, elles sont animées d'un esprit commun. Bolchevisme, fascisme et même, dans son esprit, socialisme-national hitlérien, sont surtout les trois aspects, différents en raison des origines historiques aussi bien que des climats, de la rupture avec le monde ancien et de la recherche d'un ordre". "Rupture avec le monde ancien et recherche d'un ordre" moderne ou nouveau, tel semble avoir été le fondement de l'action de Philippe Lamour, aménageur et homme de terrain, aussi bien dans le Languedoc que dans le Queyras.
Cf. "tourisme", "Parc Naturel Régional", "Ceillac", "élites". Lire de François Billy, L'Air des Cimes, pp. 57-61, "Philippe Lamour ou la renaissance du Queyras", Editions Jeanne Laffitte, Marseille, 1996.
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