mercredi 14 avril 2010

Richard-Calve Blaise (Dictionnaire historique et culturel)

Grâce à Aristide Albert, auteur en 1889 d’une Biographie-bibliographie (un inventaire des familles et hommes célèbres : cf. l’article portant ce titre) du canton d’Aiguilles et grâce à Mme Harriet Rosenberg (A Negociated World, pp. 77-89, « Blaise Richard-Calve, usurier et administrateur révolutionnaire »), on connaît les grandes lignes de la vie et de l’oeuvre de Richard-Calve.

Il est né à Abriès en 1756 dans une famille de marchands de fromages, d’articles de cuir et de laine. Ses parents, qui étaient aisés, lui ont fait suivre de « bonnes études » (dont il a retenu l’essentiel, ce qui apparaît clairement dans la maxime sculptée sur la façade de sa maison. Cf. « une inscription janséniste ? »). Il avait trois frères : Chaffrey, percepteur à Guillestre, Claude, marchand de fromages, Barthélémy, prêtre et une sœur, qui a épousé un notaire de Ristolas. Blaise Richard-Calve a été marié deux fois. En 1795, il a épousé la fille de François Berthelot, le notaire royal d’Abriès et « châtelain » du Queyras, morte en 1809 sans enfant ; en 1810, Euphrosine Gonssolin, 22 ans, fille d’un magistrat puissant de Grenoble.

Blaise Richard-Calve n’était pas seulement cultivé, il était aussi riche et puissant. Au commerce d’articles de cuir et de la laine, comme il disposait de capitaux importants, il a ajouté le prêt d’argent. Ses débiteurs habitaient Abriès, le Queyras et même le Piémont. Parce qu’il prêtait à 5%, Harriet Rosenberg le qualifie d’usurier, injustement à notre sens. 5%, objectivement, ce n’est pas un taux usuraire, surtout de 1792 à 1806, années pendant lesquelles la crise des « assignats » et les troubles politiques ont fortement érodé la monnaie. De plus, nous savons que même des banques nationalisées n’ont pas hésité récemment (années 1980) à fixer leurs taux à plus de 20%.

L’argent, une solide culture, de beaux mariages lui ont permis de faire une brillante carrière politique. Après 1790, il a été élu « président de l’administration centrale », ce qui lui a valu le surnom de Blaise Président. Ce poste équivaut à peu près à ceux de président de conseil général et de préfet réunis. Quand a été instituée la fonction de préfet, il a été nommé juge de paix du canton d’Aiguilles et il l’est resté jusqu'à sa mort en 1818. En qualité de président de l’administration des Hautes-Alpes, il a inauguré en l’an V de la République (1797-98) « l’Ecole centrale » du département et il a prononcé le discours inaugural, publié la même année à Gap.

Le nom de Richard-Calve a été illustré aussi par le neveu du précédent, médecin, né à Abriès en 1799 et mort dans le même village en 1849, qui a soutenu à l’Université de Montpellier une thèse originale pour l’époque. Le sujet en est « la Gymnastique appliquée à l’hygiène et la thérapeutique ».

Il semble que les descendants de la famille Richard-Calve aient tous quitté Abriès. En 2002, le Maire de la commune, accompagné du garde champêtre, s’est rendu au cimetière pour constater que la tombe de la famille dont la concession date de la fin du XIXe s était à l’abandon et pour concéder l’emplacement à une autre famille.

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