<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444</id><updated>2012-01-26T13:36:06.924Z</updated><category term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre S. Sixième article.'/><category term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre P. Cinquième article.'/><category term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre M. Premier article.'/><category term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre S. Premier article.'/><category term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre L. Premier article.'/><category term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre B. 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Onzième article'/><title type='text'>Queyras : histoire, culture, patrimoine</title><subtitle type='html'>Dictionnaire historique et culturel du Queyras</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>128</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-7732214544487474748</id><published>2012-01-26T13:29:00.003Z</published><updated>2012-01-26T13:36:06.932Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre T. Troisième article.'/><title type='text'>Tourisme social (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>L'exemple de Val Pré Vert, institution spécialisée dans les soins aux enfants asthmatiques, obèses ou diabétiques, illustre l'évolution que le Queyras a connue entre 1930 et 1950. Cette institution s'est établie à Abriès à l'emplacement de l'ancien Grand Hôtel, un hôtel de luxe (les photos de l'époque attestent la qualité de l'architecture et le confort des chambres), qui, pendant un demi siècle, a accueilli une clientèle fortunée, mais qui a été détruit en 1944, lorsque l'Adret d'Abriès a été incendié par des commandos allemands. Autrement dit, le tourisme de luxe a disparu et a été remplacé par des formes nouvelles de tourisme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après les destructions consécutives à la guerre et celles qui ont été causées par les inondations dramatiques de 1957, le tourisme social s'est développé dans le Queyras. Des villes de la banlieue parisienne, Saint-Ouen, Tremblay, l'Ile Saint Denis ont acheté de vastes fermes qu'elles ont fait transformer en « maisons de vacances ». Des organismes à vocation sociale ont fait de même : la Caisse d'Allocations familiales de Rouen, l'ACVL, Léo-Lagrange (qui a racheté et aménagé l'ancien Grand Hôtel d'Aiguilles vandalisé en 1944-45), etc. ont ouvert des centres de vacances. Des maisons familiales ont été créées soit par des organismes sociaux ou religieux, soit catholiques, soit protestants, ou par des institutions qui se consacrent à l'éducation des enfants ou des adolescents « en difficulté » ou à celle d'enfants handicapés, etc. Des gîtes ruraux ont été construits. Y ont été organisés des colonies de vacances, des classes de neige, des classes nature, des classes de découverte de la montagne, des séjours à l'intention de familles peu argentées, ce qui a amené une clientèle importante dans les stations villages. Ainsi, la commune de Ristolas peut accueillir 500 enfants en permanence dans quatre centres et la Maison de l'Ile Saint-Denis sise à Abriès a proposé jusqu'en 2004 aux habitants de cette commune de Seine Saint-Denis de 7000 à 7500 journées vacances par an. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi dans les années 1950-1960 ce tourisme social s’est-il développé dans le Queyras ? Les raisons en sont diverses. Il y avait dans les villages un parc immobilier vacant (dans le Haut-Guil, les immenses maisons de la reconstruction) et peu cher. La France connaissait une période d'expansion économique qui a duré plus de trente ans, les villes de la région parisienne étaient alors prospères. L'époque était au développement social : il fallait que les moins argentés des Français partent en vacances et des organismes se sont consacrés à la réalisation de cet objectif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Queyras en a retiré beaucoup d'avantages. Des emplois permanents ou saisonniers ont été créés. La population a cessé de diminuer et a même crû. Des travaux de rénovation ou d'entretien ont été engagés. Les recettes fiscales des communes ont augmenté. Le Queyras a été mieux connu. Des enfants qui y sont venus y reviennent plus tard, devenus adultes, soit en touristes, soit pour s'y installer. Pourtant, depuis une vingtaine d'années, ces avantages ne suffisent plus à assurer durablement le développement économique de la vallée, soit parce que la crise des années 1970-1980 a appauvri les villes de la banlieue parisienne, soit parce que les organismes sociaux ont d'autres priorités et manquent de fonds, soit parce que le tourisme social attire une clientèle au pouvoir d'achat réduit qui ne dépense pas ses quelques économies dans les restaurants ou les boutiques de vêtements, d'articles de sports, de cadeaux, d'artisanat local, qui se sont multipliés dans les villages. C'est pourquoi il ne s'ouvre plus dans le Queyras de nouveaux centres de vacances à vocation sociale et que la promotion touristique se fait désormais en direction des citadins aisés des grandes villes d'Europe.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-7732214544487474748?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/7732214544487474748/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=7732214544487474748' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7732214544487474748'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7732214544487474748'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2012/01/tourisme-social-dictionnaire-historique.html' title='Tourisme social (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-6604416416036804492</id><published>2011-12-05T16:05:00.003Z</published><updated>2011-12-05T16:09:24.614Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre T. Deuxième article.'/><title type='text'>Tourisme (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Si l’on se fonde sur les seuls chiffres, il est évident que le tourisme a sauvé le Queyras de la crise agricole, de l’exode rural, de la misère et de la dépopulation. En 1938, Pierre Isnel, dans l’introduction au Queyras, pensait que seuls le maintien de l’activité agro-pastorale et la fidélité des Queyrassins à leur identité fondée sur cette activité permettraient de sauver les hautes vallées. Trente ans plus tard, dans les années 1960, le général Guillaume défendait la thèse opposée et jugeait que seul le tourisme sauverait le Queyras.&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Le tourisme n’est pas une activité nouvelle. Dans le Queyras, est apparue une activité touristique dès le XIXe s. Visitaient les hautes vallées (les séjours alors étaient courts) des lords anglais, des alpinistes désireux de gravir le Mont Viso, des citadins, des bourgeois avides de pittoresque qui excursionnaient à la journée, des émigrés enrichis revenus au pays, des amateurs de chasse au chamois. Les premiers équipements ont été fondés au début de ce siècle : ainsi,  le fameux Grand Hôtel d'Abriès, détruit au cours de la deuxième guerre mondiale et qui appartenait à une société de commandite par actions, déjà propriétaire de Grands Hôtels dans des stations balnéaires en vogue alors. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au début des années 1960, le tournant du tourisme de masse a été pris. L'hiver, on pratique le ski : ski alpin, ski nordique, ski de randonnée ; un télésiège a été construit à Abriès en 1962 ; les premières écoles de ski ont été ouvertes ; des moniteurs ont été formés. L'été, les touristes se consacrent à la randonnée pédestre : des sentiers - les fameux « GR » : dans le Queyras, les GR 5 et 58 - ont été balisés, des gîtes d’étape, créés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En quelques années, l’effort d’équipement a porté ses fruits. On a construit des hôtels ; des gîtes ; des centres de vacances ; on a aménagé dans les grandes fermes des appartements destinés à la location ; on a établi des terrains de camping. Il y a trente ans, le Queyras était sous-équipé : il ne l’est plus ; on peut y  héberger d’une année sur l’autre de plus en plus de touristes. La brochure 1998 Queyras terre d’émotions éditée par l’Office de Promotion du Queyras et bénéficiant du label Parc Naturel Régional recense toutes les possibilités d’hébergement : à Abriès et Ristolas, 150 appartements ou chalets en location meublée, 15 hôtels ou gîtes ou centre de vacances, 3 campings ; à Aiguilles, 100 appartements ou chalets en location meublée, 7 hôtels, gîtes, centre de vacances, 1 camping ; à Arvieux : 138 appartements ou chalets en location meublée, 16 hôtels, gîtes, centre de vacances, 2 campings ; à Ceillac : 219 appartements ou chalets en location meublée, 10 hôtels, gîtes, centres de vacances, 2 campings ; à Château-Ville-Vieille : 30 appartements ou chalets en location meublée, 6 hôtels ou gîtes, 1 camping ; à Molines : 206 appartements ou chalets en location meublée, 16 hôtels, gîtes, centre de vacances, 2 campings ; à Saint-Véran : 111 appartements ou chalets en location meublée, 14 hôtels, gîtes, centre de vacances. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des problèmes subsistent. La haute saison est courte et ne dure pas plus de quatre mois : deux mois en hiver, deux mois en été. L'isolement du Queyras et l’absence de liaisons routières et ferroviaires rapides (autoroutes, TGV) avec Paris, Lyon, Marseille ou l’Italie très proche sont considérés comme un frein au développement du tourisme de masse, lequel, de plus, a été entravé par un nombre insuffisant de lits ou par des équipements qui ne correspondent pas toujours aux normes imposées par les agences de voyage. L’enneigement est parfois aléatoire à cause de la pluviométrie irrégulière ; les pistes ont été tracées sur des versants exposés au Sud, à une époque (les années 1960) où l'enneigement était excellent. Les équipements sont anciens et ne sont pas toujours adaptés au développement du ski de masse, de sorte que la concurrence des « usines à skieurs », d'accès plus facile, telles Vars, Risoul, Serre-Chevalier, Mont-Genèvre, prive les stations du Queyras d’une fréquentation plus importante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les promoteurs et les grands voyagistes, sauf Léo-Lagrange, se désintéressent du Queyras, dont la clientèle familiale, fidèle certes, ne se renouvelle guère et qui s’est lancé dans les années 1960 vers le tourisme social. Des collectivités publiques (communes ou institutions sociales) ont aménagé dans de grandes fermes des maisons ou des centres ou des colonies de vacances. Le développement du tourisme est lié au niveau de vie des Français et des Européens. Or, des secteurs importants de notre économie sont touchés par la crise, ce qui incite nos compatriotes à réduire les dépenses qu’ils consacrent aux vacances et aux loisirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis une dizaine d’années, le Parc Naturel Régional cherche à développer un autre tourisme, qui ne serait plus un tourisme de masse, mais de qualité et fondé sur la découverte de la nature. Cela implique que soient mis en valeur et préservés la faune et la flore d’une part, les sites où vit la faune et où pousse la flore, souvent très beaux d’autre part, seuls capables d’attirer de nouveaux touristes, appartenant à des classes sociales aisées : cadres supérieurs vivant dans les grandes villes, et surtout de les attirer dans le Queyras en dehors des quatre mois de haute saison. La création de la maison de l’artisanat, établie à Ville-Vieille, au carrefour des trois vallées du Guil, de l’Aigue Blanche (Molines et Saint-Véran) et d’Arvieux, et où sont exposés les travaux des artisans traditionnels (meubles sculptés) et des « nouveaux » artisans (métiers d’art, peintres, sculpteurs) s’inscrit en partie dans la logique du développement d’un nouveau type de tourisme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le développement du tourisme a des conséquences sur la vie des Queyrassins, en suscitant de nouveaux besoins culturels dans la population et de nouveaux loisirs, tels que l’expression artistique : peinture, musique, danse, lesquels, de ce point de vue, constituent une  rupture avec les modes de vie traditionnels. Le Queyras ne vit plus en autarcie ; la culture des Queyras n’est plus faite seulement de contes, de légendes, de traditions ancestrales, mais d’activités nouvelles. L’ancienne identité peu à peu disparaît.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-6604416416036804492?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/6604416416036804492/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=6604416416036804492' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/6604416416036804492'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/6604416416036804492'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2011/12/tourisme-dictionnaire-historique-et.html' title='Tourisme (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-4896557212441647457</id><published>2011-09-20T08:43:00.004Z</published><updated>2011-09-20T08:51:44.295Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre T. Premier article.'/><title type='text'>Tivollier et Isnel (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Tivollier Jean et Pierre Isnel &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean Tivollier, instituteur, né en 1859, décédé en janvier 1938, auteur, entre autres, de monographies portant sur la vallée du Queyras (Gap, 1897), sur Molines (Lyon, 1913), sur Ceillac (Gap, 1926) ; Pierre Isnel, ingénieur, décédé en juin 1938, a préfacé &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Queyras&lt;/span&gt; de Jean Tivollier, près de 800 p en deux volumes, 1938, chez Louis Jean éditeur et imprimeur, réédité en 1977, par Laffitte Reprints, Marseille. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Queyras&lt;/span&gt; est une oeuvre admirable, savante, érudite, exhaustive. Jean Tivolier et Pierre Isnel ont étudié les archives et connaissent, parce qu'ils sont restés fidèles à l'identité et à la culture queyrassines, les savoirs oraux et les traditions populaires qui étaient encore vivaces au début du XXe siècle. Tout ce que l'on peut savoir de l'histoire, des traditions, de la géographie du Queyras, des mentalités et des activités des Queyrassins, se trouve consigné dans les 800 pages de cet ouvrage. Le seul énoncé du plan en esquisse la richesse. Dans les treize chapitres du volume 1, sont décrits successivement la situation et l'aspect général, la géologie et le climat (chapitre I), les différentes vallées et villages, de Guillestre (II) à Saint-Véran (X), la faune (XI), les forêts et la flore (XII), les traditions populaires (XIII). Dans les vingt-deux chapitres du second volume, sont étudiés successivement l'histoire du Queyras, de l'époque préhistorique et gauloise (I) à la période contemporaine (XI), les institutions de l'ancien Queyras (de XII à XIV), la voirie (XV), l'instruction publique (XVI), la défense (XVII), la religion (XVIII), les procès (XIX), la démographie (XX), l'économie (XXI), les calamités publiques (XXII). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les faits sont recensés, isolés, étudiés, rappelés avec rigueur et avec un soin qui témoigne de qualités intellectuelles exceptionnelles et aussi de l'amour que portent l'auteur et le coauteur à leurs hautes vallées. Ainsi il semble bien que tous les itinéraires décrits aient été parcourus à pied par l'un et l'autre de ces deux auteurs, qui étaient, n'en pas douter, comme tous les Queyrassins, des marcheurs infatigables. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les faits sont aussi interprétés, surtout dans l’avant-propos qu'a rédigé Pierre Isnel. Le passé y est idéalisé à la fois dans l'absolu et par rapport à la crise dramatique que connaît alors le Queyras. Ainsi, Pierre Isnel compare sans cesse la situation du Queyras dans les années 1930 à celle de jadis, et cela au détriment de la situation moderne (cf. « âge d'or »). Pour ce qui est des redevances diverses payées par les citoyens, il affirme (sans apporter de preuve) que les impôts étaient moins lourds jadis (alors qu’aux XIIIe et XIXe s., les différents pouvoirs prélevaient en impôts et taxes diverses plus de 50% des richesses produites par les paysans queyrassins) : « Les pauvres contribuables que nous sommes signeraient des deux mains pour voir remplacer nos charges présentes par la dîme et toutes les redevances pour lesquelles il était de bon ton de plaindre nos devanciers ». &lt;br /&gt;Les guerres aussi étaient moins meurtrières et moins barbares que les conflits modernes : « Toutes les guerres qu'a eu à supporter le Queyras pendant la période historique ont fait moins de victimes que celle de 1914-1918. Les hostilités duraient autrefois longtemps, mais les engagements étaient rares et n'avaient pas le caractère inhumain et infernal des guerres modernes ». Sur le plan politique aussi, il regrette les institutions du temps passé et les libertés vraies qu'elles semblaient garantir : « Les communautés jouissaient d'une liberté administrative locale à peu près complète ».  Cela l'amène à porter un jugement de valeur, qui exalte le passé au détriment du présent : « Sous beaucoup de rapports, nos devanciers étaient plus heureux que nous ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au total, l'idéologie qui inspire ces deux auteurs (surtout celui qui a rédigé l’avant-propos) en 1938 est plutôt passéiste, anti-étatique, anti-centralisatrice, autonomiste, communautariste. C'est, avec trente ans d'avance, une esquisse de ce qui va constituer l'idéologie d'une partie des étudiants et des intellectuels qui contestaient en mai 1968 le pouvoir de l’Etat, la centralisation, le progrès. Car, l'avant-propos contient aussi une charge contre le progrès scientifique, source de dérives et de barbarie. Pierre Isnel y critique le dogme de la science dite « bienfaisante » et dont les prétendus bienfaits sont les massacres de populations civiles, la misère, la ruine, le recul des conditions. A cette régression, il oppose la grandeur de la civilisation agro-pastorale, ce qui l'amène à protester avec véhémence (sans doute il a raison) contre le mépris dont les citadins accablaient les paysans et les pasteurs des montagnes, « nos pères », écrit-il, jugés arriérés, routiniers, stupides et « classés dans une catégorie humaine inférieure ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet ouvrage écrit par deux grands érudits est sous-tendu par une pensée forte, passéiste (cet adjectif est un constat, pas une critique), hostile à la modernité et au progrès, ce qui amène Pierre Isnel à définir une identité queyrassine, fondée sur l'économie agro-pastorale, la seule qui, selon lui, soit adaptée aux réalités géographiques et physiques : « L'altitude, l'exposition, la nature du sol, la végétation ont imposé au pays, à travers les siècles, une économie agricole et pastorale dont il ne saurait s'écarter et vers laquelle il est constamment ramené ». &lt;br /&gt;Le drame est qu'aujourd’hui, cette économie a quasiment disparu, entraînant la dissolution de l'ancienne identité. L'histoire et l'évolution du monde semblent avoir donné tort, hélas, à Pierre Isnel.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-4896557212441647457?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/4896557212441647457/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=4896557212441647457' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/4896557212441647457'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/4896557212441647457'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2011/09/tivollier-et-isnel-dictionnaire.html' title='Tivollier et Isnel (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-5285216377288843550</id><published>2011-07-24T08:20:00.007+01:00</published><updated>2011-07-24T10:02:20.520+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre S. Sixième article.'/><title type='text'>Souliers (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Chapelle du Rouet&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-rr5plna3opE/TivfVJdBBjI/AAAAAAAAAWs/-tvAStCmutY/s1600/P1020063.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 240px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-rr5plna3opE/TivfVJdBBjI/AAAAAAAAAWs/-tvAStCmutY/s320/P1020063.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5632841313364805170" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-RkKgxh41b50/Tive0d5YTpI/AAAAAAAAAWk/QDh6huVvV8A/s1600/Souliers.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 240px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-RkKgxh41b50/Tive0d5YTpI/AAAAAAAAAWk/QDh6huVvV8A/s320/Souliers.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5632840751916797586" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souliers (vallée de), commune de Château-Ville-Vieille&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vallée de Souliers a été creusée par un torrent, dit torrent de Souliers, qui se jette dans le Guil en aval de Château-Queyras, et que la route franchit dans le dernier lacet avant le Coulet. Au confluent des torrents de Péas et de Souliers, se trouve la ferme du Clot du Rif (ou Clot du Riou), disposant d'une chapelle privée. L’ancien propriétaire, le docteur Maritan, l'avait entourée dans les années 1910-1920 de pierres, qu'il allait chercher dans le torrent proche et qu'il choisissait en fonction des ressemblances plus ou moins parfaites qu'elles présentaient avec des sites connus, tel le Mont Viso, ou des statues célèbres - tel le Sphinx. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Camp de Roue&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du Clot du Rif, un sentier conduit à un plateau couvert de belles prairies, qui s'étend entre les vallées d'Arvieux et de Souliers. C'est là que se trouve le lac de la « Motte tremblante » ou lac de Roue (1830 m). De là, on peut se rendre aux hameaux du Pasquier (commune d’Arvieux) et des Maisons par un chemin carrossable. Du plateau de Roue, on a une très belle vue sur la vallée du Guil et sur celle d’Arvieux. C’est peut-être pour cette raison que le maréchal de Berwick y fit cantonner ses troupes, de 1710 à 1713, pendant la guerre de succession d’Espagne, afin de faire face à d’éventuelles incursions des troupes du Duc de Savoie. Pour alimenter ce camp, on creusa un canal, qui prend son eau dans le torrent de Souliers et arrose encore les prairies d'Arvieux. Les sept communautés durent fournir à l’armée du fourrage, du blé, du bois, des mulets pour transporter le ravitaillement. Parfois, les soldats étaient logés chez les habitants. A ces charges s'ajoutaient les pillages effectués par les soldats savoyards. Aussi le Queyras, qui souffrit des guerres du XVIIe siècle, accueillit-il avec soulagement la paix qui suivit le traité d'Utrecht en 1713 (cf. « repères historiques » et « escarton »). Le camp de Roue, qui fut celui de Berwick, est parfois confondu avec celui de Catinat, qui commanda les troupes françaises dans le Briançonnais à la fin du XVIIe s. et qui avait fait cantonner ses soldats dans les alpages de Furfande (Arvieux). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souliers (1613 m)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le nom « souliers » (« Solers » et « Solerii » dans les archives) est dû à l'exposition exceptionnelle du hameau, qui est inondé de soleil toute la journée. Deux des trois quartiers sont en ruines. Il ne reste plus que le quartier de Saint-Pierre.&lt;br /&gt;De Souliers, part un sentier, dans la direction du nord, qui, après le col Tronchet, oblique vers l'ouest pour rejoindre la route du col Izoard. Avant d'obliquer vers l’Izoard, le sentier bifurque. A droite, un sentier conduit vers le lac du Poët ou lac de Souliers, qui est entouré de crêtes élevées, dont celle de Côte-Belle (2638 m). Le lac de Souliers était, pendant les périodes de sécheresse, un lieu de procession. Il est aussi connu pour ses légendes. On en citera deux. Un berger avait l'habitude de chevaucher son bélier. Un jour, la bête et son cavalier s'abîmèrent dans les eaux du lac et disparurent à jamais. Quelques jours plus tard, des habitants de La Chapelue retrouvèrent dans le Guil la clarine que le bélier portait attachée autour du cou. Les habitants de la Chalp d'Arvieux voulurent un jour creuser un canal qui aurait permis de détourner les eaux du lac vers leurs prairies. Les eaux du lac montèrent subitement et dévastèrent leurs terres. D'après ces légendes, le lac serait plein de charmes et de sortilèges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Pic de Rochebrune (3324 m)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du lac, on peut se rendre au Pic de Rochebrune, le sommet le plus élevé du Queyras. Au pied de ce pic, s'étend une vaste zone d'éboulis, la Casse des Clausins. Du sommet, on a un admirable point de vue sur la chaîne des Alpes, comme du Bric Froid ou du Bric Bouchet. Du vallon de Souliers, au-delà du lac, on peut accéder au vallon de Péas, situé plus à l'est. Il faut franchir la Crête de Rasis, traverser le Grand Vallon de Péas, et par le col de Péas (2629 m), on peut atteindre la vallée de la Cerveyrette, le hameau des Fonts, dans le Briançonnais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Meyriès&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On emprunte la route carrossable qui part du Coulet de Château-Queyras. Les Meyriès sont à 3 kilomètres de ce village et à une altitude de 1680 m. Dans les Alpes, on donne le nom de « meyriès » aux chalets habités en été (de « meirar », en latin « migrare »). A l'origine, les Meyriès ont dû être des chalets d'alpage, avant d'être habités à l'année. Il y a aux Meyriès deux chapelles, Saint-Jacques et Saint-Philippe. Avant d'émigrer à Aix-en-Provence à la fin du XVIe siècle, la famille d'Adolphe Thiers, historien et homme politique du XIXe siècle, habitait, semble-t-il, les Meyriès. En effet, Thiers se présentait volontiers comme un descendant de « gavots » (nom donné aux habitants des Hautes-Alpes) ou de « haut-alpins du Queyras ». &lt;br /&gt;Des Meyriès, on peut atteindre le vallon de Péas par un sentier qui passe au col de la Brèche, ou encore, au hameau de Chalvet (I879 m), situé plus à l'est, en suivant le chemin parallèle à la vallée du Guil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Rouet&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En continuant la route de Château-Queyras, on arrive au hameau du Rouet (1790 m), à 1,5 km des Meyriès, où se trouve une chapelle intéressante, dédiée à un saint, très rare en France mais très populaire en Italie, Saint-Charles-Borromée, évêque de la Contre-Réforme catholique, ce que l’on explique ainsi : les bergers du Rouet avaient pris l'habitude de conduire leurs troupeaux en hiver dans les plaines du Piémont et de Lombardie (les géographes appellent cela la transhumance inverse). C'est dans le mur d'un hangar du Rouet que l'on peut lire une des plus vieilles inscriptions du Queyras : PD, 1541. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-delà du Rouet, un chemin conduit au vallon de Péas, où, dans les années 1930, on exploitait une mine d'amiante. Le chemin a été élargi pour que les camions y accèdent. La société L'Amiante de France a abandonné l'exploitation en 1936. Après la bergerie de Péas, le sentier traverse le torrent et conduit au Grand Vallon de Péas, puis au col de Péas, d'où l'on peut redescendre vers la vallée de la Cerveyrette, dans le Briançonnais.