
Pour comprendre ce qu’est le Parc Naturel Régional du Queyras, il convient d’abord de rappeler ce qui distingue d’un point de vue juridique les parcs naturels nationaux des parcs naturels régionaux. Les parcs nationaux ont été institués par la loi du 20 juillet 1960. Leur objet est de protéger la faune et la flore dans des zones dépeuplées, soit à la suite de l’exode rural, soit à cause des difficultés de relief et de l’hostilité des éléments. C’est une sorte de conservatoire du patrimoine naturel. Toute construction y est interdite ; les hommes n'y sont admis que provisoirement et à titre de visiteurs, obligés de respecter des règles strictes et contraignantes.
Les parcs régionaux ont été créés, non par une loi, mais par un décret et plus tard. Le décret date du 1er mars 1967. Leur objet est tout autre. Ils ont pour but non pas d’éliminer toute présence humaine permanente, mais de maintenir la vie humaine dans des zones en voie de dépeuplement. Cela ne peut se faire qu’à condition que des activités diverses et nouvelles, dont le tourisme, s’y développent. Autrement dit, dans l’esprit des législateurs, les Parcs Naturels Régionaux n’ont pas pour fin ultime la nature et la seule nature, mais le maintien des hommes dans une nature entretenue et préservée.
Très vite, il est apparu aux membres du SIVM (Syndicat intercommunal à Vocations Multiples) créé en 1966 par Philippe Lamour que le Queyras répondait parfaitement aux conditions fixées par le décret de 1967, qu’il devait devenir un Parc Naturel régional et que son avenir passait par la création de cette institution. Comme cela est écrit dans le n° 1 de la revue Le Courrier du Queyras : « Le Queyras est déjà, en fait, un parc naturel. C'est le pays des forêts, des eaux abondantes, des prairies que l'été couvre d'un tapis floral dont la splendeur est légendaire. C'est le pays des villages et des hameaux groupés autour des chalets et des fustes à séchoir, habités par une population aux bras robustes et à l'esprit ouvert, accueillante et vaillante » (cité par le Général Guillaume, Le Queyras, p 181).
La question de la création du Parc a été étudiée dès 1970. Un double objectif s’est imposé : obtenir l’accord des communes et respecter les valeurs traditionnelles. En juin 1973, a été élaborée la charte du Parc ; en 1977, le Conseil régional de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur a créé le Parc Naturel Régional du Queyras. Le vingtième anniversaire a été célébré en 1997, et le trentième en 2007, et à ces occasions, une nouvelle charte a été élaborée, non sans difficultés, puisqu’il semble bien que des élus s’y soient opposés. L’organisme est géré par un Syndicat mixte et son action est soutenue par une Association des amis du Parc du Queyras fondée en 1979. La revue Le Courrier du Queyras, actuellement en sommeil et qui paraissait deux fois par an, fait connaître les projets et les réalisations du parc et mène des campagnes pour la défense de la montagne (protection de la flore et de la faune, protestations contre les déposes par hélicoptère, etc.).
Le point fort du Parc est de confier le développement du Queyras à la population elle-même ou à ses représentants élus. Des résultats tangibles ont été obtenus : les lieux à haute fréquentation touristique sont propres ; les décharges publiques ont été fermées ; des sentiers écologiques ont été aménagés ; des règlements d’urbanisme obligent à respecter un style dans les constructions neuves ou dans les rénovations, la faune et la flore sont protégées. Malheureusement, ces résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espoirs que ses fondateurs y avaient mis. Ce n’est pas tant les moyens qui font défaut. Certes les subventions versées ne sont pas très importantes et les ressources du Parc sont modiques.
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