dimanche 6 février 2011

Michel Serres (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)

Michel Serres, de l’Académie française


L’article que Michel Serres consacre au Queyras dans Alpes Loisirs, n° 30, janvier 2001 (éditions Le Dauphiné Libéré) n’est pas ambitieux, comme l’ont été les travaux de Fauché-Prunelle, Jean Tivollier ou Henri Falque-Vert. C’est un commentaire des photos que Robert Doisneau, dans le cadre d’un reportage commandé, a prises en 1947 à Saint-Véran. Chaque été, en juillet, Michel Serres villégiature dans le Queyras, depuis près de 50 ans, à Molines, semble-t-il. Le commentaire est chaleureux. Michel Serres et Robert Doisneau ont vu le même Queyras, non pas le Queyras pittoresque des touristes, mais le Queyras rural et agricole. Michel Serres lui-même participait chaque année à la fenaison.

L’article comprend deux parties. La seconde partie développe une réflexion générale juste, mais convenue, sur la civilisation paysanne (quand Serres venait dans le Queyras dans les années 1950, cette civilisation était encore vivante), qui a perduré en France jusqu’à la deuxième guerre mondiale et dans le Queyras, jusque dans les années 1970. Michel Serres écrit un hymne à la gloire de ces paysans qui ont fait la France et toute notre civilisation, depuis la domestication du mouton et la culture du blé apparues dans le Croissant fertile il y a 8000 ans. Il aurait pu être écrit à propos de n’importe quelle région du Sud ou de l’Ouest de la France.

La première partie, en revanche, dans laquelle Serres tente de définir le Queyras et de saisir ce que ces hautes vallées ont de spécifique, reprend sur un mode littéraire ce que l’on peut appeler le « mythe » du Queyras. Certes, le mythe est intéressant, beau, noble, sympathique, mais il reste un mythe. Ce mythe consiste à présenter le Queyras comme une terre de refuge pour les persécutés, une terre de libertés publiques, une terre où se sont mêlées les religions et les nations. Son point de vue est très semblable à celui qu’a exprimé André Chamson dans la préface du Queyras, le beau livre du général Guillaume.

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