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-5285216377288843550?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/5285216377288843550/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=5285216377288843550' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/5285216377288843550'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/5285216377288843550'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2011/07/souliers-dictionnaire-historique-et.html' title='Souliers (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-rr5plna3opE/TivfVJdBBjI/AAAAAAAAAWs/-tvAStCmutY/s72-c/P1020063.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-1479711783296912157</id><published>2011-06-11T14:00:00.002+01:00</published><updated>2011-06-11T14:06:11.501+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre S. Cinquième article.'/><title type='text'>Société médiévale (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Les inégalités qui caractérisent la société féodale sont juridiques et économiques. Au Xe s, la société est divisée en francs et en serfs. Peu à peu, le servage disparaît. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le Dauphiné, au XIIIe s, elle est remplacée par l'opposition affranchis vs hommes liges. Les affranchis sont peu nombreux. Ceux sont dispensés de la taille arbitraire (ainsi les habitants d'Abriès grâce à la charte de 1282) sont dits franchiti a tallia. La quasi totalité des Queyrassins sont dits ligii et quitii - donc dépendants. Liges est un terme féodal qui s'applique aux nobles qui se déclarent vassaux d'un plus grand seigneur. Le terme est étendu aux paysans qui sont hommes liges du Dauphin. Mais il ne désigne pas le même lien suivant qu'il est appliqué aux nobles et aux paysans. Les rites d'hommage et de fidélité auxquels sont tenus les paysans diffèrent de ceux des nobles : le baiser se fait non sur la bouche (signe d'égalité) mais sur le pouce, signe de déférence et de soumission, « à la plébéienne ». Les charges qui pèsent sur les hommes liges, en particulier la taille a merci confirment que leur statut juridique est inférieur. Le passage de la taille arbitraire à la taille réelle (par abonnement) dans les chartes de franchise transforme les hommes liges en fidèles. Les hommes liges sont liges de naissance et le statut est héréditaire : le seigneur peut les vendre, les échanger, les donner parfois avec la tenure. Quelques droits leur sont reconnus : fonder une famille, engager leur fidélité à un seigneur, prêter serment avant déposition, posséder un patrimoine, mettre leurs biens en communauté, acheter des terres, les transmettre à un héritier. C'est un statut vil et dégradant, même s'il est différent de celui de serf. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les inégalités sont aussi socio-économiques. Les enquêtes de Pragelas (qui forme un seul manse) montrent que 111 exploitations s'étendent sur 255 ha et que la superficie moyenne est de 2,3 ha, l'exploitation la plus vaste dépassant 8 ha, la plus petite 15 ares. Les plus riches exploitent plus de 4 ha : ce sont 11,7 % des tenanciers et leurs exploitations représentent 26,8 % des terres. Chez les plus riches, les prairies représentent 30 % de la superficie exploitée. Ils paient le cens le plus élevé ; ils possèdent un attelage de labour à la différence des brassiers qui cultivent la terre à la houe ou à la pioche. Au fil du temps, les pauvres s'appauvrissent, la minorité de riches devient plus aisée. C'est dans ces familles que l'on compte le plus d'affranchis : en payant, ils s'affranchissent de la taille a merci. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux Xe et XIe s, seule paraît exister dans le Dauphiné la cellule familiale étroite. Au XIIe s et au début du XIIIe s, cette structure semble s'élargir par l'accueil de frères, soeurs ou parents proches isolés et par l'association à la famille d'individus ou de familles étrangères mais voisines (les pariers) pour exploiter un manse ou une chabannerie, cette évolution ayant été favorisée par la croissance démographique, par l'impossibilité d'accroître l'espace agraire, par la paupérisation des campagnes. Au XIIIe s, la famille étroite reste au coeur de la société paysanne. Les structures familiales élargies constituées au XIIe se démantèlent. Les indices en sont l'habitat individuel et la possession personnelle des terres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lors de l'enquête de 1249-50, les bayles et les mistraux fournissent les documents écrits : ce sont ces officiers locaux du Dauphin qui apportent leur témoignage oral, les paysans ne participant pas à l'enquête. En 1260, un témoin principal répond sous serment ; ses dépositions sont confirmées par d'autres témoins. Des rustres collaborent à l'enquête. Ils forment une minorité et ils ne représentent qu'eux-mêmes. En 1265, de nouvelles procédures sont adoptées. Les témoins sont des délégués, élus ou choisis, des communautés. Au fil des enquêtes, les représentants du monde paysan apprennent à mieux connaître le mode d'exploitation et la structure de la seigneurie qu'ils subissent. Les élus sont choisis parmi les anciens (âge moyen 40 ans) dans les couches moyennes et supérieures de la paysannerie (les paysans les plus aisés) : beaucoup sont des tenanciers de moulins ou des forgerons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La culture villageoise se caractérise par les traits suivants : l'analphabétisme (mais les paysans sont fascinés par les documents écrits) ; le recours à la mémoire collective ; un temps flottant, mal fixé, qui est le reflet des incertitudes de la mémoire ; peu de souci pour les paysages ; aucune description du relief ; seul intérêt pour les terres et ce qu'elle produisent ; le sentiment d'appartenance à hameau ou à un village et à un petit pays, l'espace vécu étant clos et restreint. La distance entre les groupes sociaux est faible. Comme les paysans, les nobles sont analphabètes ; ils font appel à la mémoire visuelle (à ce qu'ils ont vu), à la mémoire collective. De ce point de vue, la société, bien qu'elle soit inégalitaire, est très homogène.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-1479711783296912157?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/1479711783296912157/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=1479711783296912157' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1479711783296912157'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1479711783296912157'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2011/06/societe-medievale-dictionnaire.html' title='Société médiévale (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-6913037561406658016</id><published>2011-04-26T07:16:00.002+01:00</published><updated>2011-04-26T07:19:55.164+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre S. Quatrième article.'/><title type='text'>Société égalitaire (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Si l'on se fonde sur les témoignages des abbés Gondret et Berge, entre autres, et sur les documents qui peuvent être consultés dans les Archives, il apparaît que la société queyrassine traditionnelle était à la fois communautaire, au sens où les chefs de famille, sur un territoire donné et délimité, avaient des intérêts communs, ne serait-ce que parce qu'ils géraient des biens collectifs (forêts, alpages, communaux, four, moulin, fruitières, canaux, etc.), et égalitaire. &lt;br /&gt;Les révisions des feux du XVe et du XVIIe s. (les « feux » servaient à répartir l'impôt entre les familles, suivant ce qu'elles possédaient) montrent clairement que, si dans les villages vivaient des familles plus aisées que d'autres ou moins dénuées de tout, il n'y avait pas de gros propriétaires terriens, ni de familles riches. Chacune avait sa maison, un chalet d'alpage, un peu de cheptel, des outils, un mulet, des terres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici comment Harriet Rosenberg explique cela : &lt;br /&gt;« Le système de propriété, à peu près égalitaire, est fondé sur les héritages et les dots. C'est un système complexe. Un Queyrassin peut hériter d'un parent à un moment; d'un oncle à un autre ; d'un proche, cousin ou grand parent, à un autre moment encore. Les dispositions testamentaires s'échelonnent tout au long de la vie et même parfois sur plus d'une génération. Les héritiers ne sont jamais sûrs de ce qu'ils obtiendront exactement pendant leur vie. Ils savent qu'ils auront peut-être quelque chose et qu'ils laisseront aussi quelque chose un jour. Les fortunes familiales évoluent sans aucun doute, mais le principe qui sous-tend cela permet de pourvoir chacun de quelque chose, à l'intérieur du système communautaire de forêts, de pâtures et de gestion communes. Le système d'héritage est niveleur, comme cela se constate dans la façon suivant laquelle les ressources sont distribuées. Les testaments, les contrats de mariage montrent l'éparpillement des biens chez de nombreuses personnes au travers du temps. Cela s'étend parfois sur plusieurs générations. Les arrangements pour les dots se passent d'une manière semblable, Les dots proviennent de sources diverses : de la famille proche ou de parents. Les contrats de mariage précisent généralement que les dots sont versées aux maris par traites avec des intérêts payés annuellement. Certains de ces contrats s'étirent sur une quinzaine d'années. Le paiement échelonné agit à plusieurs niveaux. Il faut un temps considérable aux petits paysans pour rassembler les dots considérables, mais le mariage n'est pas retardé. Ainsi, les ressources d'un ménage peuvent être contrôlées avec soin et chacun s'engage à tenir des registres. Cela permet aussi de contrôler les hommes dans une région où la migration saisonnière était courante. Quand les hommes partent chaque hiver travailler en Italie ou dans le sud de la France, rien ne garantit qu'ils reviendront. Le paiement échelonné des héritages et des dots sert de garantie à leur retour. La plupart des contrats spécifient que le beau-père paiera en été et, pour avoir son argent, le gendre doit revenir au village. Dans ces conditions, il est difficile à une personne seule ou à une famille d'accumuler des terres au détriment des autres. De plus, pour que l'exploitation soit viable, il faut qu'elle soit composée de terres variées : des champs, des prairies, l'accès à la forêt communale et aux pâturages d'altitude. De légères différences dans la pente, l'exposition au soleil et la qualité de l'irrigation entraînent de gros écarts de productivité. Dans les testaments, il est aisé de répartir entre plusieurs héritiers de petits champs, de façon à ce que chacun puisse faire vivre sa famille »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-6913037561406658016?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/6913037561406658016/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=6913037561406658016' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/6913037561406658016'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/6913037561406658016'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2011/04/societe-egalitaire-dictionnaire.html' title='Société égalitaire (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-8781158064306846375</id><published>2011-03-29T08:37:00.003Z</published><updated>2011-03-29T08:49:00.446Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre S. Troisième article.'/><title type='text'>Ski (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-gDUGyLwiBWA/TZGcs8nDSyI/AAAAAAAAAV0/sRZd16YiGfI/s1600/P1080371.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 240px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-gDUGyLwiBWA/TZGcs8nDSyI/AAAAAAAAAV0/sRZd16YiGfI/s320/P1080371.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5589420908541594402" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Depuis près de quarante ans, le ski alpin est le principal facteur de la nouvelle et relative prospérité du Queyras. Les Queyrassins, toujours aussi nombreux, continuent à placer de grands espoirs dans le ski. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ski, qui était un moyen de déplacement en usage dans les pays nordiques, a été introduit assez tôt dans le Queyras, dès le début du XXe siècle. Les premières remontées mécaniques ont été installées, entre les deux guerres, après que les grands hôtels - dont celui d'Abriès - ont été construits. Dans les années 1960, à la suite de l'expérience tentée et réussie à Ceillac, sous l'impulsion de Ph. Lamour, les communes ont lancé des investissements, afin d'équiper les stations de remontées mécaniques (téléskis, télésièges), d'engins de damage et de tout ce qui est nécessaire à la pratique du ski. Les effets de ces décisions sur l'économie du Queyras se sont très vite faits sentir. &lt;br /&gt;En 1972, le géographe J. Richez, conclut un article intitulé « rénovation rurale et tourisme, l'exemple de Ceillac en Queyras » (in &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Méditerranée&lt;/span&gt;, n° 1) : « Le bilan des actions entreprises est incontestablement positif, non seulement sur le plan de la fréquentation touristique mais aussi sur celui de la revitalisation de cette communauté villageoise et de la promotion sociale et humaine des ruraux qui ont effectivement participé à la transformation de leur commune ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peuvent être mis au crédit du développement du ski quatre effets que tous s'accordent à juger bénéfiques et positifs : &lt;br /&gt;a) l'arrêt de la dépopulation. Entre les deux recensements de 1962 et 1968, Ceillac est la seule commune du Queyras dont la population n'a pas diminué, passant en six ans de 202 à 208 habitants. Les autres communes ont vu leur population croître à partir de 1968.&lt;br /&gt;b) Dans un premier temps, le tourisme hivernal n'a pas éliminé la vieille économie fondée sur l'agriculture et qui s'est maintenue, sans se développer. Les paysans de Ceillac, tout en s'intégrant à l'économie du ski, se sont plutôt orientés dans l'élevage ovin, lequel, dans les années 1960, était alors assez bien rémunérateur. &lt;br /&gt;c) A Ceillac, sont apparues de nouvelles professions. En six ans, de 1962 à 1968, 65 emplois ont été créés. Parfois, c'étaient des emplois saisonniers. Mais tous étaient divers : 21 emplois de moniteurs de ski et de perchmen, 14 dans les hôtels et les bars, 7 dans la construction, 16 dans les commerces, 4 au fonctionnement du SIVM, 3 dans les services publics. Autrement dit, l'économie des villages, jusqu'alors essentiellement primaire, s'est diversifiée en développant des activités tertiaires.  &lt;br /&gt;d) Enfin, le village s'est transformé et, objectivement, embelli. Des chalets neufs ont été construits ; les vieilles maisons restaurées ; les dégâts causés par les inondations de 1957 réparés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A partir de ce constat, J. Richez en 1972 proposait que le développement du Queyras se fît autour de trois pôles : &lt;br /&gt;- les activités traditionnelles : élevage, exploitation forestière, travail du bois ;&lt;br /&gt;- la création d'une très grande station de ski « de classe internationale », ce qui impliquait que le réseau routier fût amélioré ; la création d'une liaison avec l'Italie par le col La Croix ; l'aménagement du site de Valpreveyre (commune d'Abriès) dont les ubacs, exposés au Nord, sont propices à la création de pistes de ski ; l'établissement de nouvelles remontées mécaniques ; la multiplication des hôtels, gîtes, chalets, villages de vacances ;&lt;br /&gt;- et parallèlement, la sauvegarde du milieu naturel par la création du Parc Naturel Régional du Queyras, dont le projet était alors bien avancé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la lecture des propositions de M. Richez, on constate qu'en 1972, de nombreux experts, économistes et géographes, comme presque tous les Queyrassins, pensaient qu'on sauverait les hautes vallées de la désertification annoncée grâce au ski alpin. Les grands espoirs qu'ils y plaçaient n'étaient pas infondés, mais ils n'ont pas été entièrement réalisés. &lt;br /&gt;Essayons de comprendre pourquoi. En 1992, le Queyras comptait huit stations villages, 47 remontées mécaniques dont 6 téléportées et 265 hectares de pistes. La Société d'Economie Mixte ou SEM qui exploite les remontées mécaniques employait 110 saisonniers et 6 permanents. Le chiffre d'affaires est légèrement supérieur en année normale à 11 millions de francs. A titre de comparaison et pour relativiser l'importance du domaine skiable queyrassin, rappelons que la seule station de Vars compte 33 remontées mécaniques et 160 hectares de pistes et que, à l'échelle de certaines stations d'Isère, de Savoie ou de Haute-Savoie, Vars ne fait pas figure de grande station, ni d'usine à ski. La SEM (Société d'Economie Mixte), qui, de 1987 à 2002, a exploité les remontées mécaniques du Queyras, a été en 1993 en situation de dépôt de bilan et, sans l'aide des collectivités publiques, elle aurait sans doute cessé ses activités bien avant 2002. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces problèmes montrent à quel point le développement économique fondé sur le ski et le seul ski est, hélas, fragile. &lt;br /&gt;Les causes en sont diverses. La première raison - qui est, semble-t-il, déterminante - tient au climat exceptionnel, à la fois sec et ensoleillé, dont jouit le Queyras, de sorte que l'enneigement, même s'il y est souvent important, à condition que souffle la Lombarde, ce vent du Piémont qui rabat vers le Nord Est les dépressions qui naissent dans le Golfe de Gênes, y est aussi irrégulier. La durée moyenne d'ouverture des stations a été en 1986 de 100 jours ; en 87, de 74 jours ; en 88, de 84 jours ; en 89, de 26 jours (3 à Saint-Véran, la station de Ville-Vieille restant fermée) ; en 90, de 42 jours ; en 91, de 79 jours. En 1989, le déficit d'exploitation s'est élevé à plus de six millions de francs ; en 1992, à près de 1,5 million de francs. &lt;br /&gt;La deuxième raison tient à la situation du domaine, qui n'est pas d'un seul tenant, mais morcelé, ce qui alourdit le coût de l'exploitation des pistes, et au fait que les stations, étant en concurrence les unes avec les autres, ont dépensé des sommes importantes pour s'équiper à partir de 1984, insuffisantes, hélas, pour changer les installations anciennes qui deviennent vétustes. &lt;br /&gt;La troisième résulte d'une hésitation bien compréhensible qui a affecté les décideurs, élus et même citoyens, entre deux projets de développement : ou bien des stations villages à dimension humaine, plutôt familiales, et une très grande station, unique, à l'instar du complexe Vars-Risoul ou des grandes stations des Alpes du Nord. De toute façon, que le Queyras soit un ensemble de stations villages ou une usine à ski, si la neige tarde ou ne tombe qu'en avril, les skieurs ne viendront pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On comprend pourquoi tous ceux qui exercent une responsabilité dans le Queyras ont essayé de sortir, dès les années 1970, de la monoculture du ski alpin en développant l'hiver le ski de fond (et le ski de randonnée, lequel ne touche qu'un nombre restreint de pratiquants) et surtout le tourisme d'été, fondé sur les activités de sports et de loisirs, telles la randonnée pédestre, le VTT, le canoë, le kayak, le rafting, et en incitant les Queyrassins à se livrer à la pluri-activité ou à la redécouvrir, car, longtemps, ce fut une spécificité du Queyras, c'est-à-dire ou bien en exerçant simultanément deux activités (ou plus de deux), ou bien en changeant d'activité suivant la saison.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-8781158064306846375?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/8781158064306846375/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=8781158064306846375' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/8781158064306846375'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/8781158064306846375'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2011/03/ski-dictionnaire-historique-et-culturel.html' title='Ski (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-gDUGyLwiBWA/TZGcs8nDSyI/AAAAAAAAAV0/sRZd16YiGfI/s72-c/P1080371.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-2947240390487131094</id><published>2011-02-06T10:26:00.002Z</published><updated>2011-02-06T10:28:18.019Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre S. Deuxième article.'/><title type='text'>Michel Serres (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Michel Serres, de l’Académie française&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’article que Michel Serres consacre au Queyras dans Alpes Loisirs, n° 30, janvier 2001 (éditions Le Dauphiné Libéré) n’est pas ambitieux, comme l’ont été les travaux de Fauché-Prunelle, Jean Tivollier ou Henri Falque-Vert. C’est un commentaire des photos que Robert Doisneau, dans le cadre d’un reportage commandé, a prises en 1947 à Saint-Véran. Chaque été, en juillet, Michel Serres villégiature dans le Queyras, depuis près de 50 ans, à Molines, semble-t-il. Le commentaire est chaleureux. Michel Serres et Robert Doisneau ont vu le même Queyras, non pas le Queyras pittoresque des touristes, mais le Queyras rural et agricole. Michel Serres lui-même participait chaque année à la fenaison. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’article comprend deux parties. La seconde partie développe une réflexion générale juste, mais convenue, sur la civilisation paysanne (quand Serres venait dans le Queyras dans les années 1950, cette civilisation était encore vivante), qui a perduré en France jusqu’à la deuxième guerre mondiale et dans le Queyras, jusque dans les années 1970. Michel Serres écrit un hymne à la gloire de ces paysans qui ont fait la France et toute notre civilisation, depuis la domestication du mouton et la culture du blé apparues dans le Croissant fertile il y a 8000 ans. Il aurait pu être écrit à propos de n’importe quelle région du Sud ou de l’Ouest de la France. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première partie, en revanche, dans laquelle Serres tente de définir le Queyras et de saisir ce que ces hautes vallées ont de spécifique, reprend sur un mode littéraire ce que l’on peut appeler le « mythe » du Queyras. Certes, le mythe est intéressant, beau, noble, sympathique, mais il reste un mythe. Ce mythe consiste à présenter le Queyras comme une terre de refuge pour les persécutés, une terre de libertés publiques, une terre où se sont mêlées les religions et les nations. Son point de vue est très semblable à celui qu’a exprimé André Chamson dans la préface du Queyras, le beau livre du général Guillaume.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-2947240390487131094?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/2947240390487131094/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=2947240390487131094' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2947240390487131094'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2947240390487131094'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2011/02/michel-serres-dictionnaire-historique.html' title='Michel Serres (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-3104039981752450369</id><published>2010-12-20T08:41:00.006Z</published><updated>2010-12-20T08:54:23.272Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre S. Premier article.'/><title type='text'>Saint-Véran (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/TQ8ZuCuEKQI/AAAAAAAAAVk/qjpP_fcOSyo/s1600/Saint%2BV%25C3%25A9ran%2B2007003.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 240px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/TQ8ZuCuEKQI/AAAAAAAAAVk/qjpP_fcOSyo/s320/Saint%2BV%25C3%25A9ran%2B2007003.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5552685144365869314" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Raoul Blanchard est un géographe célèbre, spécialiste des régions alpines, sur lesquelles il a écrit des ouvrages qui font aujourd'hui encore autorité, soixante ou soixante-dix ans plus tard, et que le général Guillaume cite souvent dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Queyras&lt;/span&gt;. Il est aussi l'auteur de deux articles, l'un intitulé « l'habitation en Queyras » et publié dans le &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Bulletin de la Société de Géographie&lt;/span&gt;, en 1909, l'autre « la vie à Saint-Véran » (sous-titre « monographie d'une commune de haute montagne »), publié dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Montagne&lt;/span&gt; en 1910. Cet article s'inscrit dans une série de publications dues, au début du siècle, à des journalistes, des polygraphes, des écrivains, des géographes qui publient sur ce village articles, reportages et livres. Lisons ce qu’en dit J. Tivollier, dans Le Queyras, tome 1, p 181 : « Saint-Véran est entré aussi dans la littérature et le reportage (...) ; je cite, parmi beaucoup d'autres : Pierre Scize, En altitude, Gens des cimes ; Robert Husson, La Montagne veut vivre ; L'Intransigeant, l'Ami du Peuple, Candide, l'Illustration, le Petit Dauphinois, etc. » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'article de Raoul Blanchard est divisé en trois parties : les conditions géographiques de Saint-Véran, la vie à Saint-Véran, les indices d'une transformation. Dans la première partie, l'auteur explique pourquoi le village a pu s'établir à une altitude si élevée (plus de 2000 mètres) et il en expose les raisons, reprises, entre autres, par le Général Guillaume : modelé large et adouci de la vallée toute en schistes lustrés tendres, exposition au midi, fertilité des sols, etc. Il décrit aussi avec beaucoup de précision l'implantation du village qui épouse la pente : « Les maisons s'alignent en files qui s'échelonnent sur le flanc de la montagne, bien au-dessus du fond humide et froid de la vallée. Saint-Véran se compose ainsi de cinq gradins, cinq rangées de maisons, alignées en retrait les unes des autres, et toutes exposées au Sud Est ». La deuxième partie est consacrée « aux travaux et aux jours », l'agriculture « déroulant ses travaux suivant le rythme des saisons ». La troisième partie est la plus intéressante. Raoul Blanchard y énumère les transformations qui rapprochent une « civilisation ancienne et très stable » «des conditions générales de la vie moderne » : la construction d'une bonne route empierrée, la village relié au reste de la France par le fil télégraphique, la création de petites industries à domicile qui donnent du travail en hiver (taille de pierres précieuses, ateliers de tricotage mécanique), l’introduction du ski qui facilite les communications l'hiver, le développement du commerce du beurre et des fromages. Pourtant, il est persuadé que l'avenir du village est dans l'agriculture : « Ce n'est pas la vie d'été qui va changer, Saint-Véran devant rester évidemment un village agricole, il faudra toujours se hâter de bousculer tous les travaux des champs dans la courte période donnée par le climat ». A aucun moment, il ne prévoit que le tourisme permettra aux habitants du village, comme à tous les Queyrassins, d'accéder enfin au même niveau moyen de vie que les Français. Cf. « tourisme », « les travaux et les jours », « agriculture et élevage », « Claude Arnaud », « Abbé Pierre Berge ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Situé à 13 km de Château-Queyras, Saint-Véran est le plus célèbre des villages du Queyras - comme emblématique des hautes vallées. Des livres (lire celui de Claude Arnaud ou celui de l’abbé Pierre Berge) y sont consacrés ; on en trouve des photos, dont l’une, prise par Henri Ferrand, en 1907, illustre la couverture de son ouvrage, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Pays Briançonnais et le Queyras&lt;/span&gt;. Le fameux dicton « la plus haute montagne où l’on mange du pain » (il faut comprendre le pain fait avec le seigle que l’on cultive), rappelle que Saint-Véran a été, jusqu'à la reconstruction de Tignes à 2100 m, le plus haut village de France et sans doute d’Europe : 2050 m d'altitude moyenne. La présence à ces hauteurs d’une population aussi importante - la commune, en 1841, comptait 874 habitants - est expliquée par les géographes qui avancent toujours les mêmes raisons, celles qu’a exprimées avec fermeté et précision Raoul Blanchard. