D’un point de vue géologique, le Queyras est fait de deux sortes de roches : à l’Est, les schistes lustrés du Piémont, qui occupent les deux tiers environ de la superficie de la vallée, et à l’Ouest, les calcaires et les calcaires en plaquettes, au milieu desquels s’étend, du col Izoard (commune d’Arvieux) au col Tronchet (commune de Ceillac) une étroite bande de gypses et de cargneules. Dans Le Queyras, le général Guillaume insère, page 21, une carte très claire et facile à comprendre de la géologie du Queyras.
Cette opposition géologique est très importante sur le plan historique et culturel. Dans la zone de schistes lustrés, se trouvent les six communes de Ristolas, Abriès, Aiguilles, Molines, Saint-Véran, Château-Ville-Vieille, ainsi qu’une partie de la commune d’Arvieux, lesquelles forment le Queyras historique - celui qui se confond avec l’ancien escarton et qui correspond au canton d’Aiguilles. En revanche, dans le Queyras calcaire, se trouvent Ceillac et la partie est de la commune de Guillestre, lesquelles n’ont pas participé à l’histoire du Queyras.
De plus, cette double structure géologique détermine deux sortes de paysages, très différents les uns des autres. A l’Est, entre Guillestre et l’Ange Gardien, c’est les Gorges du Guil, puis la Combe du Queyras, creusées dans le Queyras calcaire, faites de barrières rocheuses, de falaises abruptes, de gorges profondes. Le général Guillaume, p 20, écrit : « Lorsque le voyageur remonte les gorges du Guil (...) entre Guillestre et le confluent de la rivière d’Arvieux, il se défend difficilement contre une sensation d’oppression, d’angoisse même, entre les gigantesques falaises qui le dominent de part et d’autre et semblent prêtes à l’écraser de leur masse ».
Dans ce Queyras calcaire, on distingue deux réalités géographiques. La première, dite « les Gorges du Guil », s’étend de Guillestre à la Maison-du-Roi ; la seconde, dite « la Combe du Guil », va de la Maison-du-Roi à l’Ange Gardien.
Plus à l’Est, les paysages changent. Aux falaises abruptes, succèdent les larges vallées, les pentes douces, les vastes alpages. Le géographe Raoul Blanchard, grand spécialiste des Alpes et auteur d’une courte monographie de Saint-Véran, en explique les raisons ainsi : « Les schistes sont tendres (...) ; ils se sont laissé tailler largement par l’érosion jusqu'à donner ces vastes ensellements qui contrastent avec les étroits couloirs dont sont creusées les roches dures du Briançonnais ». A propos des vallées de Molines et de Saint-Véran (entre 1900 et 2100 m d’altitude), il précise : « (...) s’est conservée une véritable vallée suspendue, aux formes douces, bien différentes de celles du Guil, et unique en Queyras à la fois par son modelé favorable et ses vastes dimensions ».
mercredi 23 décembre 2009
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