Jusqu'en 1996, il n'y avait de loup que dans les histoires que, jadis, les Queyrassins aimaient raconter à la veillée.
La présence de deux ou trois meutes de loups dans les alpages soulève plusieurs problèmes graves, que voici exposés. A quoi est-elle due ? Les loups sont-ils venus d'eux-mêmes naturellement (certains pensent qu'ils ont émigré à partir des Abruzzes) ou bien ont-ils été introduits par des militants écologistes se disant des défenseurs de la vie sauvage et qui auraient détruit les clôtures d'un élevage établi sur le versant italien du Col de Tende ? La question n'est pas tranchée. D'ailleurs, elle ne le sera pas, puisque les autorités, contrôlées par les écologistes, sont favorables à la présence des loups (et autres animaux sauvages, ours, lynx, etc.) dans les montagnes.
En fait, la Convention de Berne, signée par la France et qui protège les loups, prévoit que l'abattage doit être ordonné quand les loups ont été introduits dans une zone où ils n'avaient jamais vécu ou bien d'où ils avaient disparu. Si les loups sont arrivés dans le Queyras à la suite d'une action sauvage des écologistes, les autorités ont le devoir d'organiser des battues, ce qu'elles refusent de décider. De plus, un autre article de cette même Convention prévoit que la population de loups peut être réduite et contrôlée si elle menace les activités traditionnelles des hommes. Tel est le cas dans le Queyras. Mais rien n'est fait. Chaque été, des centaines de brebis gravides sont tuées, dévorées par les loups ou précipitées dans les abîmes. Les éleveurs, qu'ils soient queyrassins ou transhumants, subissent des pertes considérables. La vie pastorale, qui caractérise le Queyras depuis des millénaires, est menacée; et avec elle, une part de l'identité queyrassine.
La présence de loups (que seul le refus d'appliquer la Convention de Berne rend intouchables) oblige les éleveurs à acheter des chiens agressifs (patous des Pyrénées) qui coûtent très cher et les communes à construire des bergeries nouvelles et des parcs dans les alpages. La faune sauvage est elle aussi menacée. En dehors des deux mois de juillet et d'août, les meutes attaquent les mouflons, les chevreuils, les chamois isolés, mettant en péril tout l'équilibre naturel des vallées. Bien entendu, les Queyrassins, qu'ils soient élus ou simples citoyens, ont compris que la présence des loups dans les alpages mettait en danger leurs vallées. L'Etat, hélas, paralysé par les invectives menaçantes des écologistes, semble avoir fait le pire des choix, à savoir transformer les montagnes en déserts et préférer deux ou trois meutes d'animaux sauvages à la survie de deux mille montagnards, rudes et pauvres, qui, pour leur malheur, ne sont pas nés dans un hôtel particulier du Marais ou de Neuilly.
mercredi 28 mai 2008
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