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Histoire&lt;br /&gt;Selon une légende, le village aurait été fondé au VIe siècle dans les circonstances suivantes. Saint-Véran, alors évêque de Cavaillon, délivra sa ville d'un dragon féroce en le pourchassant jusqu'aux sommets du Luberon. Le monstre, après être monté dans les airs, serait tombé dans la montagne de Beauregard, sur les pentes de laquelle est construit le village. Les Queyrassins informés par des bergers transhumants auraient donné au lieu le nom de l’évêque de Cavaillon. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les chroniques font état de violents incendies aux XVIe et XVIIe siècles ou d'incursions de milices vaudoises lors de la guerre contre la Ligue d’Augsbourg et la Savoie, de I690 à 1696. Construit à mi pente, Saint-Véran, comme le Serre de Molines, est protégé des crues de l’Aigue Blanche.&lt;br /&gt;Au XIXe siècle, des compagnies d’assurance ayant refusé, compte tenu des risques élevés, d’assurer les propriétaires du village, ceux-ci se regroupèrent pour fonder une association mutuelle contre les risques d'incendie ou les pertes de bétail et qui faisait la fierté légitime des Queyrassins, parce que la création de cette mutuelle exprimait un sens aigu de la solidarité. &lt;br /&gt;Dans les années 1920, J. Tivollier a assisté au développement du tourisme à Saint-Véran : construction de l’hôtel Beauregard, ateliers où l’on fabriquait des skis et des tricots, création de la station de sports d’hiver. Aujourd’hui, le tourisme est devenu la principale activité du village.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les traditions orales&lt;br /&gt;On racontait à Saint-Véran, comme à la Chalp Ronde et au Raux, beaucoup d'histoires de loups. Des jeunes filles, rentrant de la veillée, virent près d’une fontaine un animal qu'elles prirent pour un chien. C'était un loup. Elles lui lancèrent des pierres. Mais le loup se précipita sur elles et elles eurent juste le temps de refermer leur porte devant l’animal pour échapper à ses crocs. Aux Forannes, un loup, voulant s’attaquer au chien d'une maison, pénétra dans l'étable, où se tenait la veillée. Là, les jeunes gens purent le tuer. Les habitants présentent ces récits comme authentiques. Or, partout ailleurs dans les Alpes, on retrouve les mêmes récits, tout aussi circonstanciés. Ces histoires relèvent en fait de la tradition orale et sont rarement des faits divers. Elles constituent ce que 1’on appelle un folklore du loup.&lt;br /&gt;Le village est riche en dictons et proverbes, écrits ou racontés en patois queyrassin. L’abbé Berge, dans sa Monographie de Saint-Véran (1928), en a relevé et cité quelques-uns. En voici deux : « A la mi-mai l’hiver s'en va ; à la mi-août, tiens vois-le là-bas ! » ou « Coucou en abrier (avril) espoir au grenier ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'église&lt;br /&gt;Elle se trouve dans le quartier du Châtelet. Elle date de la fin du XVIIe siècle. Elle a été construite sur l’emplacement de l’ancienne église, réparée au XVe siècle, puis dévastée lors des guerres de religion. Il lui a été donné la forme d’un parallélogramme, sans abside ni clocher, comme les temples protestants. Un clocher fut ajouté plus tard, en 1838, au moment où l'on remplaça le toit par une voûte de pierre. A l’extérieur, deux lions accroupis, sculptés dans la pierre. C'était les soubassements des colonnes qui formaient le porche d’entrée, vestige de l'ancienne église. Dans le tambour d'entrée, on peut voir un bénitier fort ancien, qui repose sur un piédestal à triple moulure et qui est sculpté, de façon un peu grossière, dans sa partie supérieure. A l'intérieur, un superbe retable en bois sculpté et doré. La plupart des stalles, niches, statues, stations du chemin de croix auraient été sculptés, selon les gardiens de la tradition locale, par des ébénistes de Saint-Véran. On peut voir encore deux tableaux de l'école française du XVIIIe siècle. L'un représente Joseph tenant l'enfant Jésus sur ses genoux; l’autre, la Trinité et, au-dessous, Saint-Véran et Sainte-Madeleine, les deux patrons de l’église.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’architecture&lt;br /&gt;La situation du village est grandiose : à mi pente dans un cirque de hautes montagnes. Vus d'en bas, les toits paraissent toucher les cieux. Les maisons, sans être mitoyennes, sont proches les unes des autres. Les faîtages sont parallèles à la ligne de pente. Pour des raisons de sécurité (éviter l'embrasement des fustes de bois contenant les réserves de foin), le village est divisé en quartiers, nettement séparés les uns des autres et entre lesquels il était interdit de construire. (Cf. «architecture » et « habitat groupé »). &lt;br /&gt;Comme tous villages du Queyras, Saint-Véran est divisé en quartiers. On y entre par Peyre-Belle, dont le nom est dû aux blocs erratiques laissés là par d'anciens glaciers. Ensuite, ce sont le Villard, la Ville, le Châtelet ou Chastelet, où se trouve l'église, et les Forannes. L’habitat est ancien, ce qui fait le charme et le pittoresque du village. Certaines maisons sont classées. On peut lire gravés, sur le linteau des portes, des dates et des noms précédés de W (abréviation de « vive »). Ces maisons sont jugées, peut-être de façon abusive, spécifiquement queyrassines (cf. « architecture »). En voici décrite la structure. Le bâtiment principal est constitué d'une étable aux murs de pierre, à demi enfoncée dans le sol, et surmontée de la fuste, vaste volume fait de troncs de mélèze empilés, et où était stocké le foin (dans le fenil ou la fenière, juste au-dessus de l'étable), et battu et conservé le seigle (dans la grange et les greniers). Sur la façade de la fuste, il y a deux ou trois balcons où était séché la récolte. L'étable était divisée en deux parties : le taurier, où vivaient les hommes et où étaient les meubles, et l’étable proprement dite pour les vaches, le mulet, parfois les moutons. A côté, se trouve un bâtiment, plus petit et tout en pierres : c’est le caset ou logis, et ses dépendances. Au premier niveau, on trouve la cave, la fougagne (ou cuisine) et le peylé (ou poêle). A l'étage, des chambres, des ateliers, des débarras. Devant le caset, s’étend parfois une cour fermée où était entassé le fumier. Entre les deux bâtiments, des escaliers, ou « sas », permettent d’aller de la grange à l'étable, au logis, aux chambres. A l’arrière de la maison, toujours orientée au sud, un pont de bois - ou pountin - permet aux charrettes d'accéder à la grange.&lt;br /&gt;A Saint-Véran, on peut visiter un musée privé, « La Maison d'Autrefois », qui se trouve au-delà de l'église, sur la droite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hameaux &lt;br /&gt;Au-delà de Molines, la route franchit l’Aigue Agnelle au pont de Marrou, en aval duquel confluent les deux Aigues, Agnelle et Blanche. Dans les légendes locales, les sorciers de la vallée se retrouvent près de pont.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Chalp Sainte-Agathe (1770 m)&lt;br /&gt;A 2 km de Molines, ce hameau a été le siège d'une paroisse créée au milieu du XIXe siècle. En partie incendié en 1901, il est construit à mi chemin des deux chefs-lieux et fait partie de la commune de Saint-Véran. De là, part un sentier qui passe près de la chapelle Saint-Simon et conduit au col des Prés de Fromage, après avoir rejoint le sentier de Molines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la rive gauche, à quelques centaines de mètres du hameau du Raux, se trouvait un  hameau aujourd’hui disparu : La Chalp Ronde (ou Charionde), sur le cône de déjection du torrent de Camaron, détruit par des avalanches. Là se passe l’histoire du loup et du violoneux. Il y avait, en ce temps-là, vingt-deux filles à marier à Chalp-Ronde, qui, un jour, s’en allèrent danser, sur la conduite du violoneux, à Pierre-Grosse, commune de Molines. Après le bal, le violoneux s’attarda et rentra plus tard, seul. En traversant le Bois des Amoureux, sur 1’ubac de la Montagne de Beauregard, il rencontra un loup. Il joua alors de son violon pour charmer l’animal et put se réfugier dans un oratoire. Il y a plusieurs versions, parfois différentes, de ce récit ; l’une d’elles est racontée par R. Husson dans La Montagne veut vivre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Raux (1930 m)&lt;br /&gt;De ce hameau, incendié en 1882, on a un beau panorama sur la Montagne de Beauregard et le village de Saint-Véran, situé au-dessus. Le Raux est traversé par le GR 58, qui relie le refuge Agnel et La Monta à Ceillac, par le col des Estronques (2649 m) et les chalets du Tioure.&lt;br /&gt;Le Raux, comme La Chalp Ronde, est le lieu d’une histoire de loup. Une jeune fille du hameau fut surprise la nuit par un loup, qui ne put emporter que sa robe. Dans une version différente, la jeune fille était allée à la fontaine. Elle tenait à la main du téo - ou bois gras, ou des fragments de résineux, que l'on utilisait comme une torche. Alertés par son retard, ses parents partirent à sa recherche et purent la délivrer des crocs de l’animal. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mine de cuivre, la carrière de marbre et la chapelle de Clausis&lt;br /&gt;Au-dessus du Villard, un chemin assez large et carrossable s’enfonce dans la montagne en direction du sud-est. Après la chapelle Sainte-Elizabeth, sur la gauche, se dressent les bâtiments de la mine de cuivre, aujourd’hui désaffectée, dont la galerie la plus élevée atteint 2439 m d’altitude. Cette mine était connue dans l’Antiquité. L’exploitation a repris de 1921 à 1932. Mais la crise de 1929, qui a eu pour conséquences, entre autres, la baisse des cours des matières premières, a fait perdre à la mine toute rentabilité et provoqué sa fermeture. &lt;br /&gt;Au-dessus, s’étend la Casse Méande, qui se trouve au-dessous du col de Longet, par où passe le sentier qui relie Saint-Véran à Fontgillarde. &lt;br /&gt;A 400 m environ, c’est la carrière de marbre vert. Exploitée à la fin du XIXe siècle, et de 1926 à 1931, elle est, peut-être pour toujours, fermée, les coûts d’exploitation et de transport étant trop élevés pour que la carrière soit rentable. Le chemin, large, s’arrête là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-delà, se dresse, à 2349 m, la chapelle de Clausis (ou Clousis), construite en 1846-1847. Dédiée à Notre Dame du Mont Carmel, elle a été le lieu d’un pèlerinage le 16 juillet, auquel participaient des fidèles italiens, et qui concurrençait le pèlerinage plus ancien de la chapelle Saint-Simon (paroisse de Molines).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-3104039981752450369?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/3104039981752450369/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=3104039981752450369' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/3104039981752450369'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/3104039981752450369'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2010/12/saint-veran-dictionnaire-historique-et.html' title='Saint-Véran (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/TQ8ZuCuEKQI/AAAAAAAAAVk/qjpP_fcOSyo/s72-c/Saint%2BV%25C3%25A9ran%2B2007003.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-6099510436346541323</id><published>2010-10-27T05:39:00.004Z</published><updated>2010-10-27T05:50:11.742Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre R. Sixième article.'/><title type='text'>Roux d'Abriès (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/TMe9feaM6_I/AAAAAAAAAVc/Ly1_JvAMLUY/s1600/Le+Roux+la+maison+027.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 240px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/TMe9feaM6_I/AAAAAAAAAVc/Ly1_JvAMLUY/s320/Le+Roux+la+maison+027.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5532599015684500466" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Roux est construit sur un ensellement de la Montagne de Gardiole, à mi pente, au-dessus du confluent des deux torrents du Bouchet et du Golon (cf. « vallée du Bouchet »). Il fait partie de la commune d'Abriès. Longtemps, il a été le chef-lieu d'une paroisse, consacrée à Saint-Jean Baptiste et comprenant les hameaux de Pra-Roubaud, l'Alveyo, La Montette. Au XIXe s, le village comptait près de trois cents habitants. La plaque apposée devant l'église du village et commémorant les morts de la guerre de 1914-1918 comprend douze noms, ce qui donne une idée de l'importance de la population au début de ce siècle et que l'on peut évaluer à 240 habitants, étant donné que 5% de la population du Queyras - des hommes jeunes - ont été tués au cours des cinq années de guerre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, le village a connu deux drames : la guerre et la dépopulation. En 1940, l'armée italienne l'a occupé, des maisons ont été pillées. Les Roussins ont été contraints de trouver un refuge ailleurs, dans des villages du Queyras restés libres et jusqu'en Ardèche. En 1944, le village a été le théâtre de violents combats opposant les goumiers de l'armée du maréchal Juin et les Allemands. Une plaque apposée sur l'ancienne école en témoigne. L'armée allemande, après que l'Italie eut renoncé à la guerre, a installé des batteries de tir, à la frontière, et a détruit la moitié du village, l'église et surtout le très beau clocher, dont la flèche était haute de quarante mètres. Après la guerre, les maisons détruites du Canton Haut ont été reconstruites un peu plus en aval et un peu plus à l'Est, dans le versant de la montagne exposé aux vents soufflant de Malaure (mot qui signifie, en franco-provençal, « mauvais vents ») et nommé pour cela Malaurette. &lt;br /&gt;Le deuxième drame a été l'exode rural qui s'est accéléré après la guerre. &lt;br /&gt;Dans la première édition, publiée en 1964, du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Queyras&lt;/span&gt;, le général A. Guillaume, analysant le dépeuplement qui affectait alors la haute vallée du Guil (communes d'Abriès et de Ristolas), prévoyait qu'à court terme, le village risquait de ne plus être habité que l'été et de connaître le destin qui avait été celui des Escoyères, de La Montette et de Valpreveyre. Il semble bien qu'à la fin des années 1960, la préfecture de Gap ait eu l'intention de déclasser la route reliant Abriès au village, ce qui aurait eu pour conséquence qu'elle n'aurait plus été déneigée l'hiver et plus entretenue. En 1972, seules sept ou huit personnes habitaient en permanence ce village. &lt;br /&gt;A la fin des années 1970, tout a changé. Dans la troisième édition du Queyras, publiée en 1985, « revue et mise à jour », le général Guillaume écrit à la p 173 : &lt;br /&gt;« Les villages de Ristolas et du Roux étaient menacés du même sort (c'est-à-dire d'abandon) malgré la reconstruction, grâce aux dommages de guerre, des maisons détruites au cours des hostilités, les maisons reconstruites étant louées aux estivants. Seul le tourisme leur redonne vie aujourd'hui ». &lt;br /&gt;Il faut nuancer ce que dit le général Guillaume : ce n'est pas seulement le tourisme qui a sauvé le village, mais la création d'activités, traditionnelles ou non, qui ne sont pas qu'en partie liées au tourisme. Au début des années 1960, la famille C*, dont les ancêtres sont installés au Roux depuis plusieurs siècles, a ouvert dans sa grande ferme un hôtel, aujourd'hui fermé. En 1974, une dizaine de jeunes gens, originaires de la ville et ayant suivi des études supérieures, y ont fondé une communauté qui a duré une dizaine d'années et ont relancé une exploitation agricole, produisant du lait, des fromages, du miel. Deux familles y ont créé de petites entreprises, l'une fabriquant des meubles sculptés, l'autre des produits naturels à base de plantes. Une grande ferme de la reconstruction a été transformée en gîte d'étape. Beaucoup de jeunes gens travaillant à Abriès ou dans d'autres villages y ont acheté ou loué une maison. Le village n'est plus menacé d'abandon : de fait, il compte aujourd'hui plus de cinquante habitants permanents. &lt;br /&gt;C'est dans ce village que l'écrivain, Mme Meyer-Moyne, a situé l'action d'un de ses romans, publié en 1995, Queyras Passions (cf. « écrivains du Queyras »).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-6099510436346541323?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/6099510436346541323/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=6099510436346541323' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/6099510436346541323'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/6099510436346541323'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2010/10/roux-dabries-dictionnaire-historique-et.html' title='Roux d&apos;Abriès (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/TMe9feaM6_I/AAAAAAAAAVc/Ly1_JvAMLUY/s72-c/Le+Roux+la+maison+027.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-7356387289558472190</id><published>2010-08-30T05:35:00.003Z</published><updated>2010-08-30T05:38:04.835Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre R. Cinquième article.'/><title type='text'>Routes et sentiers (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>Pendant des siècles, jusque dans les années 1850, le Queyras a été dépourvu de chemins carrossables. Cette situation n'était pas exceptionnelle dans les Alpes. Alors, les vallées étaient reliées les unes aux autres par des sentiers, dont certains étaient empierrés et le sont restés, qu'empruntaient hommes et bêtes de somme, mulets, mules, ânes, chevaux : d'où le nom de « sentiers muletiers » qui y est donné. &lt;br /&gt;A l'époque gallo-romaine, on accédait aux Escoyères, le centre du Queyras, par deux sentiers qui évitaient les Gorges du Guil : l'un à partir de Guillestre, l'autre d'Eygliers. Le second, qui empruntait la rive droite, est, semble-t-il, le plus ancien. Il part d'Eygliers, jusqu'aux hameaux de Gros et de Pra-Riont. Ensuite, il s'élève dans la forêt, passe aux Girards, à Chaston, à Villeneuve, atteint le col Garnier (2280 m) ; et de là, dans le vallon de Furfande, situé dans la commune d'Arvieux, et aux Escoyères. Cet antique sentier est aujourd'hui le GR 541 ; le sentier de grande randonnée, qui rejoint le GR 58 puis le GR 5. &lt;br /&gt;Le sentier de la rive gauche s'élève dans la montagne de Guillestre jusqu'à « la Viste » (ou, en français, « la vue »), d'où l'on a un admirable point de vue sur la vallée de la Durance et les Gorges du Guil. Ensuite, il descend vers la Maison-du-Roy par des degrés creusés dans le rocher. Le passage, nommé les Tourniquets, était très dangereux en hiver. Les muletiers étendaient des couvertures sur la glace de peur que leur bête ne glisse pas dans l'abîme proche. Après le pont de pierre (construit en pierres en 1460), la route actuelle suit le fond de la Combe. L'ancien sentier était au-dessus, à mi pente, et franchissait à plusieurs reprises le Guil, passant d'une rive à l'autre, pour éviter les endroits trop dangereux, dont, à quelques kilomètres en amont de la Maison-du-Roy, le sinistre « pas de la mort », où les voyageurs s'exposaient, par temps de pluie ou lors des périodes de dégel, aux avalanches ou aux chutes de pierres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1783, selon le curé Albert, il y avait une vingtaine de ponts sur le Guil. Sur la carte du Dauphiné, établie par Jean de Beins en 1633, sont représentés huit ponts entre la Maison-du-Roy et l'Ange Gardien. A la fin du XIXe s, il n'y en avait plus que six. Des piliers subsistent en aval de l’Ange Gardien. &lt;br /&gt;Sentiers et ponts étaient souvent endommagés. Sous l'Ancien régime, l'entretien des sentiers et des ponts dans la Combe était la cause de nombreux différends entre les communautés du Queyras et celles de Guillestre et d'Eygliers, Il faut comprendre pourquoi. Le sentier se trouvait sur le territoire des communautés de Guillestre et d'Eygliers mais il était surtout emprunté par les Queyrassins, qui, à plusieurs reprises, ont mis en demeure les communautés de Guillestre et d'Eygliers et les autorités de réparer le sentier et les ponts, comme en témoignent les archives du Queyras : « 1750 : requête au ministre, marquis d'Argenson, afin d'obtenir des secours pour rétablir les ponts de la Combe emportés. Cette Combe est dangereuse... Sept ou huit fois dans l'année, on est obligé d'y envoyer 80 hommes pour réparer les chemins afin de pouvoir tirer de dehors le nécessaire tant pour la garnison qui est dans la vallée que pour ses habitants » (cité par Tivollier, Le Queyras, II, p 331). &lt;br /&gt;Ces problèmes de voirie se posent toujours dans le Queyras, à la fin de chaque hiver, après une crue ou une avalanche, où il faut dégager la route, la réparer, refaire une digue. La terrible crue de 1957 a emporté d'importantes portions de la route et de nombreux ponts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les travaux visant à pourvoir le Queyras de routes carrossables ont commencé en 1833. La route a été inaugurée à Château-Queyras en 1855. Une gravure, reproduite dans Le Queyras du général Guillaume, a été faite à l’occasion pour immortaliser l'événement. Six ans auparavant, en 1849, des voitures tirées par des chevaux ont circulé pour la première fois entre Ville-Vieille et Abriès. Il a fallu huit ans, de 1845 à 1853, pour construire la route de Ville-Vieille à Saint-Véran. En 1852, la route d'Arvieux a été inaugurée ; en 1903, celle du Roux d'Abriès ; en 1911, celle des Meyriès. En 1864, de nouveaux travaux ont été entrepris pour déplacer la route entre Aiguilles et Ville-Vieille sur la rive droite du Guil, où elle se trouve toujours. &lt;br /&gt;Jusqu'en 1911, la route du Queyras était tracée à la sortie de Guillestre, jusqu'à la Maison-du-Roy, sur l'antique sentier. Pour éviter les tourniquets et permettre la circulation des automobiles, uns nouvelle route a été construite plus bas, dans la falaise, ce qui a nécessité le percement de quatre tunnels. Au XXe s, d'autres routes ont été construites : celle du sommet Bucher, celle du Col Izoard, celle des Escoyères (le chemin carrossable a été aménagé en 1967 par les résidents eux-mêmes), celle du Col Agnel (route touristique, ouverte l'été seulement, inaugurée récemment). A cela, il convient d'ajouter le vieux projet, véritable serpent de mer, de route et de tunnel sous le col La Croix, afin de relier le Queyras aux vallées piémontaises proches. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces travaux, qui durent depuis plus d'un siècle et demi, ont brisé peu à peu l'isolement du Queyras. Les relations économiques avec la vallée de la Durance et le reste de la France se sont intensifiées au détriment des relations traditionnelles avec les vallées piémontaises, qui ont décliné et presque quasiment cessé à une date récente. De plus, la construction des routes a eu des effets sur l'activité. Au XIXe s, dans les villages, des artisans fabriquaient des robes, des coiffes, de la dentelle, des ustensiles de cuisine, pour satisfaire les besoins des habitants du Queyras. La route a permis d'introduire des produits manufacturés, moins chers, qui ont ruiné ce petit artisanat local. Outre ces conséquences économiques, la route a eu des effets sur la démographie. En 1831, le Queyras comptait 7637 habitants. Cinquante ans plus tard, en 1881, il ne comptait plus que 5032 habitants. Alors que la route était censée dynamiser l'économie de la vallée, en facilitant les déplacements, elle a aussi incité les Queyrassins à quitter leur village.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-7356387289558472190?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/7356387289558472190/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=7356387289558472190' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7356387289558472190'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7356387289558472190'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2010/08/routes-et-sentiers-dictionnaire.html' title='Routes et sentiers (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-1745218059521721667</id><published>2010-06-28T10:57:00.003+01:00</published><updated>2010-06-28T11:01:40.215+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre R. Quatrième article.'/><title type='text'>Rosenberg Harriet (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>Mme Harriet Rosenberg est l'auteur d'une thèse intitulée &lt;span style="font-style:italic;"&gt;A Negociated World&lt;/span&gt; (la meilleure traduction de ce titre serait « un monde de compromis »), publiée par University of Toronto Press en 1988 et qui porte comme sous-titre « Three Centuries of Change in a French Alpine Community » : « trois siècles de changement dans une communauté des Alpes françaises »). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etudiante en histoire de France et en anthropologie à l'Université de Toronto (Canada) et à celle du Michigan (USA), influencée par les travaux des historiens des mentalités et de la ruralité, tels Le Roy Ladurie, Braudel, Duby, et par la revue &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Annales&lt;/span&gt;, elle a résidé à Gap et à Abriès dans les années 1970, où elle a consulté les archives départementales et s'est entretenue avec des Abriésois pour mener à terme sa thèse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anthropologue de formation, l'exemple d'Abriès lui fournit l'occasion de réexaminer - et de critiquer - les théories admises partout et qui montrent que la modernisation d'une société ne peut être que la conséquence de l'industrialisation massive, de la montée en puissance de la bourgeoisie, du développement de l'Etat, etc. Justement Abriès, selon elle, démontre le contraire, puisqu'une société traditionnelle fondée sur une économie agropastorale, a pu sous l'Ancien Régime, du XVIe au XVIIIe s, avant la Révolution de 1789, sans bourgeoisie, sans industrie, sans Etat, développer des institutions démocratiques et modernes, alphabétiser la plupart de ses membres, même les filles, et permettre à chacun de vivre de son travail. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce point de vue, cet ouvrage corrige des thèses fort répandues de l'histoire des idées économiques et politiques. Ainsi, Harriet Rosenberg montre que la société d'Abriès était véritablement égalitaire, alors que les principes qui prévalaient alors en France et qui justifiaient la division de la société en états étaient l'inégalité des droits et des devoirs entre les sujets du Roi (cf. société égalitaire).