dimanche 29 juin 2008

Malrif (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)




Vallée du Malrif, commune d’Abriès

Sur l’Adroit d’Abriès, le sentier de grande randonnée (GR 58, variante du GR 5, qui traverse l'Europe des Pays-Bas à Nice) suit le chemin de croix.

Au-delà, sur la droite, à 1809 m d’altitude, se trouve le hameau du Villard en ruines. Une route y accède. En 1783, selon l’Abbé Albert, y vivaient dix-sept familles (80 habitants environ). Un peu plus loin, vers l’ouest, le hameau du Tirail (1956 m), en ruines aussi, construit près de la chapelle Sainte Elisabeth, qui a été récemment rénovée.

Le GR 58 passe devant une chapelle consacrée à Notre Dame des Sept Douleurs, puis traverse le hameau de Malrif ou Malriou en dialecte, nom qui signifie « mauvais torrent », à 1790 m, en ruines. La chapelle est consacrée à Sainte Marguerite.

Au-delà, le sentier suit le torrent jusqu’aux bergeries des Bertins. La rive droite est abrupte. La crête du Serre de l’Aigle sépare la vallée de Malrif de celle de Lombard qui se trouve dans la commune d’Aiguilles. La rive gauche est couverte de forêts et de vastes alpages. Aux Bertins, le sentier bifurque. A gauche, il conduit aux trois lacs Malrif (2578 m), d’où l’on a une belle vue sur le Mont Viso et d’où on peut continuer vers Lombard et Aiguilles (c’est l’étape pédestre reliant Aiguilles à Abriès du tour du Queyras) ou bien gravir le Pic de Malrif (2900 m). A droite, il s’élève en direction du col de Malrif (2860 m), puis de Cervières dans le Briançonnais. Du col, il est possible de faire l’ascension du Grand Glaiza (3292 m) en suivant, vers le nord, la crête des eaux pendantes.

Une légende est attachée au Clot des Masques, lieu réputé sabbatique. Un jeune homme, qui épiait trois jeunes filles de La Gasque (hameau de la vallée du Bouchet), les entendit prononcer une formule magique, puis les vit disparaître dans la cheminée. A son tour, il répéta la formule et se retrouva dans la montagne au milieu de danseurs velus. Des adeptes du sabbat remarquèrent sa présence. Tout cessa. Les sorciers s’évanouirent dans les airs. Horrifié, le jeune homme revint en courant à Abriès.

Dans l’alpage, au bas du col de Malrif, la Peyre Soubeyrane, renfermait, croyait-on, des trésors. Elle s’ouvrait une fois par an, pendant le Gloria du Jeudi Saint, et laissait voir, dit la légende, des monceaux d’or.

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