

La mule est un animal hybride femelle, produit de l’accouplement de l’âne et de la jument, ou du cheval et de l’ânesse, et qui est généralement stérile ; le mulet, un animal hybride mâle, stérile, qui est issu de l’accouplement de l’âne et de la jument. Les qualités reconnues aux mulets et aux mules sont la vigueur, l’endurance et la patience, mais leur défaut principal est d’être d’une obstination proverbiale.
Le Queyras agro-pastoral n’aurait sans doute pas existé sans les mulets, les chevaux et les ânes. Albert Borel leur consacre une page des Pieds en Queyras : « Le mulet est costaud des reins et sûr des pieds. Il peut porter jusqu'à 150 kg. Mais il peut aussi tirer et labourer. Le cheval est fait pour tirer. Mais il porte aussi facilement jusqu'à 120 kg. L’âne peut porter une charge de 80 kg mais il n’a point de force dans les épaules ». Les mulets sont des animaux de bât, portant de lourdes charges : trousses de foin, troncs d’arbre, pierres, marchandises diverses, et de trait : ils tirent la charrue ou le traineau.
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le Queyras était dépourvu de routes. Les charrettes, les chariots, les carrioles, les voitures tirées par les chevaux, les diligences ont longtemps été inutiles. Il n’y a que des chemins ou des sentiers, dits muletiers, parce qu’ils n’étaient accessibles qu’aux mulets. Toutes les familles en possédaient au moins un. Il était impossible de travailler sans mulet, sans cheval ou sans âne. De fait, les muletiers occupaient une place importante dans la vie du Queyras, les plus emblématiques étant les « beurrariès », ces muletiers qui allaient vendre à Gap, à Embrun et dans d’autres villes des Hautes-Alpes, les beurres et les fromages fabriqués dans les villages.
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