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici, traduit en français, l'Avertissement de ce livre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Abriès est une commune alpine de moins de deux cents habitants qui se trouve dans une région du sud-est de la France nommée Briançonnais. Le train de nuit qui part de Paris s'arrête à quelques kilomètres à l’ouest de Gap, le chef-lieu du département des Hautes-Alpes. De là, un car monte en serpentant vers la vallée escarpée et accidentée du Queyras, la plus haute vallée habitée d’Europe. Au fond de la vallée, entouré par des montagnes parsemées de hameaux abandonnés, s'étend le village d'Abriès. &lt;br /&gt;Les habitants de la plaine disent des montagnards qu'ils sont renfermés - mot qui signifie à la fois « fermés » et « surannés ». Ils se demandent pourquoi les hommes iraient dans un lieu aussi isolé, sinon peut-être pour camper quelque temps ou pour faire du ski. Les fonctionnaires décrivent la vallée comme un « pays mort ». Ils rabaissent toute la zone comme une région arriérée habitée par des vestiges qui subsistent avec les aumônes de l'Etat. Quelques-uns, pourtant, prétendent que le tourisme pourrait revitaliser - peut-être - la vallée et arrêter le flot d'émigration. Le Briançonnais, après tout, est d'une beauté à couper le souffle. &lt;br /&gt;Ceux qui aujourd'hui visitent Abriès seraient étonnés d'apprendre que, deux siècles auparavant, y vivait une population de près de deux mille habitants. C'était un marché actif en liaison avec des foires locales et régionales célèbres. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les Abriésois étaient des paysans marchands, bien éduqués et très entreprenants. La région du Briançonnais dans sa totalité était renommée pour son taux d'alphabétisation élevé. Les villageois engageaient pendant les longs hivers alpins des instituteurs expérimentés pour apprendre à leurs enfants le français, le latin et le calcul.&lt;br /&gt;Les responsables, laïcs et religieux, connaissaient aussi Abriès, qui, à partir du XIVe siècle, faisant partie d'une ancienne confédération régionale de cinquante et un villages, a plaidé auprès des tribunaux français. Parfois, les procès duraient des décennies et les habitants utilisaient des fonds communautaires pour se faire défendre par des juristes et des hommes influents. Ils se sont opposés aux taxes nouvelles, aux dîmes, aux augmentations d'impôt. Ils ont résisté aux changements juridiques qui les désavantageaient. Ils ont combattu la conscription et ils ont exigé d'être payés pour ce qu'ils fournissaient à l'armée et pour les dommages de guerre. Ils ont souvent gagné. Dans le Briançonnais, plaider n'était pas seulement une affaire politico-légale, c'était aussi une forme d'art et de théâtre.&lt;br /&gt;Négociateurs perspicaces, les habitants du Briançonnais ont résisté avec succès à la loi seigneuriale et la région était parfois appelée la « petite république ». Quelques fonctionnaires de l'Etat les ont admirés ouvertement. D'autres se sont inquiétés de leur esprit d'indépendance et, comme l'un d'eux l'a dit, de leur « vanité insupportable », craignant qu’ils ne manquent de loyauté à l'encontre de l'Etat français.&lt;br /&gt;La ville d'Abriès, loin d'être isolée, et ses hameaux prospères jouaient un rôle important dans ce système dynamique. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Abriès n'était pas une communauté rurale « traditionnelle », si traditionnel est entendu dans le sens d'illettré, de passif, d'isolé, de pauvre. C'est pourquoi, afin de penser les changements qui se sont produits à Abriès, je commence par éliminer l’idée suivant laquelle les paysans sont « traditionnellement » pauvres et qu'ils se désintéressent de la politique. La pauvreté ou la prospérité des paysans, leur mobilisation ou leur passivité politique, ne sont pas donnés. Au contraire, ce sont des aspects d'une société paysanne qui exigent d'être expliqués par le contexte historique".&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-1745218059521721667?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/1745218059521721667/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=1745218059521721667' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1745218059521721667'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1745218059521721667'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2010/06/rosenberg-harriet-dictionnaire.html' title='Rosenberg Harriet (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-2261335417059125649</id><published>2010-05-18T09:13:00.003+01:00</published><updated>2010-05-18T09:20:17.149+01:00</updated><title type='text'>Ristolas (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/S_JNtkCn1ZI/AAAAAAAAAU0/Aqd6kPw-ik0/s1600/Ristolas+151.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 240px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/S_JNtkCn1ZI/AAAAAAAAAU0/Aqd6kPw-ik0/s320/Ristolas+151.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5472521942372701586" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ristolas &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'Abriès à Ristolas, la route, prenant la direction du sud-est, suit le Guil, sur la rive droite. La rive gauche est couverte de forêts de mélèzes (bois de Jassaygue). Au pied de la pente, passe un chemin assez large et ombragé en été et qui, de Ville Vieille à Ristolas, sert en hiver de piste de ski de fond. Sur la carte de Cassini (XVIIIe s), il est désigné sous le nom de « grande route du Piémont ». Sur la rive droite, à mi pente, un sentier relie Abriès à Ristolas. Il passe dans les hameaux du Petit Varenc (ou Patarel) et du Varenc (1840 m), sis dans la commune d’Abriès. Le Varenc, abandonné en 1860 et dont la dernière maison s'est écroulée un siècle plus tard, a été au XVIIe et XVIIIe s. le berceau de la famille Aviény, dont plusieurs membres ont émigré vers le Palatinat après la révocation de l’Edit de Nantes. En 1665, Jean Aviény, qui acheta des terres à Abriès, était docteur en droit et en médecine. La possession de ces deux grades, très rare alors, confirme que les Queyrassins avaient atteint un haut degré d’instruction. Jean Aviény resta dans le Queyras jusqu'à sa mort, mais ses fils, qui avaient refusé d’abjurer, émigrèrent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ristolas (1600 m) est la commune la plus étendue du Queyras. Elle compte 8336 hectares contre 7540 à Arvieux, 7508 à Abriès et 3970 à Aiguilles. Une partie de son territoire est une vaste réserve de chasse, dans laquelle on compte de nombreux troupeaux de chamois et aussi des mouflons. C'est aussi la commune la moins peuplée du Queyras : il y a une soixantaine d'habitants à l'heure actuelle, alors qu'en 1763, elle comptait près de neuf cents habitants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ristolas se trouve sur la rive gauche du Guil. Il est bâti sur le cône de déjection du torrent de Ségure qui le divise en deux parties : le groupe principal, où se trouve la Mairie, et les Maisons-Neuves, sur la rive gauche du Ségure. La carte de Cassini (XVIIIe s) fait était d’un hameau sur la rive droite du Guil, en face de Ristolas, nommé « Dela l'Aigue ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’histoire du village est ponctuée de calamités comme les autres villages de la vallée du Guil. Les crues ont dévasté les prairies et emporté des maisons en 1408, 1469, 1728, 1957. Au XVe siècle, des digues ont été construites pour éviter que le village ne soit submergé par le Ségure. Mais les crues, trop violentes, emportèrent les digues. En 1631, la peste décima le village, où « il ne resta plus que neuf hommes mariés ». Cette épidémie fit aussi des victimes dans le Queyras, où, selon Jacques Gondret, « 1123 personnes périrent du fléau ». Une chapelle fut édifiée aux Maisons-Neuves en l'honneur de Saint-Roch, « protecteur des pestiférés » et le jour de la Saint-Roch fut longtemps fêté avec ferveur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Construit près de la frontière, Ristolas a été pillé et incendié en 1690 et 1691. En 1800, le Marquis d'Angrogne pénétra avec des troupes dans le Haut-Guil et pilla le village. L'église, consacrée à Saint-Marcellin, se trouve dans la Ville. La date de 1475 était gravée sur un linteau, mais des remaniements et des restaurations lui ont fait perdre son aspect originel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au début des années 1990, quelques habitants vivaient de l’élevage. Les énormes fermes, qui sont nombreuses dans le village, ont été construites après 1945, grâce aux dommages de guerre versées par les Allemands et les Italiens pour compenser les destructions de 1940 et 1944. Aujourd’hui, beaucoup de ces fermes sont aménagées en hôtels, gîtes ou centres de vacances. Comme les autres communes agricoles du Queyras, Ristolas vit surtout du tourisme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vallée de Ségure&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sentier qui conduit au Pic de Ségure part du haut de Ristolas en direction du sud-ouest, puis du sud, au-dessus du torrent de Ségure. La rive gauche, très abrupte, est aussi très ravinée. Au-delà des crêtes, s'étend la vallée de Peinin (commune d'Aiguilles). La rive droite est boisée. Le sentier sort du bois, s'infléchit vers le sud-est pour atteindre les lacs Lacroix (2400 m). Un sentier sur la gauche permet d’accéder au Pic de Ségure. Le sommet (2980 m) est d’accès facile. La vallée est entourée de crêtes élevées. Celles de la rive droite - Pics de Maloqueste (2610 m), de Chabrière (2820 m), de Ségure (2980 m) - la séparent du vallon de Foréant et d'Egourgéou. Au fond de la vallée, la crête des Fonzes, la Cime des Lausaces ou Grand Queyras (3114 m) et la crête de Caramagne, percée par le col de Ségure (2787 m) et la Brèche de l'Aiguillette (2922 m), séparent Ségure de la vallée de l'Aigue Agnelle (Molines et Fontgillarde). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Monta&lt;br /&gt;La Monta se trouve sur la rive droite du Guil, à 1660 m d’altitude, au pied des pentes couvertes de prairies et dominées par la tête du Pelvas (2930 m). De ce village, où Emilie Carle, auteur de La Soupe aux herbes sauvages, a occupé la fonction d’institutrice remplaçante en 1924, il ne reste qu’une maison, transformée en gîte d’étape, et l’église, le reste du village ayant été détruit en 1940 et 1944, lors des combats de la deuxième guerre mondiale (cf. « calamités au XXe s. »).  &lt;br /&gt;L’histoire de La Monta est jalonnée d’incendies (en 1691-92), ainsi que d'avalanches : celle de 1885 a détruit une douzaine de maisons, sur les murs desquelles il y avait de belles inscriptions. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sentiers &lt;br /&gt;La Monta est maintenant une étape dans la traversée du Queyras par le GR 58. On va d'Abriès à La Monta par Valpreveyre, la colette de Jilly, la crête de Jilly, la montagne de Peyra Plata. De La Monta, on rejoint le refuge Agnel par l’Echalp et le col Vieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers le Pelvas (2930 m)&lt;br /&gt;A La Monta, prendre le GR 58 qui traverse les prairies et le bois du Châtellard jusqu'à la crête, dite montagne de Peyra Plata (2643 m). A la crête, on laisse le GR 58 qui continue vers la collette de Jilly et on oblique vers la droite, en direction du nord-est, pour commencer l'ascension relativement facile du Pelvas, désigné parfois sous le nom de Tête du Pelvas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers le col La Croix (2300 m).&lt;br /&gt;A l'est du hameau, prendre le sentier qui s'élève dans les alpages, puis longe le bois du Châtellard, suit le torrent de la Combe Forelle, passe devant le refuge Napoléon, construit en 1857 grâce à un legs fait par Napoléon 1er au département des Hautes-Alpes pour remercier la population de l'accueil favorable qu'elle lui a fait à son retour de l'île d'Elbe.&lt;br /&gt;Le sentier du col La Croix était la « grande route du Piémont » sur la carte de Cassini. Il était très fréquenté. De nombreux Piémontais allaient au marché d'Abriès et de là, dans tout le Queyras, alors que, en hiver, les bergers queyrassins conduisaient par le col leurs troupeaux dans les plaines du Piémont. Des voyageurs ont trouvé la mort en hiver sur ce sentier. En 1730, trente personnes ont péri dans la montagne. Aussi les habitants d'Abriès ont-ils longtemps demandé la construction d'un refuge, ce qui ne se fit que très tard, car on redoutait qu'il ne serve aux Vaudois ou aux contrebandiers. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plusieurs projets ont été élaborés pour faire de ce col une voie de communication entre la France et l'Italie. On projeta d'y faire passer une ligne de chemin de fer qui aurait relié Marseille à Turin. Mais cela n'a pas abouti. Dans les années 1920 il fut question encore d'y percer un tunnel et d’y aménager une route carrossable. Le général Guillaume, dans Le Queyras, (pp. 119-194) fait un état très précis de ces projets. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A un peu plus d'une heure du col, sur la droite, le Mont Parroussin (2677 m), d’accès facile. Du col, on descend vers le Val Pellice où se trouve le refuge Jervi et d’où on revient en France vers Valpreveyre, Abriès ou Le Roux, par le col d'Urine ou le col Malaure. On peut aussi accéder au col La Croix par l’Echalp, hameau qui se trouve à 2 kilomètres de La Monta.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Echalp&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; C'est le dernier hameau de la vallée du Guil, à 2 km environ de la Monta et à 1690 m d'altitude. Au-delà de l'Echalp, la vallée prend la direction sud, sud-est. « Echalp » est un nom fréquent, sous la forme « échalp » ou « chalp », dans les Alpes et dans le Queyras : La Chalp d'Arvieux, La Chalp de Saint-Véran. « L’Echalp » semble être une déformation du pluriel « Les Chalps », qui signifie « champs en pente » ou « landes » ou  « pâtures ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'histoire du hameau est ancienne, puisqu'on y a trouvé une sépulture d'époque gauloise, et elle est assez semblable à celle de La Monta : incursions de Vaudois, qui ont pillé le hameau en 1691-92, et avalanches qui ont détruit plusieurs maisons ; ainsi, celles de 1885 et de 1948. Aujourd'hui, le hameau n'est plus habité sauf en été. Des fermes ont été transformées en résidences secondaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sentiers &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers le col La Croix (2300 m), à un peu plus d’une heure de L'Echalp. Le sentier qui traverse la forêt finit par rejoindre, un peu avant le col, le sentier de La Monta. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers le col Vieux et le refuge Agnel. On traverse le Guil, pour retrouver le sentier de La Monta qui permet d’atteindre les lacs Egourgéou et Foréant et qui, après le col Vieux, rejoint la route du col Agnel. C'est l'étape du GR 58 entre La Monta et le Refuge Agnel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-delà de l’Echalp, à peine le Guil franchi, c’est, sur la rive gauche, le lieu-dit « la Roche écroulée », formée, à la fin du XIXe s., par un effondrement de la falaise. Quelques-uns de ces rochers servent aujourd’hui d’école d’escalade.     &lt;br /&gt;Un peu plus loin, au-delà du parking, la circulation est interdite. A droite, commence le sentier écologique du Pré Michel aménagé par les techniciens du Parc Naturel Régional (cf. « paysages »). En continuant le sentier, on atteint le belvédère du Mont-Viso, le refuge du Viso, le lac Lestio,  les sources du Guil, le col de la Traversette où, au XVe s., a été percé un tunnel et dont parlent les auteurs queyrassins.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-2261335417059125649?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/2261335417059125649/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=2261335417059125649' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2261335417059125649'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2261335417059125649'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2010/05/ristolas-dictionnaire-historique-et.html' title='Ristolas (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/S_JNtkCn1ZI/AAAAAAAAAU0/Aqd6kPw-ik0/s72-c/Ristolas+151.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-2758198576256854337</id><published>2010-04-14T11:10:00.002Z</published><updated>2010-04-14T11:12:15.326Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre R. Troisième article.'/><title type='text'>Richard-Calve Blaise (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>Grâce à Aristide Albert, auteur en 1889 d’une Biographie-bibliographie (un inventaire des familles et hommes célèbres : cf. l’article portant ce titre) du canton d’Aiguilles et grâce à Mme Harriet Rosenberg (A Negociated World, pp. 77-89, « Blaise Richard-Calve, usurier et administrateur révolutionnaire »), on connaît les grandes lignes de la vie et de l’oeuvre de Richard-Calve. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est né à Abriès en 1756 dans une famille de marchands de fromages, d’articles de cuir et de laine. Ses parents, qui étaient aisés, lui ont fait suivre de « bonnes études » (dont il a retenu l’essentiel, ce qui apparaît clairement dans la maxime sculptée sur la façade de sa maison. Cf. « une inscription janséniste ? »). Il avait trois frères : Chaffrey, percepteur à Guillestre, Claude, marchand de fromages, Barthélémy, prêtre et une sœur, qui a épousé un notaire de Ristolas. Blaise Richard-Calve a été marié deux fois. En 1795, il a épousé la fille de François Berthelot, le notaire royal d’Abriès et « châtelain » du Queyras, morte en 1809 sans enfant ; en 1810, Euphrosine Gonssolin, 22 ans, fille d’un magistrat puissant de Grenoble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Blaise Richard-Calve n’était pas seulement cultivé, il était aussi riche et puissant. Au commerce d’articles de cuir et de la laine, comme il disposait de capitaux importants, il a ajouté le prêt d’argent. Ses débiteurs habitaient Abriès, le Queyras et même le Piémont. Parce qu’il prêtait à 5%, Harriet Rosenberg le qualifie d’usurier, injustement à notre sens. 5%, objectivement, ce n’est pas un taux usuraire, surtout de 1792 à 1806, années pendant lesquelles la crise des « assignats » et les troubles politiques ont fortement érodé la monnaie. De plus, nous savons que même des banques nationalisées n’ont pas hésité récemment (années 1980) à fixer leurs taux à plus de 20%. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’argent, une solide culture, de beaux mariages lui ont permis de faire une brillante carrière politique. Après 1790, il a été élu « président de l’administration centrale », ce qui lui a valu le surnom de Blaise Président. Ce poste équivaut à peu près à ceux de président de conseil général et de préfet réunis. Quand a été instituée la fonction de préfet, il a été nommé juge de paix du canton d’Aiguilles et il l’est resté jusqu'à sa mort en 1818. En qualité de président de l’administration des Hautes-Alpes, il a inauguré en l’an V de la République (1797-98) « l’Ecole centrale » du département et il a prononcé le discours inaugural, publié la même année à Gap. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le nom de Richard-Calve a été illustré aussi par le neveu du précédent, médecin, né à Abriès en 1799 et mort dans le même village en 1849, qui a soutenu à l’Université de Montpellier une thèse originale pour l’époque. Le sujet en est « la Gymnastique appliquée à l’hygiène et la thérapeutique ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il semble que les descendants de la famille Richard-Calve aient tous quitté Abriès. En 2002, le Maire de la commune, accompagné du garde champêtre, s’est rendu au cimetière pour constater que la tombe de la famille dont la concession date de la fin du XIXe s était à l’abandon et pour concéder l’emplacement à une autre famille.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-2758198576256854337?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/2758198576256854337/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=2758198576256854337' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2758198576256854337'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2758198576256854337'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2010/04/richard-calve-blaise-dictionnaire.html' title='Richard-Calve Blaise (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-5493904514440123041</id><published>2010-03-10T12:24:00.003Z</published><updated>2010-03-10T12:31:55.477Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre R. Deuxième article.'/><title type='text'>Révocation de l'Edit de Nantes (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>L'Edit de Nantes (1598) est révoqué en octobre 1685 par l’édit de Fontainebleau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais auparavant, pendant près de soixante ans, il a été lentement grignoté. Après 1620, dix ans après la mort d'Henri 1V, sous la régence de Marie de Médicis, puis sous Louis XIII et Richelieu, des dispositions de l'Edit de Nantes ne sont plus respectées. Les protestants sont contraints de renoncer peu à peu à leurs droits. François Bluche, dans son ouvrage intitulé &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Louis XIV&lt;/span&gt; (Fayard, 1986), § « La persécution des hérétiques », in chapitre XXI, « Unité nationale, unité religieuse », p 598 et suivantes, étudie toutes les lois, mesures, édits qui ont précédé sous le règne de Louis XIV l’édit de Fontainebleau, qui consacre par la loi un « état de fait ». Puisque, à cette date, il est censé ne plus y avoir de protestants dans le royaume, la législation octroyée en leur faveur par l'édit de Nantes n'a plus de raison d'être. En octobre 1685, Louis XIV interdit l'exercice public de la « religion prétendument réformée » et oblige les pasteurs, qui ne se seraient pas convertis dans les deux semaines, à quitter la France. Les enfants des protestants sont baptisés, instruits et élevés dans la religion romaine et, pour recouvrer leurs biens, les émigrés bénéficient d'un délai de quatre mois. Les interdictions d'émigrer sont rappelées « à peine pour les hommes de galères et de confiscation de corps et de biens pour les femmes ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De nombreuses mesures hostiles aux protestants ont été prises entre 1659 et 1664 : des temples ont été détruits ou fermés ; quelques clauses subsistantes de l'Edit de Nantes ont été interprétées « à la rigueur », des missions catholiques ont été envoyées dans les villes et villages restés fidèles à la Réforme, une caisse des conversions a permis d'accorder des primes aux protestants qui, en abjurant, rencontraient des difficultés d'argent, des bibles et des catéchismes ont été destinés aux protestants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est en 1679 qu’ont commencé les persécutions proprement dites : peines sévères prévues contre les relaps et les apostats, abjurations réglementées de façon contraignante, suppression des chambres mi-parties des parlements de Toulouse et de Grenoble, interdiction à tout catholique de se faire protestant. En novembre, un acte royal invite les magistrats à se rendre au chevet des malades pour tenter de les convertir. Le métier de sage-femme est interdit aux protestantes. En 1681, Louvois autorise en Poitou les dragonnades : l’obligation de loger des soldats est imposée aux protestants, les « nouveaux convertis » en étant exemptés pour deux ans. En juin, le roi décide que les enfants de protestants pourront choisir le catholicisme dès l'âge de 7 ans, l’âge de raison selon l'Eglise, et que les parents n'auront pas le droit de les faire éduquer à l'étranger. En 1681 et en 1682, les dragonnades se multiplient. Les clauses de l'édit de Nantes sont appliquées de façon de plus en plus restrictive. Au cours de l’été, des temples sont démolis à raison de deux ou trois par semaine. Les bâtards de protestants doivent être élevés d'autorité suivant les principes catholiques. Toute émigration est interdite aux marins et aux artisans protestants. L'accès aux professions de notaire, procureur, huissier, sergent, assesseur et auxiliaire de justice est interdit aux protestants. Il est interdit aux protestants de quitter le royaume, les biens des contrevenants sont confisqués. Il leur est interdit de s'assembler hors des temples et sans la présence des pasteurs. Sont affectés aux hôpitaux les biens qu’ils auraient donnés ou légués aux pauvres. En mars 1682, un édit prévoit le bannissement de tout ministre réformé qui aurait reçu la conversion d'un catholique. A partir de mai, dans chaque temple est réservé un lieu pour les informateurs de la police du roi. En juin, il est décidé que les enfants des nouveaux convertis seraient instruits dans la religion catholique. En 1684, les lois se succèdent : interdiction des cultes privés ou clandestins ; interdiction faite aux pasteurs d'exercer plus de trois ans dans un même lieu ; le rythme des consistoires est réduit : ils ne peuvent être tenus qu'en présence d'un juge royal. Les protestants ne peuvent pas être choisis comme experts. Le culte réformé est interdit dans les communautés qui comprennent moins de dix familles. En 1685, la compétence des quelques magistrats réformés en fonction au parlement de Metz est limitée ; des peines sont prévues contre les pasteurs « qui souffrent dans les temples des personnes que le Roi a interdit d'y admettre » ; les Français n'ont plus le droit de se marier à l'étranger ; les lieux de culte où les pasteurs auraient célébré des mariages mixtes sont détruits ; les protestants n'ont plus le droit d'engager des domestiques catholiques ; il leur est interdit d'être clercs de juge ou d'avocat, puis le barreau leur est interdit. Ils ne peuvent pas assister au culte en dehors du bailliage de leur résidence. Il leur est interdit de prêcher, d'écrire des oeuvres de polémique, de publier des ouvrages de théologie. La profession de médecin leur est interdite; les pasteurs ne peuvent demeurer à moins de six lieues des endroits interdits de culte. Les enfants de protestants ne peuvent avoir pour tuteurs que des catholiques. La moitié des biens des émigrés est dévolue à leurs dénonciateurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1665, dans le Queyras, près de deux cents chefs de famille ont abjuré, faisant de fait renoncer leur famille à la Réforme : « De nombreux missionnaires catholiques avaient été envoyés dans le Queyras ; secondés par les curés, par le pouvoir royal et par l'appât des avantages que l'on faisait aux convertis, ils eurent quelques succès » (Tivolier, Le Queyras, op cité, p 387). Au grand dam de ses co-religionnaires, un pasteur d'Abriès revient dans le giron de l'Eglise. En 1681, les deux consuls d'Abriès qui, depuis un siècle, étaient choisis parmi les protestants sont à nouveau catholiques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quatre ans plus tard, en 1685, les temples du Queyras sont rasés. Les pasteurs d'Arvieux et d'Abriès préfèrent s'expatrier plutôt que d'adjurer. De nombreux fidèles les suivent. C'est le début d'une importante émigration de Queyrassins vers la Suisse protestante et vers le Palatinat en Allemagne. Des protestants du Dauphiné, venant de Veynes, de Gap, d'Embrun, traversent le Queyras pour gagner la Suisse par les vallées vaudoises du Piémont et en essayant d'éviter la très catholique Savoie. En août et en septembre 1685, un régiment cantonne dans le Queyras. Les soldats ont reçu l'ordre de faire abjurer la population. Il suffit que le fidèle se signe dans une église pour que la conversion soit établie. Selon l’abbé Pierre Berge : « Certains protestants feignirent la conversion, mais au moment propice ils préférèrent abandonner leurs biens et s'expatrier plutôt que de pratiquer la religion catholique à laquelle ils n'avaient adhéré que de bouche et sous le coup des menaces » (cité par E. Bellon, in Dispersés à tous vents, p 39). &lt;br /&gt;En octobre 1685, quand l'édit de Nantes est révoqué, des troupes sont maintenues dans le Queyras. Leur entretien est mis à la charge des habitants. L'église Saint-Pierre d'Abriès est restaurée, agrandie, embellie. De plus en plus nombreux sont les protestants qui choisissent d’émigrer. Entre 1685 et 1690, quelque trois cents personnes partent d'Abriès pour s'établir en Suisse ou en Allemagne. Souvent leurs biens sont confisqués et donnés à ferme à de bons catholiques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au XVIIIe s, il reste quelques protestants dans les hameaux d'Abriès et dans la vallée de Molines et d'Arvieux. Comme les autres protestants du Royaume, ils pratiquent leur culte dans une clairière ou dans une prairie retirée. L'Edit de tolérance signé par Louis XVI en 1787 rend aux protestants la liberté de culte.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-5493904514440123041?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/5493904514440123041/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=5493904514440123041' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/5493904514440123041'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/5493904514440123041'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2010/03/revocation-de-ledit-de-nantes.html' title='Révocation de l&apos;Edit de Nantes (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-4059273727896465107</id><published>2010-02-14T10:04:00.003Z</published><updated>2010-02-14T10:10:22.517Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre R. Premier article.'/><title type='text'>Repères historiques (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/S3fMBtd3UcI/AAAAAAAAAUs/8IKobX00cUs/s1600-h/DSCN2648+(2).jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 240px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/S3fMBtd3UcI/AAAAAAAAAUs/8IKobX00cUs/s320/DSCN2648+(2).jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5438039404829954498" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Epoque gallo-romaine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il semble que le Queyras était peuplé avant le début de l'époque gallo-romaine. La mine de cuivre de Saint-Véran, aujourd'hui désaffectée, était exploitée à la fin du néolithique, à l'époque dite du chalchéolithique (époque du cuivre), il y a quatre mille ans environ. A l'époque gallo-romaine, le Queyras est habité par un peuple celto-ligure (c'est-à-dire gaulois) qui est connu sous le nom latin de Quariates (prononcez kwaryatès), dont le nom moderne de Queyras dérive. Quariates est le nom que les Romains ont donné à ce peuple, sans doute à partir de leur nom gaulois, dont on pense, à juste titre, qu'il était formé sur la racine cairn, qui signifie « rochers », « amas de rochers ». Un autre mot d'origine gauloise apparaît dans les toponymes ou noms de lieux du Queyras : c'est bric, qui signifie « montagne », que l'on trouve dans Bric Froid, Bric Bouchet et dans l'étymologie d'Abriès (*ad bricos). Le nom de Quariates est attesté dans les inscriptions. Il est gravé sur l'arc de triomphe qu'a érigé à Susa (en Italie, au pied du col du Mongenèvre), en l'an 8 avant J-C., le roi Cottius, en l'honneur de l'empereur Auguste. Il apparaît aussi sur une pierre gravée, utilisée plus tard comme linteau dans une chapelle des Escoyères, hameau de la commune d'Arvieux et qui semble avoir été le lieu à partir duquel se sont faites la romanisation, puis l'évangélisation du Queyras. Sur cette pierre partiellement tronquée, on peut lire une inscription latine, dont le texte a été reconstitué et suivant lequel un dénommé Albanus Bussulus a été préfet des Quariates et des Brigiani, peuple qui vivait dans la vallée de Briançon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moyen Age&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1050, le Briançonnais est donné en fief aux comtes d'Albon, dauphins du Viennois et il est intégré au Royaume indépendant du Dauphiné. Il est alors formé de cinq unités, dites « escartons », qui équivalent aux mandements : le Briançonnais, le Queyras, et trois vallées, qui sont italiennes depuis 1713, à savoir la vallée de la Doire Ripaire (Oulx, Sestrière, Exilles), le val Cluson (Pragelati, Fenestrelle), la haute vallée Varaita (Casteldelfino - en français Château-Dauphin - Pontechianale), lesquelles, réunies, constituaient le Grand Escarton. Chacun de ces escartons est composé de communautés, appelées aussi « universités ». Le Queyras en comptait sept : Ristolas, Abriès, Aiguilles, Ville-Vieille, Arvieux, Molines, Saint-Véran. En 1343, le Dauphin Humbert II, qui se trouve à court d'argent, à la suite des longues et ruineuses guerres qu'il mène contre la Savoie et de sa participation active aux croisades, vend aux communautés des cinq escartons une charte des libertés et des privilèges. En versant 12000 florins d'or et une rente annuelle de 4000 ducats d'or, les habitants deviennent « francs et bourgeois ». Des libertés publiques leur sont accordées. Ainsi, ils se réunissent librement pour délibérer de leurs affaires et élire leurs représentants, nommés « consuls ». Ils ont le droit de chasser et, en conséquence, celui de porter des armes. De fait, les cinq escartons ont longtemps formé ce que certains ont appelé (à tort) une République fédérative, qui aurait présenté des similitudes avec l'organisation démocratique des cantons helvétiques. &lt;br /&gt;En 1349, les besoins d'argent du Dauphin Humbert II n'ayant pas été satisfaits, le Dauphiné est cédé au roi de France. Le Dauphiné devient alors une province, dont l'histoire se confond dès lors avec celle de la France. Dans le Briançonnais et le Queyras, les escartons sont maintenus, les habitants ayant réussi à préserver les droits et les libertés qu'ils avaient payés cher six ans auparavant et pour lesquels ils continuaient à verser une rente annuelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;XVIe s, XVIIe s, XVIIIe s&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Queyras est troublé par de nombreux conflits, religieux et politiques. Des partisans du lyonnais Pierre Valdo (et nommés pour cela Vaudois), qui prônait dès le XIIe siècle une réforme de l'Eglise à laquelle il reprochait de se désintéresser des pauvres, cherchent à échapper aux persécutions et, pour cela, se réfugient dans les vallées reculées des Alpes, dont, dans le Piémont, celles Pellice et de Germanasca, qui jouxtent Abriès et Ristolas. C'est peut-être sous leur influence que les Queyrassins, au milieu du XVIe s, adhèrent massivement (à 80 %, estiment les historiens) aux propositions de réforme de l'Eglise, telles que les ont formulées Luther et Calvin, et deviennent donc protestants (cf. « guerres de religion » et « protestantisme »). Des troubles ont lieu de 1557 à 1598. Episodiquement, ils se transforment en batailles rangées. Des églises et des temples sont brûlés ; des familles massacrées. L'Edit de Nantes, dit édit de tolérance, met fin aux conflits. &lt;br /&gt;En 1685, à la suite de l'abrogation de cet édit (cf. « révocation »), décidée par Louis XIV, sous l'influence, semble-t-il, de Mme de Maintenon, de nombreux Queyrassins sont contraints de renoncer au protestantisme. Un certain nombre d'entre eux, 10% environ, estime-t-on, s'y refusent et préfèrent se réfugier en Suisse et dans le Palatinat, d'où certains essaimeront jusqu'aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud (cf. « émigration » et « émigrés »). Des irréductibles continuent à pratiquer en secret, la nuit et dans la montagne, le culte interdit. &lt;br /&gt;Tout au long du XVIIe s, et jusqu'en 1713 et même en 1748, la France a mené de longues guerres contre divers Etats européens ou vice versa. Lors de la guerre contre la Ligue d'Augsbourg, de 1690 à 1696, des miliciens vaudois, qui combattent pour le Duc de Savoie et qui sont nommés « Vallarins » et « Barbets » dans les archives du Queyras, franchissent à plusieurs reprises la frontière, pillent et incendient des villages, tuent des habitants, dans le but de venger les protestants victimes d’exactions. Des troupes du Roi de France ont souvent traversé le Queyras, ou y ont longuement stationné, soit dans les camps de Furfande, ou celui de Roue, soit chez les habitants. Ceux-ci sont contraints de fournir du bois, du fourrage, des céréales, des bêtes, des mulets aux armées (obligations dite de l’étape et du quartier). En 1699, une enquête publique, destinée à réviser les « feux », à partir desquels est établi l'impôt, fait apparaître un appauvrissement général des Queyrassins, ce qui a entraîné le départ de plusieurs familles vers des régions moins ingrates. &lt;br /&gt;En 1713, le traité d'Utrecht modifie la frontière entre la France et le Piémont. Un tracé naturel est choisi, nommé « crête des eaux pendantes », et qui correspond à la ligne de partage des eaux. Les vallées dont les eaux coulent vers l'Est et l'Adriatique reviennent au Piémont, celles dont les eaux coulent vers la Méditerranée, à la France. Le Grand Escarton, qui est à cheval sur cette nouvelle frontière, est démantelé : les trois escartons d'Oulx, du val Cluson et de Casteldelphino, deviennent piémontais. Une grande entité culturelle et historique est détruite. &lt;br /&gt;La Révolution abolit les anciennes institutions, communauté et escarton,  remplacés par celles qui sont toujours en vigueur, la commune et le canton.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;XIXe et XXe siècles&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1831, on recense dans les sept communes plus de 7600 habitants. C'est sans doute le chiffre le plus élevé de l'histoire du Queyras. Depuis cette date, la population ne cesse de décliner (cf. « démographie »). En 1881, les Queyrassins ne sont plus que 5032. Aujourd'hui, leur nombre n'excède pas 2000. En un siècle et demi, la population a baissé de près de 80 %. &lt;br /&gt;De 1833 à 1855, une route est construite dans la vallée du Guil, de Guillestre à Abriès. Elle remplace les antiques sentiers muletiers qu'empruntent parfois aujourd'hui les randonneurs. Entre 1905 et 1911, la portion de la route, entre Guillestre et La Maison-du-Roy, est déplacée et établie dans la falaise des Gorges, ce qui nécessite le percement de quatre tunnels. Dès lors, elle peut être empruntée assez facilement par les automobiles et les autobus. Le Queyras n'est plus isolé de la vallée de la Durance, ce qui, paradoxalement, a rendu l'exode plus facile. &lt;br /&gt;Pendant la guerre de 1914-1918, plus de deux cents jeunes Queyrassins meurent au front. Le Queyras comptant 4000 habitants environ, c'est 5% de la population qui disparaît : des hommes jeunes, qui ne seront pas remplacés. Pour le Queyras, c'est une vraie tragédie qui accentue la décroissance démographique (cf. « démographie »). &lt;br /&gt;Entre 1940 et 1960, le Queyras est touché par une succession de ces calamités qui ont si longtemps marqué son histoire : en 1940, occupation de La Monta, Ristolas, Le Roux par l'armée italienne ; en 1940 et en 1944, au cours des combats, incendie des villages d'Abriès, de la Monta, de Ristolas, du Roux. Près des trois-quarts des maisons de la commune d'Abriès sont détruites. En 1948, une avalanche détruit le hameau de l'Echalp, faisant plusieurs morts. En 1957, une crue catastrophique du Guil et de ses affluents détruit les routes, les ponts, emporte des maisons, des étables, des troupeaux. &lt;br /&gt;En 1950, le Queyras est transformé en une « zone-témoin ». L'objectif est de rénover l'agriculture et l'élevage. Des crédits, des aides, des subventions sont attribués au Queyras. En vain. L'économie agro-pastorale sur laquelle a été fondé pendant des millénaires le Queyras est en train de disparaître et, même dans certains villages, elle a disparu. &lt;br /&gt;Dans les années 1970, est créé, sous l'impulsion de M. Philippe Lamour, le Parc Naturel Régional du Queyras, qui englobe les sept communes historiques, auxquelles ont été ajoutées la commune de Ceillac, la réserve naturelle du Val d'Escreins (commune de Vars) et les Gorges du Guil, qui se trouvent sur les communes de Guillestre et d'Eygliers. La population cesse de décroître, et même augmente de façon notable, et parfois dans des proportions importantes, de plus de 50% à Abriès (cf. « mutations démographiques »). L'activité économique essentielle est devenue le tourisme. Le Queyras traditionnel des bergers, des faucheurs, des fruitières, des fromagers, des chalets d'estive cède peu à peu la place à un autre Queyras, très différent, celui des stations de sports d'hiver et des chemins de grande randonnée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-4059273727896465107?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/4059273727896465107/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=4059273727896465107' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/4059273727896465107'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/4059273727896465107'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2010/02/reperes-historiques-dictionnaire.html' title='Repères historiques (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/S3fMBtd3UcI/AAAAAAAAAUs/8IKobX00cUs/s72-c/DSCN2648+(2).jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-1015428452056795727</id><published>2010-01-18T07:07:00.003Z</published><updated>2010-01-18T07:14:55.923Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre Q. Troisième article.'/><title type='text'>Queyras en 1882 et en 1887</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/S1QKZbuqKLI/AAAAAAAAAUk/Mdb2V2FPR1Y/s1600-h/P1220388.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 240px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/S1QKZbuqKLI/AAAAAAAAAUk/Mdb2V2FPR1Y/s320/P1220388.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5427974882944755890" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;En 1882, V.A. Malte-Brun publie &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La France illustrée&lt;/span&gt;, ouvrage dans lequel des dizaines de pages sont consacrées au département des Hautes-Alpes (« histoire, géographie, statistique, administration »). En 1887, l'éditeur J. Migeon publie &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La France&lt;/span&gt;, un ouvrage, lui aussi illustré et destiné au grand public, dans lequel sont recensées les curiosités des différents départements. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ces ouvrages, les quelques pages consacrées aux Hautes-Alpes sont intéressantes, dans la mesure où elles révèlent la façon dont les hautes vallées étaient perçues alors et présentées aux lecteurs. Ainsi, les auteurs insistent sur l’isolement de ce département, « le moins peuplé » de France alors et ses conséquences : le développement économique y était alors entravé à la fois par une population trop peu nombreuse et surtout par l'insuffisance des voies de communication : « il y a cinq routes nationales, six routes départementales et 1225 chemins vicinaux. Aucune des rivières n'est navigable ni flottable ». En 1882, la ligne de chemin de fer reliant Gap à Briançon n’était pas encore construite. Un siècle plus tard, l'isolement des Hautes-Alpes (qui n’est plus aujourd'hui le département le moins peuplé de France) n'est toujours pas totalement brisé, bien que les spécialistes de l'aménagement prônent en vain depuis des années la construction de routes à quatre voies ou d'autoroutes reliant Gap à Briançon et à l'Italie, aux vallées de la Romanche, de l'Isère, du Rhône. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les principales ressources des habitants étaient tirées de l'élevage, surtout celui des ovins, et de l’exploitation de quelques mines. Les auteurs de ces ouvrages notent la réduction des surfaces boisées : « Les forêts qu'il y avait autrefois ont en grande partie disparu, mais depuis une dizaine d'années des mesures ont été prises pour les reboiser ; les principales essences qui les composent sont les pins, sapins, hêtres et mélèzes ». Parmi les forêts les plus denses, sont citées la forêt de Ceillac et celle de Marassan, qui s'étend sur les communes d'Abriès et d'Aiguilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon Malte-Brun, il y a deux curiosités (ou sites pittoresques susceptibles d’attirer les touristes et dont il recommande la visite)  dans le Queyras : Aiguilles et Château-Ville-Vieille. Aiguilles est « bâti en amphithéâtre sur le penchant d’un coteau au pied duquel le Guil (...). En face de ce bourg s’étend la forêt de Maressant, qui fut pendant six siècles (du XIIIe au XIXe) l’objet d’un procès entre les communes d’Aiguilles et d’Abriès. Une sentence arbitrale, confirmée par le tribunal civil de Briançon et par la cour d’appel de Grenoble a fixé pour limite une pierre dite Blanchironosus. On discute encore à propos de cette borne à Aiguilles et à Abriès » (cf. « procès entre communautés »). Château-Ville-Vieille est un « bourg de 911 habitants, divisé en deux parties. Le château s’élève sur la pointe d’un rocher que baigne le Guil. Au-dessus du portail s’élance une grande tour carrée. Ce château, d’origine féodale, passe pour être le chemin couvert de Briançon ».   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les curiosités du Queyras, recensées dans l’ouvrage de Migeon, sont plus nombreuses. Ce sont à Aiguilles une « pierre druidique connue sous le nom de Pierre Fiche » ; à Arvieux « un couvent de bénédictins tout en ruines, et inscription romaine au hameau des Escoyères » ; à Château-Ville-Vieille qui comprend deux agglomérations : « l'une, le Château-Queyras, que surplombe le fort du même nom ; l'autre, la Ville-Vieille, au confluent de l'Aigue Blanche et du Guil » ; à Molines-en-Queyras « une belle église, un pèlerinage à la chapelle Saint-Simon, située à 2200 mètres de hauteur, des aiguilles naturelles ou barêmes, terminés par un bloc marquant la hauteur du sol autrefois » ; à Ristolas « plusieurs lacs de peu d'importance » et « récemment mis au jour, un tombeau contenant des armes et divers objets celtiques » ; Saint-Véran, « le village le plus élevé de France, à plus de 2000 mètres d'élévation ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que retiennent les auteurs de ces ouvrages partiels et approximatifs et ce qui leur semble devoir être communiqué au grand public, ce sont ces curiosités, ainsi que les résultats des travaux des érudits du XIXe s. férus d'archéologie, de topographie, de toponomastique (ou étude des noms de lieu), d'épigraphie, d'inventaires. Ces travaux forment un savoir daté, qui semble être devenu désuet et qui n’intéresse plus guère les universitaires d’aujourd’hui, sauf à titre de curiosités. Dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Queyras&lt;/span&gt;, J. Tivollier cite parmi ces érudits A. Albert, J. A. Chabrand, A. de Rochas d'Aiglun, J. Roman, Tournier,  Fl. Valentin.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-1015428452056795727?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/1015428452056795727/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=1015428452056795727' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1015428452056795727'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1015428452056795727'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2010/01/queyras-en-1882-et-en-1887.html' title='Queyras en 1882 et en 1887'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/S1QKZbuqKLI/AAAAAAAAAUk/Mdb2V2FPR1Y/s72-c/P1220388.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-9031214569411006609</id><published>2009-12-23T10:53:00.003Z</published><updated>2010-01-18T07:07:17.338Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre Q. Deuxième article.'/><title type='text'>Queyras calcaire et Queyras schisteux  (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>D’un point de vue géologique, le Queyras est fait de deux sortes de roches : à l’Est, les schistes lustrés du Piémont, qui occupent les deux tiers environ de la superficie de la vallée, et à l’Ouest, les calcaires et les calcaires en plaquettes, au milieu desquels s’étend, du col Izoard (commune d’Arvieux) au col Tronchet (commune de Ceillac) une étroite bande de gypses et de cargneules. Dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Queyras&lt;/span&gt;, le général Guillaume insère, page 21, une carte très claire et facile à comprendre de la géologie du Queyras. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Cette opposition géologique est très importante sur le plan historique et culturel. Dans la zone de schistes lustrés, se trouvent les six communes de Ristolas, Abriès, Aiguilles, Molines, Saint-Véran, Château-Ville-Vieille, ainsi qu’une partie de la commune d’Arvieux, lesquelles forment le Queyras historique - celui qui se confond avec l’ancien escarton et qui correspond au canton d’Aiguilles. En revanche, dans le Queyras calcaire, se trouvent Ceillac et la partie est de la commune de Guillestre, lesquelles n’ont pas participé à l’histoire du Queyras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, cette double structure géologique détermine deux sortes de paysages, très différents les uns des autres. A l’Est, entre Guillestre et l’Ange Gardien, c’est les Gorges du Guil, puis la Combe du Queyras, creusées dans le Queyras calcaire, faites de barrières rocheuses, de falaises abruptes, de gorges profondes. Le général Guillaume, p 20, écrit : « Lorsque le voyageur remonte les gorges du Guil (...) entre Guillestre et le confluent de la rivière d’Arvieux, il se défend difficilement contre une sensation d’oppression, d’angoisse même, entre les gigantesques falaises qui le dominent de part et d’autre et semblent prêtes à l’écraser de leur masse ».  &lt;br /&gt;Dans ce Queyras calcaire, on distingue deux réalités géographiques. La première, dite « les Gorges du Guil », s’étend de Guillestre à la Maison-du-Roi ; la seconde, dite « la Combe du Guil », va de la Maison-du-Roi à l’Ange Gardien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus à l’Est, les paysages changent. Aux falaises abruptes, succèdent les larges vallées, les pentes douces, les vastes alpages. Le géographe Raoul Blanchard, grand spécialiste des Alpes et auteur d’une courte monographie de Saint-Véran, en explique les raisons ainsi : « Les schistes sont tendres (...) ; ils se sont laissé tailler largement par l’érosion jusqu'à donner ces vastes ensellements qui contrastent avec les étroits couloirs dont sont creusées les roches dures du Briançonnais ». A propos des vallées de Molines et de Saint-Véran (entre 1900 et 2100 m d’altitude), il précise : « (...) s’est conservée une véritable vallée suspendue, aux formes douces, bien différentes de celles du Guil, et unique en Queyras à la fois par son modelé favorable et ses vastes dimensions ».&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-9031214569411006609?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/9031214569411006609/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=9031214569411006609' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/9031214569411006609'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/9031214569411006609'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2009/12/queyras-calcaire-et-queyras-schisteux.html' title='Queyras calcaire et Queyras schisteux  (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-2992188317779401483</id><published>2009-11-14T17:01:00.004Z</published><updated>2009-11-14T17:08:20.034Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre Q. Premier article.'/><title type='text'>Querelles scolaires : le débat dans le Queyras (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/Sv7j-kSRmqI/AAAAAAAAAUc/M8ZfG0PzZKM/s1600-h/Pont+reconstruit.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 240px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/Sv7j-kSRmqI/AAAAAAAAAUc/M8ZfG0PzZKM/s320/Pont+reconstruit.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404007266922896034" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas aisé de traiter de l'école, de son histoire ou de ses histoires, de l'alphabétisation, des lois scolaires, avec la sérénité détachée qui convient à l'étude de ces questions. Non pas que les documents manquent, bien au contraire, ils seraient même trop nombreux. En effet, depuis le XIXe s, les militaires mesurent à l'aide de tests les compétences scolaires des recrues. Dès le milieu du XIXe s, les administrateurs du ministère de l'instruction publique ont étudié les effets que les grandes lois ont eus sur l'alphabétisation des Français. Dans nos universités, des dizaines de thèses sont soutenues chaque année, dans lesquelles les auteurs analysent les lois scolaires, l'histoire de l'éducation depuis l'Antiquité, les théories diverses en matière de pédagogie, les règlements, les programmes, les instructions ministérielles, etc. &lt;br /&gt;Bref, ce ne sont pas les faits établis qui suscitent les passions, mais les interprétations que les historiens ou les idéologues ne manquent pas de proposer, car tout ce qui touche de près ou de loin l'école fait l'objet de surenchères idéologiques. Sans verser dans une caricature déplacée, rappelons que, depuis deux siècles et même davantage, un débat passionné, donnant lieu à d'incessantes polémiques, oppose les tenants de deux conceptions de l'école, qui s'objectent les uns les autres des arguments parallèles. Pour les uns, la religion et les enseignements qu'elle diffuse sont seules sources de lumières, pour les autres d'obscurantisme. Pour les uns, seule la raison peut éveiller le jugement ; pour les autres, elle n'est qu'aveuglement, si elle n'est pas fondée sur la foi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les écrivains queyrassins qui ont traité de l'instruction ont participé eux aussi à ce débat, aussi bien l'abbé Jacques Gondret que l'abbé Pierre Berge. Loin de moi l'idée saugrenue de le leur reprocher, car leur intention était d'infirmer les préjugés méprisants, largement répandus chez les habitants des villes et suivant lesquels les paysans des montagnes n'auraient été que des êtres abrutis, stupides et ignorants. &lt;br /&gt;Dans son excellente Monographie de Saint-Véran (1928), Pierre Berge montre, comme tous les auteurs, que, dès le XVIe s, les familles du Queyras tenaient à ce que leurs enfants, garçons ou filles, reçussent, l'hiver durant, une véritable instruction. Pourtant, ce prêtre cultivé, intelligent, généreux, qui exalte les bienfaits de l'instruction et attribue de grands mérites à ceux qui ont fait des études, exprime son hostilité aux lois de 1882 (dites lois Jules Ferry) qui ont rendue obligatoire l'instruction publique pour les garçons et filles âgés de 6 à 13 ans. Ce n'est un paradoxe qu'en apparence et l'analyse qu'il fait de ces lois et des effets qu'elles ont eus dans le Queyras mérite d'être évoquée. Sa critique porte non pas sur les principes, mais sur les conditions que le législateur a imposées aux futurs instituteurs pour qu'ils aient le droit d'enseigner, à savoir être titulaires du brevet de capacité délivré par les autorités académiques. Cette condition peut se justifier dans la mesure où il n'est pas anormal que l'Etat, comme tout employeur, exige des maîtres qu'il rémunère qu’ils aient des compétences attestées par un diplôme ou un certificat d’aptitude. Or, selon Pierre Berge, cette exigence a eu des conséquences néfastes. Ont été exclus de l'enseignement les maîtres queyrassins, formés sur le tas, expérimentés, mais qui n'étaient pas titulaires de ce brevet, et qui ont été remplacés par de jeunes maîtres issus des écoles normales, venus des villes ou d’autres vallées des Hautes-Alpes, et qui, à peine nommés dans le Queyras, n'avaient pour objectif que d’en partir le plus vite possible. A chaque rentrée, de nouveaux instituteurs, encore plus inexpérimentés que les précédents, les remplaçaient. De fait, ce fut la fin des écoles communautaires et du système scolaire que les Queyrassins avaient inventé et qui les avait satisfaits pendant des siècles. On comprend que l'abbé Berge éprouve de la nostalgie pour ce système qu'il admire. De cela, il conclut : « Le niveau de l'instruction a baissé et bientôt il n'y aura pas un homme capable de faire un maire » (p 194). &lt;br /&gt;En réalité, les réussites scolaires qu'ont connues pendant tout le XXe s. de nombreux Queyrassins infirment en partie cette conclusion un peu amère. Et s'il risquait de ne plus y avoir à terme de maire compétent, la cause de cela tenait plus à l'émigration massive qu'au fait que les régents de village ont été remplacés par des instituteurs fonctionnaires.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-2992188317779401483?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/2992188317779401483/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=2992188317779401483' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2992188317779401483'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2992188317779401483'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2009/11/querelles-scolaires-le-debat-dans-le.html' title='Querelles scolaires : le débat dans le Queyras (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/Sv7j-kSRmqI/AAAAAAAAAUc/M8ZfG0PzZKM/s72-c/Pont+reconstruit.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-1555527953943767103</id><published>2009-10-29T15:51:00.004Z</published><updated>2009-10-29T16:03:45.476Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre P. Onzième article.'/><title type='text'>Protestantisme (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/Sum81aLl-CI/AAAAAAAAAUU/SJLSKv_IRHo/s1600-h/Clocher+%C3%A9glise+du+Roux.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 240px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/Sum81aLl-CI/AAAAAAAAAUU/SJLSKv_IRHo/s320/Clocher+%C3%A9glise+du+Roux.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5398053254127286306" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cf. article Neff (Félix)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos du protestantisme queyrassin, quelques questions restent en suspens, qu'il est possible d'exposer, mais qu'il est mal aisé de trancher. Pourquoi le Queyras est-il devenu protestant ? La question doit être posée dans la mesure où les facteurs qui sont à l’origine de la Réforme en Europe, à savoir la richesse de l'Eglise, la corruption d'une partie du clergé, l'oubli du message évangélique, étaient moins largement répandus dans le Queyras qu'ailleurs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le développement du protestantisme a, semble-t-il, été préparé par les hérétiques vaudois qui ont essaimé dans le Dauphiné et se sont établis dans les vallées piémontaises contigües d'Abriès et de Ristolas. Les Vaudois qui étaient appelés aussi les pauvres de Lyon étaient des partisans de Pierre Valdes ou Valdo, d'où leur nom est tiré. Comme ils pensaient que les laïcs pouvaient administrer eux-mêmes les communautés, ils refusaient d'obéir au clergé. Jugés hérétiques, ils furent pourchassés. Selon Jean Tivollier, les archives datant de 1339 attesteraient que « quelques Vaudois du Queyras furent arrêtés et renfermés au château de Briançon » (&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Queyras&lt;/span&gt;, tome II, p 369). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Combien de Queyrassins ont-ils adhéré à la Réforme ? Les historiens pensent que la majorité de la population a adhéré au nouveau culte. En 1660, à Abriès, dont la population atteignait près de 1800 habitants, les catholiques ne représentaient que quinze familles, soit environ de 75 à 100 personnes (moins de 10% de la population). Les autres villages étaient protestants à 80 %. Seuls les hameaux du Coin, commune de Molines, et de Souliers, commune de Château-Queyras, sont restés en totalité catholiques, ainsi que Ceillac, qui faisait partie de 1'Embrunais. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans quelle mesure l'adhésion au nouveau culte a-t-elle été le fait de la libre volonté des habitants ? La question doit être posée. Rappelons que les troupes protestantes étaient supérieures en nombre et qu'elles occupaient la vallée. Dans ces conditions, il est aisé de faire pression sur les hésitants et les tièdes. Quatre siècles après les événements, il est impossible de sonder les reins et les coeurs pour décider si les Queyrassins ont basculé volontairement ou non dans la Réforme. Devenue protestante, la vallée a été divisée en trois paroisses Arvieux, Molines et Abriès. C'est peu, moins que du temps où elle est redevenue catholique. Etait-ce dû au manque de pasteurs ou de temples, ou bien à la volonté de réunir les fidèles pour mieux les contrôler ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que reste-t-il du protestantisme ? Au XVIIIe siècle, quelques protestants, qui n’avaient pas fui à l’étranger ou qui n’avaient pas abjuré, continuaient à célébré leur culte clandestinement dans les hameaux de la commune d'Abriès et dans la vallée de Molines et d'Arvieux. Comme les autres protestants du Royaume, ils pratiquaient ce que l'on appelle le culte du désert dans une clairière ou dans une prairie retirée. Deux ans avant la Révolution, en 1787, la liberté de culte a été rétablie ; une paroisse réformée s’est reconstituée à Arvieux, avec des annexes à Saint-Véran et à Fontgillarde. Mais dans la vallée du Guil, à Ristolas, Abriès, Aiguilles, Ville-Vieille, il semble bien que le protestantisme qui fut triomphant pendant plus d'un siècle ait disparu. Dans toutes les vallées du Queyras, ont été érigés partout de petits édifices religieux, souvent très émouvants, tels des croix, des oratoires, des chapelles, lesquels sont les signes visibles du catholicisme victorieux. La question qui se pose est la suivante : ces innombrables petits édifices sont-ils les signes d'une vraie foi, libre et sereine ? Ou bien résultent-ils de la volonté des autorités de renforcer, en la rendant visible, une foi hésitante et d'effacer toute trace de déviation, qu'elle soit protestante ou révolutionnaire ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-1555527953943767103?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/1555527953943767103/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=1555527953943767103' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1555527953943767103'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1555527953943767103'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2009/10/protestantisme-dictionnaire-historique.html' title='Protestantisme (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/Sum81aLl-CI/AAAAAAAAAUU/SJLSKv_IRHo/s72-c/Clocher+%C3%A9glise+du+Roux.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-7367091703383946891</id><published>2009-10-07T15:24:00.000Z</published><updated>2009-10-07T15:26:04.092Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre P. Dizième article.'/><title type='text'>Prospérité relative (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>Prospérité (relative)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les Queyrassins âgés qui jouissent aujourd'hui du même niveau de vie mutatis mutandis que les autres Français se souviennent des temps difficiles de leur jeunesse et de ceux, plus durs encore, que leurs ancêtres auraient vécus ; ils parlent des repas frugaux à quoi ils étaient condamnés chaque jour, beaucoup de pain, de la soupe le matin et de la soupe au lait le soir, des pommes de terre et du lard ; des mêmes vêtements qu'ils portaient longtemps ; des souliers dont ils se chaussaient jusqu'à l'usure totale de la semelle ; du peu d'argent qu'ils gagnaient ; des disettes ; etc. &lt;br /&gt;Depuis un siècle et demi, ceux qui écrivent sur le Queyras insistent sur la pauvreté, voire sur la misère des paysans de ces hautes vallées. En se fondant sur ce qu'ils ont lu dans les anciennes chroniques, dont les fameux transitons de Molines, Pierre-Grosse, Fontgillarde, ou les cahiers des procureurs d'Arvieux, ils réduisent parfois la vie de ces hautes vallées à la longue énumération des calamités de toute sorte qui les ont frappées, dont les épidémies de peste, les crues, les intempéries, les loups, les incendies, les avalanches, les gelées et les disettes, auxquels s'ajoutent les guerres et leurs conséquences, destructions de biens, morts d'hommes, présence de troupes ennemies ou alliées qu'il fallait nourrir, donnant ainsi l'impression qu'au Queyras était échu pour seul lot le malheur. Le général A. Guillaume a même sous-titré son admirable ouvrage Le Queyras « splendeurs et calvaire d'une haute vallée alpine », les splendeurs revenant aux paysages, le calvaire aux habitants. &lt;br /&gt;Il ne s'agit pas de contester ces faits avérés. De toute évidence, l'économie agro-pastorale, qui a servi pendant des siècles de fondement au Queyras, a subi une crise profonde, qui dure encore aujourd'hui, au point que cette économie survit grâce à des aides publiques et que le pays a failli devenir, si cette économie n'avait pas été remplacée par le tourisme, une sorte de vaste désert montagneux. Pourtant, ce serait une erreur de projeter dans un passé relativement éloigné - disons du XIVe au XVIIIe s - une crise économique qui a caractérisé les XIXe et XXe s. Le passé n'est pas nécessairement à l'image de notre présent, ni le passé lointain à celle du passé proche. La crise de l'économie agro-pastorale, à la suite de laquelle les Queyrassins se sont appauvris et ont vu leur niveau de vie se dégrader, a éclaté dans les années 1830-1850 et s'est manifestée par une baisse importante du prix des fromages, du beurre, des veaux et des agneaux, dont la vente produisait les principaux revenus des paysans éleveurs du Queyras. &lt;br /&gt;Il n'en a pas toujours été ainsi. En effet, une analyse objective permet de penser que, pendant plusieurs siècles et jusqu'au début du XIXe s, l'économie du Queyras a été relativement prospère (relativement, c'est-à-dire par rapport à celle d'autres régions agricoles du Sud de la France) et que les Queyrassins ont joui d'un niveau de vie relativement élevé. Plusieurs faits l'attestent. Il est question chez les meilleurs auteurs de charte des libertés, concédée par le souverain du Dauphiné (le dauphin Humbert II) en 1343 aux habitants des cinq escartons du Briançonnais. Ce ne fut pas par grandeur d'esprit que le Dauphin accorda ces libertés, mais par intérêt financier bien compris et parce que, à la suite des nombreuses guerres qui l'avaient opposé au Royaume de Savoie, étant à court d'argent, la banqueroute menaçait son Etat. Si les Queyrassins ont payé cette charte, c'est manifestement qu'ils étaient en mesure d'assurer leur survie quotidienne et qu'ils pouvaient consacrer le reste de leurs revenus à racheter ces libertés, lesquelles leur assuraient de nouveaux revenus et leur permettaient d'envisager des investissements importants, en particulier en utilisant l'eau des torrents pour creuser des canaux, irriguer et faire tourner des moulins. &lt;br /&gt;Si l'on étudie les contrats de mariage et les testaments d'un strict point de vue économique, comme l'a fait de façon très éclairante Mme Rosenberg, il ne fait aucun doute que les Queyrassins, sans rouler sur l'or bien entendu, tiraient de leurs activités des revenus qui n’étaient pas négligeables. Au XVIIIe s, Abriès compte des journaliers, c'est-à-dire des ouvriers agricoles payés à la journée. Dans toute la France du Sud, l'héritage de ces journaliers est constitué d'outils (faux, râteaux, pelles, faucilles, marteaux, couteaux, etc.). Il en va différemment dans le Queyras, où les journaliers ne forment pas un sous-prolétariat rural. Ils se marient ; ils acquièrent des biens ; ils rédigent des testaments. En 1748, l'un d'eux, d'Abriès, lègue à chacun de ses enfants, garçons et filles, et à ses petits-enfants des sommes allant de 9 à 80 livres (80 livres étant alors le salaire annuel d'un maître d'école). C'est une succession importante, laquelle, à n'en pas douter, est inférieure à celle des paysans propriétaires - ce qui explique entre autres raisons que tant de notaires aient pu maintenir une étude jusque dans les plus petits village du Queyras (il y en avait un à Ristolas et deux à Abriès) - et point important à noter : à une époque où, jusqu'à la Révolution, le droit d'aînesse régissait les successions, tous les enfants d’un défunt, quel que soit leur sexe, avaient droit à une part de l’héritage. Les ingénieurs des armées royales, de la Blottière et Ricord, qui ont longtemps résidé dans les hautes vallées, à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe s., ont été étonnés de constater que les Queyrassins jouissaient d’une relative prospérité. Harriet Rosenberg les cite souvent dans A Negociated World. &lt;br /&gt;Enfin, comme dernier indicateur de prospérité relative, on doit citer l'instruction précoce et massive des Queyrassins, hommes et femmes, dès le XVIe s (et peut-être avant). C'est une situation exceptionnelle dans la France du Sud, et même souvent meilleure que dans les villes riches et prospères du bassin parisien. &lt;br /&gt;Bien entendu, cette prospérité était relative. Autrement dit, elle n'a de réalité que si elle est comparée à la situation dans d'autres régions rurales. Les conditions de vie dans le Queyras ont été longtemps (jusqu'au début du XIXe s) moins mauvaises qu'ailleurs, dans le Sud et l'Ouest de la France - ce qui explique entre autres causes la croissance de la population. Dans toutes les campagnes d'Ancien Régime, la règle était le fermage ou le métayage ou le salariat agricole. Les paysans cultivaient des terres qui ne leur appartenaient pas. Ils habitaient des masures dont ils n'étaient pas propriétaires. Le bétail qu'ils élevaient était le cheptel d’un autre. Dans le Queyras, il en allait différemment. Presque tous les habitants étaient propriétaires, ce qui explique, entre autres facteurs, que le phénomène de l’émigration définitive ait été rare avant 1830. Ils possédaient des terres, leur maison, leurs outils et du bétail, ovin et bovin, un mulet. Forêts, alpages, pentes abruptes formaient les communaux que les habitants géraient eux-mêmes. Fours et moulins étaient des biens collectifs. Tout cela représentait un capital qui avait une valeur et générait des revenus.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-7367091703383946891?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/7367091703383946891/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=7367091703383946891' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7367091703383946891'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7367091703383946891'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2009/10/prosperite-relative-dictionnaire.html' title='Prospérité relative (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-7877439821563230086</id><published>2009-09-04T05:52:00.002Z</published><updated>2009-09-04T05:57:33.553Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre P. neuvième article.'/><title type='text'>Procès entre communautés (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Dans son ouvrage intitulé &lt;span style="font-style:italic;"&gt;A negociated World&lt;/span&gt;, Mme Harriet Rosenberg, qui a étudié l’histoire sociale et économique d’Abriès pendant trois siècles, du XVIe au XVIIIe s., met en exergue un trait qui a longtemps caractérisé la vie publique dans le Queyras et qui, selon elle, contribue à définir les mentalités queyrassines. Ce trait apparaît dans l’adjectif &lt;span style="font-style:italic;"&gt;negociated&lt;/span&gt; que l’on traduit par « compromis ». Dans leur histoire, les Queyrassins ont manifesté un goût prononcé pour la négociation non seulement dans les affaires commerciales, mais aussi pour régler les différends entre familles ou pour régir les questions collectives. Très tôt alphabétisés, ils étaient très attachés au droit écrit. La Charte qu’ils ont signée en 1343 avec le Dauphin et grâce à laquelle ils ont négocié en les payant de larges libertés publiques, d’une ampleur inconnue ailleurs (cf. les articles « chartes de liberté » et « charte de 1343 »), atteste cela. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le chapitre « un incroyable degré de vanité : institutions, politique et pouvoir », Mme Rosenberg cite des ingénieurs militaires de Vauban ou des intendants du royaume qui, tous, dans des rapports écrits ou dans des lettres, témoignent de la farouche volonté des Queyrassins de faire valoir leurs droits, évoquant même un esprit public qui définirait selon eux une « république » quasiment autonome. &lt;br /&gt;Or, si des différends ont opposé les sept communautés à l’administration du royaume ou aux communautés de l’Embrunais (ainsi, à propos des nombreux ponts de la Combe détruits par les crues : à qui revenait la charge de les refaire ? Aux "propriétaires" de Guillestre ou aux utilisateurs queyrassins ?), des différends ont aussi opposé les communautés, et cela à propos des droits de chacune d’elles, du bornage, du pacage ou de l’affouage. Une des causes les plus courantes de conflit était les forêts, au sujet desquelles les communautés n’hésitaient pas à intenter les unes contre les autres de longs et coûteux procès, soit parce que la négociation n’avait pas pu déboucher sur des « compromis », soit parce que les institutions de l’escarton étaient mal adaptées pour régler ces conflits, soit parce que les intérêts en jeu étaient si forts qu’aucun compromis n’était possible. Ces faits montrent les limites de l’admirable thèse de Mme Rosenberg. Le compromis, dont elle pense qu’il caractérisait le Queyras d’ancien régime, s’interrompait au pied de la falaise des intérêts, que seul des procès en séries pouvaient concilier en partie. &lt;br /&gt;Les archives du Queyras sont pleines des minutes de ces procès. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les historiens - surtout Jean Tivollier et Claude Isnel - en ont relevé et cité, sans les mettre en relation avec les structures sociales et les mentalités culturelles. Rappelons-en quelques-uns. &lt;br /&gt;Les prés de Pra-Patris et la forêt de Riou Vert se trouvent sur le territoire de la commune de Ceillac, à la limite des communes de Guillestre, Molines et Château-Ville-Vieille. Les habitants de Molines avaient le droit d'y faire paître leur bétail et d’y couper du bois. Ceillac, alors, ne faisait pas partie de l’escarton du Queyras, mais dépendait d’Embrun. Comme la population augmentait régulièrement et que les terres manquaient, d’innombrables conflits, portant sur du bétail et des biens saisis, ont éclaté et des procès interminables ont opposé les deux communautés du XIVe à la fin du XVIIIe siècle. &lt;br /&gt;La forêt de la Fusine, qui se trouve en aval de l’Ange Gardien et qui occupe la partie sud de la commune d’Arvieux, a été « albergée » (suivant le mot employé dans les contrats établis à la fin du Moyen Age, c’est-à-dire, en français moderne, « concédée ») à la « communauté » de Saint-Véran (dont le territoire était - et est toujours - presque dépourvu de forêts), qui en obtint la jouissance à perpétuité. Les habitants de Château-Queyras, le village le plus proche de la forêt, se sont sentis spoliés, contestèrent cet « abergeage » et engagèrent des procès interminables pour que leurs droits sur la forêt soient rétablis. &lt;br /&gt;La forêt de Marassan, une des plus belles et des plus anciennes du Queyras, couvre les ubacs de la rive gauche du Guil, entre Abriès et Aiguilles. Elle s’étend sur les territoires des deux communes, même si elle occupe plus d’hectares à Abriès qu’à Aiguilles. Pendant des siècles, les deux communautés sont entrées en conflit au sujet du bornage de leur domaine respectif. L’enjeu était important. A laquelle des deux communautés revenaient le bois, source d’importants revenus, et les pâturages de la forêt ? Le premier procès eut lieu en 1387 et le dernier en 1834. Les sentences rendues, qui confirmaient les droits d’Aiguilles sur une partie de la forêt, ont été contestées par Abriès, ce qui donnait lieu à de nouveaux procès. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces faits avérés sont très importants pour comprendre ce qu’a été le Queyras et ce qu’il est encore peut-être. D’abord, bien que les folkloristes de la fin du XIXe siècle dernier et de la première moitié du XXe aient insisté sur la richesse foisonnante des traditions orales, le Queyras est aussi une vallée rurale de culture et de traditions écrites, les deux traditions, orale et écrite, ne s’excluant pas nécessairement. Ensuite, ces traditions écrites ne sont pas seulement littéraires ou en relation avec l’instruction précoce ; elles sont aussi - et surtout - juridiques et avaient pour fonction d’assurer la pérennité des intérêts supérieurs des communautés. Enfin, il faut se garder des visions idylliques de l’ancien escarton que l’on peut lire ici ou là sous la plume des historiens locaux. De violents conflits d’intérêt ont opposé les communautés. Cela a eu pour conséquence de renforcer les particularités de chacune d’elles, ce qui permet, entre autres facteurs, d’expliquer la défiance persistante qui caractérise parfois les relations nécessaires qu’entretiennent les communes actuelles. La solidarité entre les communautés n’était pas aussi étroite, sereine et forte qu’on ne le dit et écrit ici ou là, de sorte que, quand échouait la négociation, les différends étaient portés devant la justice du Dauphiné : c’est-à-dire, en fin de compte, celle de l’Etat centralisateur.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-7877439821563230086?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/7877439821563230086/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=7877439821563230086' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7877439821563230086'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7877439821563230086'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2009/09/proces-entre-communautes-dictionnaire.html' title='Procès entre communautés (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-312440614365534403</id><published>2009-07-17T10:45:00.001+01:00</published><updated>2009-07-17T10:47:41.443+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre P. Huitième article.'/><title type='text'>Pouvoirs féodaux (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Le pouvoir du Dauphin est limité par l'aristocratie locale nombreuse. Vassale, elle participe à l'exercice de la justice et contrôle en partie la vie économique. Il y a donc coseigneurie. Les nobles se répartissent en trois « pareries » : les nobles d'Arvieux, ceux de Molines, les challains de Château-Queyras, les plus puissants. Cette coseigneurie a pour origine non pas les chevaliers qui auraient participé à l'expulsion des Sarrasins, comme le propose Fauché-Prunelle, mais des soldats qui, avec le pouvoir comtal, ont encadré les paysans qui ont colonisé les hautes vallées. Elle dure jusqu'au début du XIVe s. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Dauphin cherche à renforcer son pouvoir. Lors des enquêtes du XIIIe s, les scribes dressent l'inventaire ou « summa » des revenus que le pouvoir peut attendre de chaque paroisse ; puis ils additionnent les revenus de chaque paroisse pour évaluer les revenus du Queyras ou « summa grossa ». Ils s'efforcent d'établir un revenu moyen, en gommant les aléas des récoltes. La fiscalité est aggravée de trois manières : par la recherche tatillonne des droits existants, par l'augmentation d'anciennes redevances, par l'apparition d'exigences nouvelles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux affaires illustrent ce renforcement du pouvoir central. Le Dauphin s'empare des biens d'un grand seigneur, mort sans héritier direct, le sénéchal de Vizille, qui possédait des terres et des droits dans le Queyras. Il déchoit Obert Auruce, très puissant dans le Val Cluson. Il mène une politique plus rude encore envers l'administration locale, la mistralie (ou baylie). La noblesse du Haut Dauphiné est trop pauvre pour s'opposer à lui. Le revenu moyen d'une famille noble est de 3 livres, celui d'A. Bermond environ 6 sous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'aristocratie s'appauvrissant, elle aliène ses biens ou s'endette, pour faire face à la hausse des prix et à la croissance démographique. Peu à peu, les nobles sont absorbés par le monde roturier et la noblesse disparaît des hautes vallées au XVe s. Au même moment, émerge dans la société paysanne une minorité aisée et apparaît un nouveau pouvoir : la communauté rurale (ou université), dont le nom est souvent cité dans les enquêtes de 1265. Elle conserve des documents, contrôle certaines taxes, gère des moulins. Au XIVe s, elle obtient d'autres pouvoirs : elle décide des coupes de bois, perçoit des revenus, participe à la répartition des charges, acquiert des offices, etc.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-312440614365534403?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/312440614365534403/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=312440614365534403' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/312440614365534403'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/312440614365534403'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2009/07/pouvoirs-feodaux-dictionnaire.html' title='Pouvoirs féodaux (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-4033992480106006182</id><published>2009-06-23T19:42:00.003+01:00</published><updated>2009-06-23T19:53:10.537+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre P. Septième article.'/><title type='text'>Population du Queyras au XIXe siècle (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SkEkiGSmd9I/AAAAAAAAAUM/Zt_3NEcreQk/s1600-h/DSC00037.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 240px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SkEkiGSmd9I/AAAAAAAAAUM/Zt_3NEcreQk/s320/DSC00037.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5350598000515643346" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SkEkZJcHE6I/AAAAAAAAAUE/WRoCiTRF97Q/s1600-h/RF+en+eau_5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 212px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SkEkZJcHE6I/AAAAAAAAAUE/WRoCiTRF97Q/s320/RF+en+eau_5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5350597846742012834" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Dans la livraison du deuxième trimestre de 1908 du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Bulletin de la Société d’études des Hautes-Alpes&lt;/span&gt; (Gap, 27e année, troisième série, n° 26), l’Abbé Paul Guillaume, dans un article intitulé « Mouvement de la population des Hautes-Alpes au XIXe s. », publie, dans des tableaux, les dénombrements quinquennaux de la population par commune et par canton de 1796 à 1906, en compilant les résultats des recensements qui ont eu lieu entre des deux dates (tous les cinq ans, sauf entre 1806 et 1826, en 1817 et 1820) et qui sont conservés aux Archives départementales de Gap. Il ajoute à ces chiffres officiels les deux estimations de 1698 et de 1790. La conclusion se ramène à ce constat : &lt;br /&gt;« D’après l’examen des résultats de chaque dénombrement, il est facile de constater que la population s’accroît rapidement durant la première moitié du XIXe s., au moins jusqu’en 1846 ou 1851 ; mais, à dater de cette dernière époque, le mouvement devient rétrograde et la population diminue dans des proportions considérables ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est vrai des Hautes-Alpes l’est aussi du canton d’Aiguilles (le Queyras historique), où la décroissance de la population commence plutôt que dans le reste du département. A partir du recensement de 1836 (7577 habitants contre 7637 cinq ans plus tôt), le Queyras perd régulièrement ses habitants. Un examen attentif de ces chiffres, commune par commune, fait ressortir le cas très particulier d’Abriès, qui était la commune la plus peuplée du Queyras au début du XIXe siècle et dont la population a varié dans des proportions importantes à plusieurs reprises, parfois en diminuant de moitié ou en passant du simple au double. En 1801, la commune compte 1815 habitants. Mais cinq ans plus tard, elle ne compte plus que 981 habitants. Près de la moitié de la population de 1801 a disparu entre deux recensements. En 1817, la population n’a guère augmenté par rapport à 1806 ; elle est de 1071 habitants. Trois ans plus tard, en 1820, la commune retrouve à quelques habitants près le niveau démographique de 1801 et Abriès est peuplée de 1803 habitants. Ces variations brutales se reproduisent. En 1826, 1868 habitants sont recensés. Cinq ans plus tard, en 1831, ils ne sont plus que 1051. Mais en 1836, le niveau atteint dix ans plus tôt est presque retrouvé : 1829 habitants. &lt;br /&gt;En 1846, la dépopulation a commencé. A Abriès, sont recensés 1726 habitants. Cinq ans plus tard, ils ne sont plus que 938 et en 1856, leur nombre augmente de près de 60 % pour atteindre 1528 habitants. Ces variations se constatent aux recensements suivants : en 1861, 856 habitants ; en 1866, 1202 habitants ; en 1871, 1204 habitants ; en 1876, 782 habitants. Ensuite, la décroissance démographique se fait régulière, sans à coups, jusqu’à ce que la population en 1968 descende au-dessous de 200 habitants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-on expliquer ces dénombrements erratiques, et si oui, comment ? Notons que ces variations brutales ne se constatent pas à Aiguilles, sauf entre 1886 et 1891, où la population passe de 558 à 407 habitants pour retrouver en 1896 le niveau de 515 habitants, mais cette variation s’explique par les incendies qui ont détruit le village en 1889 et 1891. Les dénombrements de la population dans les autres communes du Queyras ne présentent pas non plus de variations semblables, sauf à Château Ville-Vieille, dont la population passe de 1128 à 991 habitants entre 1796 et 1801, puis de 991 à 1248 habitants entre 1801 et 1806 ; et de 1264 à 1876 puis à 1337 habitants entre 1817 et 1826. Molines, Ristolas, Saint-Véran voient baisser presque aussi régulièrement leur population, avec de temps en temps des variations brutales, comme à Saint-Véran, dont la population évaluée à 669 habitants en 1826 croît en 1831 jusqu’à 800 habitants et en 1836, à 831 habitants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour rendre compte de ces variations. Il est possible que les recensements n’aient pas été effectués à la même saison. Dans ce cas, les baisses brutales sont dues à l’absence dans les villages des migrants saisonniers et les remontées brutales sont consécutives à la date à laquelle le recensement a été effectué. Ces erreurs de dénombrement, toujours possibles, ne sont pas le facteur déterminant, puisque les variations brutales touchent surtout Abriès. On sait que cette commune a souffert du plus fort taux de dépopulation entre 1831 et 1960 et qu’en 1968, elle avait perdu 90% de sa population de 1836. L’ampleur de la dépopulation s’explique sans doute par le surpeuplement de cette commune, qui fut aux XVIIe et XVIIIe s. la plus prospère du Queyras (cf. Harriet Rosenberg). Plutôt que de rechercher les causes de ce phénomène, il est préférable de l’accepter tel qu’il est et d’en conclure à la très forte mobilité de la population d’Abriès, de ses éleveurs qui ont longtemps pratiqué la transhumance inverse et entretenu pendant des siècles des relations avec les habitants des vallées piémontaises et qui étaient rompus aux finesses des transactions commerciales. Il suffisait d’une mauvaise récolte et d’une évolution brutale des marchés pour qu’une partie de la population s’en aille pendant quelque temps du village et cherche ailleurs des revenus honorables.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-4033992480106006182?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/4033992480106006182/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=4033992480106006182' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/4033992480106006182'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/4033992480106006182'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2009/06/population-du-queyras-au-xixe-siecle.html' title='Population du Queyras au XIXe siècle (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SkEkiGSmd9I/AAAAAAAAAUM/Zt_3NEcreQk/s72-c/DSC00037.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-8718375475524797458</id><published>2009-05-21T13:54:00.003Z</published><updated>2009-05-21T14:00:10.134Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre P. Septième article.'/><title type='text'>Pluri-activité (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Par ce terme, les économistes et les édiles désignent le fait que les Queyrassins, pour accéder à un niveau de vie « moyen » ou jugé correct dans la France actuelle, sont obligés d’exercer au cours de l’année et suivant la saison divers métiers ou activités. Le phénomène est ancien. Il touchait surtout les hommes qui étaient contraints d’avoir deux ou plus de deux métiers pendant l’année. Le phénomène est économique certes ; il a aussi des conséquences sociales et culturelles, dans la mesure il a contribué à forger une certaine identité queyrassine, valorisant l’énergie, le goût du travail, l’habileté manuelle, la débrouillardise, la frugalité et le sens de l’épargne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est aisé d’expliquer ce phénomène. La pluri-activité est et a été imposée - presque naturellement - par la nécessité et les réalités physiques. Il est possible de retenir trois facteurs : saisonnalité des activités agricoles, insuffisances des revenus tirés des activités traditionnelles, isolement relatif de la vallée. Les travaux agricoles - à la fois de culture et d’élevage - se succédaient intensément d’avril à octobre (il y avait « trois mois d’enfer », disent les anciens) : fenaison, récoltes, troupeaux à garder, etc. De novembre à mars, l’activité agricole ralentissant, les hommes jouissaient de temps pour faire autre chose. Les revenus que la plupart des familles tiraient de cette activité agro-pastorale se révélaient vite insuffisants, soit parce que les familles avaient trop d’enfants, soit que les propriétés fussent trop exiguës, soit que, le mauvais temps se prolongeant jusque en été, les récoltes aient été peu abondantes. Isolées en partie du reste du Dauphiné, situées à l’écart des flux commerciaux, les familles avaient tendance à vivre partiellement en autarcie et à n’acheter à l’extérieur que ce qu’elles ne pouvaient pas produire : on file la laine ; on forge ses outils et ses clous ; on fabrique ses souliers ; on décide des corvées pour refaire les ponts et les chemins, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les témoins des siècles passés relèvent ce phénomène, par exemple quand ils disent que les paysans sont aussi artisans. Un des aspects les plus spectaculaires de cette pluri-activité est fourni par l’émigration saisonnière. A l’automne, les chefs de famille et les jeunes gens vont faire du commerce à Marseille, Toulon, Lyon, ou vont se louer comme maîtres d’école ou régents de village dans les vallées plus accueillantes de Provence. Tous les Queyrassins âgés se souviennent avoir exercé plusieurs activités pour survivre. Il suffit de les interroger : ils étaient bûcherons et éleveurs, sabotiers, balanciers et paysans, etc. Au Roux d'Abriès, les V. qui cultivaient des terres tenaient une épicerie, une cave, un bar. Ils étaient quincailliers et taillandiers ; ils possédaient un moulin, avec une forge, et ils fabriquaient des clous et des outils ; ils vendaient de petites machines, des boulons, des charnières, des ciseaux à bois, etc. La famille B. de Ristolas vendait des graines de toutes sortes au détail, en utilisant comme mesure une petite cuillère. A La Monta, Laurent B, agriculteur et éleveur, était aussi vitrier et photographe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années 1950, le gouvernement ayant décidé de moderniser l’agriculture de montagne pour la « sauver » d’une mort annoncée, le Queyras est devenu une « zone témoin » (le lieu où a été expérimentée une politique qui a ensuite été étendue aux autres zones de  montagne). Des aides et des crédits y ont été affectés, etc. Un des points forts de cette politique a consisté, outre la modernisation des méthodes, le développement de l’irrigation par aspersion et l’introduction de machines, à apprendre aux paysans des métiers artisanaux, en particulier l’ébénisterie, afin qu’ils se constituent, en les pratiquant, des revenus d’appoint. De jeunes Queyrassins ont été formés ; des aides leur ont été attribuées pour acheter des outils et des machines à bois. Beaucoup ont fait de la fabrication de meubles et d’objets sculptés soit leur activité principale, soit une activité complémentaire. &lt;br /&gt;Aujourd’hui, une vingtaine de familles en vivent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années 1960, le maire de Ceillac, Philippe Lamour, dont l’expérience en matière d’aménagement du territoire était reconnue de tous, a incité les Queyrassins à investir des sommes importantes pour développer le tourisme d’été et d’hiver : beaucoup d’éleveurs sont devenus aussi moniteurs de ski, perchistes, gardiens de gîte, pisteurs. Aujourd’hui, la pluri-activité est surtout saisonnière. Dans le tourisme, à la saison d’hiver (du 15 décembre à la fin mars) succède la saison d’été (juillet et août). Beaucoup de nouveaux Queyrassins passent des métiers liés au ski en hiver aux métiers liés à la randonnée et au tourisme vert en été.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-8718375475524797458?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/8718375475524797458/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=8718375475524797458' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/8718375475524797458'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/8718375475524797458'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2009/05/pluri-activite-dictionnaire-historique.html' title='Pluri-activité (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-2632694661690258688</id><published>2009-04-18T07:40:00.002Z</published><updated>2009-04-18T07:44:47.671Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre P. Sixième article.'/><title type='text'>Pittoresque de peintre (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Le pittoresque n'est pas seulement l'alliance des bois, des rochers et des eaux, comme le définit Henri Ferrand, c'est aussi et surtout, comme l'indique l'étymologie (le mot, emprunté à l'italien, est formé sur un verbe, qui signifie « peindre »), le spectacle de la nature qui s'offre à nos yeux et qui fait sur nous une si forte impression que nous ressentons l'envie de le peindre, de le représenter, de le reproduire, soit en le dessinant, soit en le peignant, soit en le photographiant. De fait, les sites principaux du Queyras, du moins ceux qui étaient jugés pittoresques, ont été très souvent représentés depuis que, au début du XIXe s, s'est développé le goût des voyages et des excursions en montagne. Ces sites sont la Combe, le hameau de la Chapelue qui se trouve à l'entrée du défilé des Crupies, Fort-Queyras construite sur un piton rocheux, et, bien entendu, le village de Saint-Véran. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Analysons ces tableaux, connus de tous les Queyrassins, datant du début du XIXe s. et qui représentent le Fort-Queyras. Les auteurs des deux premiers (Sabatier et Cassien, reproduits dans Fort-Queyras, de A et O Golaz, p 13 et p 51) se sont placés au-delà du village de Château-Queyras, en amont du Fort, en direction de Ville-Vieille. Ils se trouvent plus bas que le piton rocheux qu'ils dessinent, en contre-plongée, dirait-on si l'on analysait le plan d'un film, de sorte que le piton et la forteresse se détachent sur un fond de montagnes élevées, celui que forment la dent du Ratier et les aiguilles de Furfande, dites aussi, à cause de leurs dentelures, les scies de Furfande. Ainsi, l'altitude du site est accentuée et, dans les tableaux, elle paraît beaucoup plus élevée qu'elle n'est dans la réalité. Le piton et la forteresse, qui se trouvent à 1300 m d'altitude, se dressent verticalement, presque à la hauteur de la dent du Ratier qui culmine à 2400 m. L'effet est saisissant, le relief est forcé, l'impression de verticalité escarpée est accentuée. L'horizon se trouve relégué tout en haut du tableau : c'est un ciel sombre, gris, chargé de lourds nuages menaçants. Paradoxalement, l'horizon est vertical. La forteresse s'élève vers le ciel, qu'elle semble presque atteindre. &lt;br /&gt;Dans ces tableaux, le pittoresque ne se ramène pas au seul accidenté. Il est l'extrême de l'accidenté. L'horizon bouché bascule dans la verticalité, comme dans cette description d'un voyageur : « Ici, les moindres anfractuosités des parois ont donné prise aux racines des pins ; là la muraille blanche s'élève jusqu'au ciel ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Regardons ces autres gravures de la forteresse (Fort-Queyras, de A et O Golaz, p 41 et p 65, Lord Monson et Louis Haghe, in Voyage dans les Alpes en 1838, reproduit sur la couverture du livre du général Guillaume). Les dessinateurs se tiennent en aval du village, sur les bords du Guil. Là encore, l'horizon a été relégué dans le haut du dessin. L'espace est occupé aux trois-quarts par le piton, énorme falaise verticale, au pied de laquelle coulent les eaux du Guil. Le relief paraît plus escarpé qu'il ne l'est, grâce à l'accentuation de l'effet de contre-plongée. L'on se demande comment des hommes ont pu accéder au sommet pour y construire la forteresse, laquelle apparaît comme un défi lancé aux cieux proches. La nature est sombre, farouche, sauvage ; les couleurs sont presque noires ; le ciel, couvert de gros nuages gris. Il fait presque nuit. Le Queyras représenté est obscur, sans lumière, froid et dénudé dans son sauvage isolement : le pittoresque paroxystique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En quelques décennies, le pittoresque romantique et sombre du Queyras des dessinateurs français ou anglais, Cassien, Sabatier, Bartlett, Monson, Haghe, etc. a changé ; plus exactement, il a cédé sa place à ce que j'appellerais le photogénique en couleurs tel que l'ont exploité des photographes contemporains, J Lapeyre et P. Putelat, dans leurs albums ou leurs cartes postales. C'est le Queyras des randonneurs, des amoureux de l'effort physique à des altitudes élevées. Un autre Queyras surgit, celui des vacances, du soleil, de la lumière vive, un Queyras lumineux et serein, un Queyras méditerranéen, vert et accueillant. C'en est fini du pittoresque sombre et tragique, sauvage et rude, des gorges, des défilés, des ravins, des rochers escarpés. Ce que voient les touristes modernes, ce sont les alpages fleuris, les cols, les sentiers serpentant dans les prés, les belles couleurs de la nature, les forêts de mélèzes ; des villages riants qui exhibent leurs fontaines, leurs cadrans solaires, leurs belles pierres, leurs chapelles et églises, leurs croix. A la gravure sombre a succédé la photo couleurs tirée sur du papier glacé ; et à la nature farouche, sombre, inquiétante, une lumière pure, qui éclate, qui chante le bonheur, une lumière sans ombres, une lumière de ciel bleu, de vacances, d'insouciance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En un siècle et demi, le Queyras a suscité deux séries d'images, sinon quasiment contradictoires, du moins situées à l'opposé l'une de l'autre, et qui se sont succédé dans le temps, sans jamais se recouvrir : du malheur au bonheur, indice sans doute de mutations économiques et sociales qui ont affecté le Queyras en profondeur.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-2632694661690258688?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/2632694661690258688/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=2632694661690258688' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2632694661690258688'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2632694661690258688'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2009/04/pittoresque-de-peintre-dictionnaire.html' title='Pittoresque de peintre (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-367697078561551167</id><published>2009-03-15T10:33:00.003Z</published><updated>2009-03-15T10:36:58.915Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre P. Cinquième article.'/><title type='text'>Pittoresque littéraire (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Au XIXe siècle, les Alpes sont à la mode. Les aristocrates anglais, puis les bourgeois européens se font disciples de Rousseau pour devenir des montagnards, fût-ce le temps d'une excursion, moins pour respirer l'air pur, sain, tonifiant d'une nature qui n'a pas encore été touchée par le progrès que pour jouir des spectacles impressionnants qu'offre la montagne. Ils admirent les accidents du relief, les gorges aux profondeurs insondables, les hautes falaises qui semblent toucher les cieux, les torrents aux eaux bouillonnantes et grondantes. En un mot, ils recherchent le pittoresque, comme seule la montagne élevée et sauvage peut le susciter. Le Queyras des voyageurs du XIXe s. et des premiers touristes, ce sont les cimes et les abîmes, les défilés et les rochers terrifiants, sombres, farouches, qui suscitent dans l'esprit des bourgeois posés des stupéfactions épouvantées. &lt;br /&gt;Voici comme Henri Ferrand, voyageur, photographe et écrivain à ses heures, analyse en 1909 le pittoresque de la Combe du Guil : &lt;br /&gt;« Le pittoresque est une heureuse alliance de trois éléments de beauté : les bois, les rocs et les eaux, et c'est parce qu'elle les combine de la façon la plus variée que la Combe évoque à un si haut degré l'impression de pittoresque ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là où les voyageurs des XIXe et XXe s, avides de sensations fortes, ne voient que des « éléments de beauté », le citoyen Bonnaire, qui fut préfet des Hautes-Alpes et qui se présente comme un homme éclairé soucieux d'améliorer le niveau de vie des montagnards, voyait en 1801 (avant que les écrivains romantiques ne mettent à la mode le voyage dans les Alpes) des montagnes qui l'effrayaient : « Le département des Hautes-Alpes, hérissé de rochers, de glaciers, coupé par une multitude de torrents et de précipices, n'offre à l'oeil rien que de repoussant : on conçoit difficilement que des hommes aient pu se déterminer à fixer leur habitation dans ces vallées profondes et étroites que le soleil semble éclairer à regret et qui, soumises à toutes les rigueurs d'un climat âpre et variable, dédommagent à peine le cultivateur de ses avances et de ses sueurs ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que de différences entre ces deux visions de la montagne ! Même les auteurs queyrassins ne parviennent pas toujours à se démarquer des idées à la mode ou dominantes et succombent eux aussi à l'exaltation des beautés sauvages de leurs montagnes, reprenant à leur compte la vision pittoresque et effrayante qui en est diffusée par les voyageurs. Le général Guillaume cède au grandiose pittoresque : « Lorsque le voyageur remonte les gorges du Guil, il se défend difficilement contre une sensation d'oppression, d'angoisse même, entre les gigantesques falaises qui le dominent de part et d'autre et semblent prêtes à 1’écraser de leur masse ». &lt;br /&gt;Même Jean Tivollier, né à Fontgillarde, succombe à ce pittoresque : « On suit en corniche les sinuosités des rochers où les Guil coule à une profondeur vertigineuse; on ne peut se défendre d'un frisson quand on se penche sur l'abîme ». Ou encore : « Une impression saisissante vous étreint en face de cette nature grandiose et primitive; on se sent comme écrasé par ces murailles titanesques qui renvoient l'écho du bruit que le Guil éveille en cette solitude ; l'admiration le dispute à la crainte et ce spectacle a un caractère inoubliable ». Ou bien : « Les ravins se transforment en dragons furieux coupant la route et l'interceptant par des amas de terre, de pierres et de rochers ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du Queyras, ces amateurs de pittoresque ne voient pas ou ne savent pas voir les alpages, les prés fauchés, les paysages souriants modelés par la main de l'homme. Ils ne voient pas ce qui relève d'une antique culture ; ils voient les rocs, les cascades, les falaises, les pics, les précipices, tout ce qui fait naître des sensations fortes, tout ce qui impressionne, tout ce qui fait s'exclamer et s'extasier, tout ce qui effraye. Ne les voyant pas, ils n'en admirent pas les beautés. Pourtant ce sont ces paysages qui font les spécificités du Queyras, ces montagnes cultivées, irriguées, façonnées depuis des millénaires par le travail des hommes, paysages qui ne sont guère pittoresques, mais ô combien émouvants, d'autant plus que la lente disparition de l'économie agro-pastorale risque de les rendre à jamais à la nature.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-367697078561551167?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/367697078561551167/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=367697078561551167' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/367697078561551167'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/367697078561551167'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2009/03/pittoresque-litteraire-dictionnaire.html' title='Pittoresque littéraire (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-3691498863825801744</id><published>2009-02-14T06:46:00.003Z</published><updated>2009-02-14T06:50:56.892Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre P. Quatrième article.'/><title type='text'>Les paysages du Queyras et leur évolution (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Ce sont les hommes qui font les paysages. Comme les activités évoluent, les paysages aussi évoluent. L'activité dominante aujourd’hui étant le tourisme, les paysages sont façonnés par cette activité. Dans les villages de fonds de vallée, les terrains les plus intensément utilisés sont les prés de fauche et les stations de ski; les versants proches exposées au sud sont urbanisés; les domaines skiables s'étendent sur les faces ouest ou nord; au-delà, l'espace est utilisé de façon extensive : exploitation forestière, parcours des troupeaux dans les alpages; fréquentation estivale de randonnée. Le sol est abandonné dans les terrasses d'adret et dans les alpages isolés. Le tourisme a un caractère saisonnier. En hiver, ce sont les fonds de vallée et les versants équipés en remontées qui sont utilisés; en été, les sentiers, les sites naturels éloignés. Dans le Haut-Guil, on peut distinguer deux types de paysages : celui qui est façonné par le tourisme, à Abriès et Aiguilles; et une zone à environnement préservé, Ristolas. Les zones les plus humanisées sont aussi les moins bien structurées visuellement et les plus dégradées; celles qui sont éloignées des villages sont épargnées par les aménagements et structurées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois facteurs expliquent l'évolution des paysages : la dégénérescence de l'économie agro-sylvo-pastorale ; l'exode des populations ; le développement du tourisme. Pour en rendre compte, on peut distinguer schématiquement quatre étapes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1800, domine le système agro-sylvo-pastoral. La végétation s'étage suivant l'altitude et l'exposition. Sur les adrets, les terres au fond de la vallée et autour des hameaux habités en permanence sont cultivées (seigle, orge ou avoine, pommes de terre) : au-dessus, s'étendent les prés de fauche puis les pâturages. Sur les ubacs, de bas en haut, s'étagent les prés de fauche, les forêts, les pâturages. Des échanges intenses se font par les chemins, ceux des cols vers le Piémont et celui de la Combe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1850, les échanges se font par la route vers des régions d'élevage avec lesquelles les produits laitiers du Queyras entrent en concurrence. C'est la fin de la transhumance inverse et de l'estive des Italiens et le début de l'émigration définitive. Grâce aux fruitières, les profits tirés de la transformation du lait restent dans le Queyras. Les hameaux tendent à devenir des habitats d'estive ; la population se concentre dans les bourgs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1900, la population a diminué de moitié. Le Queyras s'ouvre sur des régions non complémentaires mais concurrentes. Le lait est ramassé par de grandes laiteries, Nestlé à Gap, et les profits tirés de sa transformation ne reviennent plus aux Queyrassins. Les troupeaux de Provence transhument. Débuts du tourisme. Le paysage se modifie peu à peu. Les hameaux des adrets sont abandonnés lentement. Sur les ubacs, la forêt s'étend dans les fonds de vallée au détriment des prés de fauche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1980, le tourisme est devenu l'activité principale. L'économie du Queyras dépend des centres urbains. Les cols retrouvent un intérêt, mais uniquement touristique l'été. Sur les adrets, les champs cultivés ont quasiment disparu et la superficie des prés de fauche a fortement été réduite. Les hameaux ne sont plus habités l'été que par les touristes. La forêt se développe en altitude au détriment des alpages. Sur les ubacs, la forêt s'étend au détriment des prés de fauche de fond de vallée. Les échanges se font par la Combe et l'été aussi par les cols Izoard et Agnel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En un siècle et demi, l'habitat traditionnel a disparu, soit que des maisons tombent en ruines, soit que, transformés, les bâtiments aient changé de fonction : ce ne sont plus des fermes, mais des résidences. Le Queyras est passé d'une agriculture intensive à une agriculture extensive en voie de disparition et d'une autarcie presque totale à une complète dépendance vis-à-vis de l'extérieur. Faute de paysans, le paysage a changé. La mosaïque de champs et de prés de fauche qui le caractérisait a disparu au profit des landes. Les contours deviennent flous ; les forêts n'étant plus pâturées, les sous-bois se reconstituent. Le mélèze qui a du mal à se régénérer est concurrencé par le sapin et le pin cembro ; les anciennes cultures sont remplacées sur les adrets par les pelouses sèches et les landes à genévrier ; les prés de fauche peu à peu sont colonisés par la forêt ; l'abandon des canaux entraîne une modification de la flore et le développement de plantes qui se contentent de sols peu humides ; les alpages sont colonisés par la forêt sur les versants qui jadis étaient dépourvus d'arbre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-3691498863825801744?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/3691498863825801744/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=3691498863825801744' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/3691498863825801744'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/3691498863825801744'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2009/02/les-paysages-du-queyras-et-leur.html' title='Les paysages du Queyras et leur évolution (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-8444094386181379131</id><published>2009-01-12T10:29:00.002Z</published><updated>2009-01-12T10:32:37.826Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre P. Troisième article.'/><title type='text'>Paysages (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>En France (comme partout ailleurs dans le monde), la nature n’est pas naturelle (elle ne l’a d’ailleurs jamais été), mais culturelle. Autrement dit, ce sont les hommes qui, par leur travail, façonnent et ont façonné la nature, qui la maîtrisent et l’ont maîtrisée, qui la gèrent, donnant aux paysages l’aspect qui est le leur, souvent admirable, et sous lequel nous les percevons. C’est vrai dans le Queyras comme ailleurs, bien qu’une partie de la nature - les sommets, les pierriers, les ravins abrupts - y soit hors de portée des hommes si bien que ceux-ci ont renoncé à la transformer.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De fait, ces paysages culturels sont aussi historiques, ce qui signifie qu’au fil des siècles, en fonction du travail qui les a produits, les paysages changent. Voici comment V.A. Malte-Brun, en 1882, dans La France illustrée, décrivait la vallée du Guil, entre Château-Queyras et Ville-Vieille : &lt;br /&gt;« Des champs où le lin, l’orge, l’avoine et le seigle viennent à une très grande hauteur ; des prairies à travers lesquelles serpente le Guil, et s’étendant jusque sous de vastes forêts de mélèzes, qui couronnent les montagnes ; sur celles-ci d’immenses pâturages et une foule de plantes rares ; des hameaux dont la plupart ne sont habités que pendant la belle saison, des canaux, qui, sur des échafaudages soutenus par des quartiers de roc au-dessus du Guil, portent la fécondité d’un côté à l’autre du vallon : tel est l’aspect du pays ». &lt;br /&gt;Aujourd’hui, l’aspect de cette portion de la vallée est tout autre. Malte-Brun décrit un paysage agricole. De fait, il n’y a plus de champs cultivés, plus de canaux surélevés. Les hameaux d’estive sont souvent en ruines, les prairies de moins en moins souvent fauchées.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il en va ainsi des forêts. Il y a deux siècles, le Queyras était moins boisé qu’il ne l’est aujourd’hui. Longtemps, la forêt a constitué pour les communautés une ressource importante, dont le contrôle a provoqué de longs conflits (cf. l'article consacré aux procès). Pendant la longue période de prospérité et de croissance démographique du XVIe au XVIIIe siècle, la superficie occupée par la forêt a reculé, en dépit des mesures prises pour éviter une déforestation massive, ce qui a eu pour conséquences de renchérir le prix du bois d’œuvre, plus rare (l’abbé Gondret en témoigne dans ses Mémoires historiques). On a eu recours à la pierre pour remplacer le bois. Dans les années 1860, une loi forestière a été votée, laquelle incitait les communes à préserver les forêts et, grâce à des avantages fiscaux, à replanter en forêts les terres laissées en friches. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il en va ainsi des prés de fauche. L’exemple du Pré Michel, situé par du belvédère du Viso, dans la commune de Ristolas, est éclairant. Comme le montrent les auteurs d’une brochure publiée par le Parc Naturel Régional, la forêt gagne peu à peu sur la prairie à cet endroit et ailleurs dans tout le Queyras depuis 1920 ou 1940, car tout pré, à partir du  moment où il cesse d’être fauché, se parsème en quelques décennies de trembles, puis redevient forêt. Des photos du Pasquier, hameau de la commune d’Arvieux, prises dans les années 1930, montrent un paysage de prés d’altitude bien délimités et bien entretenus, comme si l’herbe y avait été passée au peigne fin. Soixante ans plus tard, ces versants, qui ne sont plus fauchés, sont peu à peu gagnés par les arbustes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A terme, des paysages, faits de parcelles en terrasses et de prés de fauche, qui, pendant des siècles, ont été typiquement queyrassins, spécifiques de l’agriculture de haute montagnes et qui sont l’œuvre des hommes, risquent dans un avenir proche, quand les derniers éleveurs auront fermé leur étable, de disparaître et d’être rendus à une sorte de brousse arborée puis à la forêt. Il y en a encore quelques-uns, qu’il faut se presser de voir. Ainsi, à Saint-Véran. En juillet et en août, en face du village, sur la rive gauche de l’Aigue Blanche, les cônes de déjection de quelques torrents, débarrassés de toute pierre, irrigués sans doute et peut-être fumés au printemps ou à l’automne, sont encore fauchés. On y admire le travail séculaire des hommes qui ont tracé au milieu de ces éboulis informes des parcelles nettement délimitées, les ont entretenues avec un soin amoureux (imaginons les longues journées de travail que tout cela a nécessité), et dont l’herbe taillée ras varie du vert tendre au vert foncé. C’est un des plus beaux et des plus émouvants paysages de montagne que l’on puisse voir dans notre pays.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il en va ainsi des terrasses qui constituent (ou constituaient quand elles étaient encore entretenues et visibles) un des éléments essentiels du paysage queyrassin. Les terrasses, ce sont des murets de pierres sèches ou des talus de terre couverts d’herbes qui servent à retenir la terre arable et permettent de cultiver les parcelle abruptes. Les versants d’adroit, au-dessus ou autour des villages, sont organisés ainsi. Il y a un siècle, quand la montagne était une ruche en activité, elle se présentait sous l’aspect d’un immense jardin de pente, paysage qui, hélas, est en train de disparaître en même temps que ses auteurs, à savoir les paysans. Car, en montagne, ce sont aussi les paysans qui ont fait les paysages. L’entretien des terrasses n’est pratiquement plus assuré ; les prés sont de moins en moins souvent fauchés. Les communaux, que les bêtes jadis paissaient au printemps, ne sont plus que des friches à mauvaises herbes et à arbustes. Le remembrement qui a eu lieu dans le Queyras, avec difficulté, a fait disparaître les plus petites parcelles.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En bref, les paysages du Queyras, dont la principale caractéristique est d’être culturels, façonnés par le travail des hommes, historiques, changeants, montrent à quel point l’idée de sanctuaire - en quoi certains écologistes voudraient transformer le Queyras -, est un pur mythe, qui repose sur la thèse imaginaire et démentie par les faits d'une nature qui n’aurait pas changé depuis la Création, toujours la même au fil des siècles, « naturelle » en quelque sorte.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-8444094386181379131?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/8444094386181379131/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=8444094386181379131' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/8444094386181379131'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/8444094386181379131'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2009/01/paysages-dictionnaire-historique-et.html' title='Paysages (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-7472368684546971329</id><published>2008-12-21T09:17:00.003Z</published><updated>2008-12-21T09:22:13.427Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre P. Deuxième article'/><title type='text'>Paroisses (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SU4KmRjF0XI/AAAAAAAAAS8/Kqe2ozNcpnQ/s1600-h/Saint+V%C3%A9ran+2007025.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 240px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SU4KmRjF0XI/AAAAAAAAAS8/Kqe2ozNcpnQ/s320/Saint+V%C3%A9ran+2007025.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5282171065614061938" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Paroisses&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au XIXe s, le Queyras était composé de sept communes et de quinze paroisses : Abriès, Les Roux, Aiguilles, Arvieux, Le Veyer, Château-Queyras, Ville-Vieille, Montbardon, Molines, Fontgillarde, Ristolas, l'Echalp, La Monta, Saint-Véran, La Chalp. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abriès a deux patrons : Saint-Pierre et Saint-Antoine. Les chapelles des hameaux sont consacrées : Le Cros à Sainte-Marie-Madeleine ; Le Malrif à Sainte-Marguerite ; Le Tirail à Notre-Dame de la Visitation ; Valpreveyre à Saint-Roch ; Le Varenc à Saint-Claude; Le Villard à Saint-Jacques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patron du Roux : Saint Jean-Baptiste. Les chapelles des hameaux sont consacrées : L'Alveyo (la Levée) à Saint Antoine ; Les Granges à Saint-Barthélémy ; La Montette à Marie Madeleine ; Pra-Roubaud à N-D des Neiges. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patron d'Aiguilles : Saint Jean-Baptiste. &lt;br /&gt;Les chapelles des hameaux sont consacrées : La Caramagne et Eigliers à Saint-Louis roi de France ; Haut et Bas-Chalvet à Sainte-Marie-Madeleine ; Le Lombard à N-D des Neiges ; Peynin à N-D de la Nativité ; Collet à la décollation de Saint Jean-Baptiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patron d'Arvieux : Saint Laurent. Les chapelles des hameaux sont consacrées : Brunissard à Saint-Pierre ; La Chalp à Sainte-Barbe ; Le Coin à Saint-Antoine ; Les Maisons à Saint-Chaffrey ; Les Moulins à Saint-Claude ; Les Pasquiers à Saint-Roch ; Villard-Gaudin à Saint-Jacques.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Veyer a pour patrons Saint-Claude et Saint-Antoine. Les chapelles des hameaux sont consacrées : Bramousse à Notre Dame de la Présentation et Sainte-Marguerite ; Le Chatellart à Saint-Marcellin ; Les Escoyères à Saint-Roch, Sainte-Marie-Madeleine, Saint-Romuald.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patronne de Château-Queyras : Sainte Marie-Salomé. Les chapelles des hameaux sont consacrées : La Chapelle à Saint-Sébastien ; Les Meyries à Saint-Jacques ; Rouet à Saint-Charles Borromée ; Souliers à Saint-Pierre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ville-Vieille a pour patron Saint-André. Les chapelles des hameaux sont consacrées : Prats-Bas à Saint-Augustin ; Prats-Hauts à Saint-Bamabé ; Chalvet à N-D de la Visitation. &lt;br /&gt;Patron de Montbardon : Saint-Chaffrey. Une chapelle est consacrée à Saint-Arsène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Molines a pour patron Saint-Romain. La chapelle de Pierre-Grosse est consacrée à Saint-Sébastien ; Le Serre-des-Chabrands à Saint-Jacques et Saint-Philippe. Une chapelle est consacrée à Saint-Simon. &lt;br /&gt;Patron de Fontgillarde : Saint-Pierre. La chapelle du Coin est consacrée à N-D de la Visitation. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ristolas a pour patron Saint-Marcellin. La chapelle des Maisons-Neuves est consacrée à Saint-Roch. &lt;br /&gt;La paroisse de l'Echalp a pour patrons Saint-Antoine et Saint-Sébastien ; celle de La Monta, Saint-Laurent.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saint-Véran a pour patrons Saint-Véran et Sainte-Marie-Madeleine. La chapelle des Raux est consacrée à Sainte-Anne. &lt;br /&gt;La paroisse de La Chalp a pour patronne Sainte-Agathe.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-7472368684546971329?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/7472368684546971329/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=7472368684546971329' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7472368684546971329'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7472368684546971329'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/12/paroisses-dictionnaire-historique-et.html' title='Paroisses (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SU4KmRjF0XI/AAAAAAAAAS8/Kqe2ozNcpnQ/s72-c/Saint+V%C3%A9ran+2007025.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-4661043368390138348</id><published>2008-12-02T06:23:00.003Z</published><updated>2008-12-02T06:35:45.970Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre P. Premier article'/><title type='text'>Parc naturel Régional (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/STTXOEBaaWI/AAAAAAAAAS0/T_s2uaRxXNM/s1600-h/Photos+Port-Miou+034.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 240px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/STTXOEBaaWI/AAAAAAAAAS0/T_s2uaRxXNM/s320/Photos+Port-Miou+034.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5275077700155500898" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour comprendre ce qu’est le Parc Naturel Régional du Queyras, il convient d’abord de rappeler ce qui distingue d’un point de vue juridique les parcs naturels nationaux des parcs naturels régionaux. Les parcs nationaux ont été institués par la loi du 20 juillet 1960. Leur objet est de protéger la faune et la flore dans des zones dépeuplées, soit à la suite de l’exode rural, soit à cause des difficultés de relief et de l’hostilité des éléments. C’est une sorte de conservatoire du patrimoine naturel. Toute construction y est interdite ; les hommes n'y sont admis que provisoirement et à titre de visiteurs, obligés de respecter des règles strictes et contraignantes. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les parcs régionaux ont été créés, non par une loi, mais par un décret et plus tard. Le décret date du 1er mars 1967. Leur objet est tout autre. Ils ont pour but non pas d’éliminer toute présence humaine permanente, mais de maintenir la vie humaine dans des zones en voie de dépeuplement. Cela ne peut se faire qu’à condition que des activités diverses et nouvelles, dont le tourisme, s’y développent. Autrement dit, dans l’esprit des législateurs, les Parcs Naturels Régionaux n’ont pas pour fin ultime la nature et la seule nature, mais le maintien des hommes dans une nature entretenue et préservée.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Très vite, il est apparu aux membres du SIVM (Syndicat intercommunal à Vocations Multiples) créé en 1966 par Philippe Lamour que le Queyras répondait parfaitement aux conditions fixées par le décret de 1967, qu’il devait devenir un Parc Naturel régional et que son avenir passait par la création de cette institution. Comme cela est écrit dans le n° 1 de la revue &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Courrier du Queyras&lt;/span&gt; : « Le Queyras est déjà, en fait, un parc naturel. C'est le pays des forêts, des eaux abondantes, des prairies que l'été couvre d'un tapis floral dont la splendeur est légendaire. C'est le pays des villages et des hameaux groupés autour des chalets et des fustes à séchoir, habités par une population aux bras robustes et à l'esprit ouvert, accueillante et vaillante » (cité par le Général Guillaume, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Queyras&lt;/span&gt;, p 181).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question de la création du Parc a été étudiée dès 1970. Un double objectif s’est imposé : obtenir l’accord des communes et respecter les valeurs traditionnelles. En juin 1973, a été élaborée la charte du Parc ; en 1977, le Conseil régional de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur a créé le Parc Naturel Régional du Queyras. Le vingtième anniversaire a été célébré en 1997, et le trentième en 2007, et à ces occasions, une nouvelle charte a été élaborée, non sans difficultés, puisqu’il semble bien que des élus s’y soient opposés. L’organisme est géré par un Syndicat mixte et son action est soutenue par une Association des amis du Parc du Queyras fondée en 1979. La revue &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Courrier du Queyras&lt;/span&gt;, actuellement en sommeil et qui paraissait deux fois par an, fait connaître les projets et les réalisations du parc et mène des campagnes pour la défense de la montagne (protection de la flore et de la faune, protestations contre les déposes par hélicoptère, etc.). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le point fort du Parc est de confier le développement du Queyras à la population elle-même ou à ses représentants élus. Des résultats tangibles ont été obtenus : les lieux à haute fréquentation touristique sont propres ; les décharges publiques ont été fermées ; des sentiers écologiques ont été aménagés ; des règlements d’urbanisme obligent à respecter un style dans les constructions neuves ou dans les rénovations, la faune et la flore sont protégées. Malheureusement, ces résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espoirs que ses fondateurs y avaient mis. Ce n’est pas tant les moyens qui font défaut. Certes les subventions versées ne sont pas très importantes et les ressources du Parc sont modiques.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-4661043368390138348?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/4661043368390138348/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=4661043368390138348' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/4661043368390138348'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/4661043368390138348'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/12/parc-naturel-rgional-dictionnaire.html' title='Parc naturel Régional (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/STTXOEBaaWI/AAAAAAAAAS0/T_s2uaRxXNM/s72-c/Photos+Port-Miou+034.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-3779689747505415153</id><published>2008-11-08T13:56:00.004Z</published><updated>2008-11-08T14:03:18.718Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre M. Sixième article (à ajouter ).'/><title type='text'>Mémoire savante du Queyras</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SRWcHZ_2xSI/AAAAAAAAANc/2YGrPxF5JnI/s1600-h/Saint+V%C3%A9ran+2007007.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 240px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SRWcHZ_2xSI/AAAAAAAAANc/2YGrPxF5JnI/s320/Saint+V%C3%A9ran+2007007.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5266286990331397410" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SRWbt7GECRI/AAAAAAAAANU/Q3OfUxEzRsc/s1600-h/Photos+Port-Miou+027.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 240px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SRWbt7GECRI/AAAAAAAAANU/Q3OfUxEzRsc/s320/Photos+Port-Miou+027.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5266286552539203858" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ce qui ne cesse d’étonner, c’est l’abondance d’ouvrages ou d’articles savants qui, depuis près de deux siècles, sont consacrés au Queyras. Ces écrits forment une mémoire savante, distincte de la mémoire populaire, qu’elle soit orale ou écrite, telle que l’expriment les conteurs, les « anciens » ou les Queyrassins âgés (M. Borel, M. Bourcier, Mme Messimilly, M. Arnaud) qui se souviennent avec émotion des dures conditions de vie qu’ils ont connues « autrefois ». La mémoire savante n’est pas très différente de la mémoire populaire : elle obéit aussi à des exigences qui la dépassent, son sens dépend du moment où elle a été élaborée, elle charrie des intentions ou des présupposés, qu’il faut analyser, afin de ne pas prendre le « savoir » accumulé pour vérité d’Evangile. Prenons trois ou quatre exemples précis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La république des escartons&lt;br /&gt;Au milieu du XIXe siècle, le juriste Fauché-Prunelle (1795-1863), dans son Essai sur les anciennes institutions autonomes ou populaires des Alpes cottiennes briançonnaises (2 tomes, 1856, 1857), écrit p 321, tome 1 : « l’abolition de la féodalité que les Français (…) n’ont obtenue (…) qu’à la fin du dix-huitième siècle par un acte éminemment juste et équitable (...), les Briançonnais l’ont obtenue, dès avant le milieu du quatorzième siècle, au moyen d’un accord volontairement et réciproquement contracté (…) ». Il est, sous le Second Empire, au moment où il semblait improbable d’établir en France un régime républicain, l’inventeur de la « république des escartons ». Avec la charte de 1343, les Briançonnais auraient arraché au pouvoir féodal une « pleine liberté d’administration locale du pays par le pays ». &lt;br /&gt;Cette hypothèse est répétée depuis un siècle et demi, sans jamais être examinée. Or, Henri Falque-Vert, auteur de Les Hommes et la montagne en Dauphiné au XIIIe siècle (Presses Universitaires de Grenoble, 1997), infirme cette belle et heureuse vision. Dix-huit délégués seulement représentant les trente-sept communautés du Briançonnais étaient présents à Beauvoir en Royans, où la charte a été signée. Le Queyras a envoyé un délégué, Pragelas et Château-Dauphin aucun. Les dix-sept autres délégués représentaient Briançon et Oulx, les deux vallées les plus prospères. Ce sont les marchands qui ont joué un rôle déterminant dans la négociation, et non les paysans éleveurs. En 1343, le Dauphin croule sous les dettes. Il vend donc des droits. En 1282, l’accession au pouvoir des barons de la Tour du Pin a étendu l’Etat vers les plaines du Rhône, plus riches. Les hautes vallées, que le Dauphin opprime (plus de 50% de la richesse produite sont prélevés), perdent alors de leur intérêt. En 1339, Humbert II envisageait de vendre le Briançonnais. Faute d’acheteur, il a donc proposé aux habitants de racheter ses droits. Les 12000 florins de la vente correspondaient aux impôts prélevés chaque année dans les 37 communautés du Grand Escarton (11723 florins en 1339). Il n’y a rien eu de « républicain » dans ces marchandages féodaux. Selon Fauché-Prunelle, cette « république » continuerait d’anciennes municipes gaulois. Or, les libertés que le Dauphin a concédées étaient souvent acquises depuis longtemps. Il en est ainsi du droit d’élire les représentants, syndics, mansiers, procureurs. En 1265, les Briançonnais choisissaient déjà leurs représentants : les mansiers (le manse correspondant au terroir d'un hameau ou d’un quartier), qui répartissaient entre les familles l’impôt qui pesait sur le manse. La « pleine liberté d’administration » s’est en fait forgée au fil des ans dans la communauté fiscale du manse, celle des voisins d'un même hameau ou d’un même quartier. Il en est ainsi du titre « affranchis et bourgeois ». Il signifiait seulement que ces bourgeois  étaient libérés de la taille arbitraire et soumis à la taille fixe. Les gens d’Abriès et tous les paysans aisés avaient obtenu cette franchise avant que la Charte ne soit signée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pauvreté&lt;br /&gt;Le général Guillaume a donné à son livre Le Queyras le sous-titre « Splendeurs et calvaire d’une haute vallée alpine », accréditant avec le mot calvaire une vision tragique du Queyras, forçant la misère dans laquelle auraient vécu les Queyrassins. Ceux qui écrivent sur le Queyras insistent sur la pauvreté, donnant l’impression qu’au Queyras était échu pour seul lot le malheur. Certes, une crise économique très grave a touché le Queyras à compter de 1830. Dans les années 1900-60, la situation à la suite de l’hécatombe de 1914-1918 et de l’exode massif, est dramatique. &lt;br /&gt;Mais, pendant plusieurs siècles et jusqu’au début du XIXe s, le Queyras a été relativement prospère (par rapport à d’autres régions du Sud de la France). Plusieurs faits l’attestent. Au XVIIIe s, Abriès compte des ouvriers agricoles payés à la journée. Ils se marient, ils acquièrent des biens, ils rédigent des testaments. En 1748, l’un d’eux lègue à chacun de ses enfants et à ses petits-enfants des sommes allant de 9 à 80 livres (80 livres étant alors le salaire annuel d’un maître d'école). C'est une succession importante, laquelle est inférieure à celle des paysans propriétaires - ce qui explique, entre autres raisons, que tant de notaires aient pu établir une étude jusque dans les plus petits villages du Queyras. Les ingénieurs, de la Blottière et Ricord, qui ont cantonné avec les armées royales à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe s., ont été étonnés de constater la relative prospérité des Queyrassins. Harriet Rosenberg les cite souvent dans A Negociated World. L’instruction précoce dès le XVIe s (et peut-être avant) est souvent meilleure dans le Queyras que dans les villes riches et prospères du bassin parisien. Alors que, ailleurs, la règle était le fermage, le métayage ou le salariat agricole, presque tous les Queyrassins étaient propriétaires. Ils possédaient des terres, leur maison, leurs outils, du cheptel (le mot signifie aussi « capital ») ovin et bovin, mulets, ânes et mêmes chevaux. Forêts, alpages, pentes abruptes formaient le communal que les habitants géraient eux-mêmes. Fours et moulins étaient des biens collectifs. Tout cela représentait un capital qui, avec du travail, produisait des revenus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La culture &lt;br /&gt;Le patrimoine du Queyras est connu depuis longtemps. Il est vrai qu’il a été, dans les années 1900-1950, parcouru par les responsables du Musée des Arts et Traditions populaires ou du Musée dauphinois, qui y ont acheté coffres sculptés, bâts de mulets, fourches en bois, râteaux, lits fermés, navettes, rouets, trousses, outils de taillandier, etc. Or, c’est un autre patrimoine qui est recensé dans l’Inventaire général du Patrimoine de la France que l’on peut consulter par internet dans les bases de données Mérimée et Palissy du Ministère de la Culture : non pas les objets de la vie quotidienne ou les outils de l’économie agropastorale, mais tout ce qui se rapporte à la vie spirituelle ou morale, chapelles, oratoires, églises, objets du culte, retables, croix ouvragées, tableaux, sculptures, etc. La base Mérimée (édifices) compte environ 160000 notices détaillées ; la base Palissy (mobilier, objets) 260000 notices. La France compte un peu plus de 36000 communes. La moyenne des édifices recensés par commune est environ de 5 et celle du mobilier et des objets est de 8. Ces deux chiffres, 5 et 8, fournissent un indicateur pour évaluer la richesse du patrimoine bâti (chapelles, lavoirs, oratoires, fontaines, églises, digues, maisons anciennes, etc.) ou mobilier (objets de culte, tableaux, sculptures, etc.) d’une commune. Abriès compte 47 édifices recensés et 49 notices sur les objets, tableaux ou pièces de mobilier, soit 10 et 7 fois plus que la moyenne nationale ; la commune d’Aiguilles 38 et 8 ; Arvieux 56 et 62 ; Château-Queyras 54 et 82 ; Molines 23 et 17 ; Ristolas 20 et 7 ; Saint-Véran 40 et 48. Les communes du Queyras comptent parmi les plus riches de France en édifices et en objets et, proportionnellement à leur population, plus riches que de grandes villes comme Aix en Provence (198 notices dans la base Mérimée et 483 dans la base Palissy) et Marseille (258 et 289). Si les Queyrassins avaient été pauvres ou miséreux, jamais ils n’auraient accumulé un patrimoine d’une telle richesse.  Soit la commune d’Abriès (350 habitants aujourd’hui, près de 2000 en 1830). Des édifices et d’innombrables objets auraient figuré dans l’Inventaire général s’ils n’avaient pas été détruits lors de la seconde guerre mondiale. Les œuvres d’art sont des tableaux d’édification religieuse (lutte contre les protestants, Contre Réforme, fin XVIIe et XVIIIe s.) et relevant de l’esthétique baroque, marqués par le baroque du Piémont, de Turin à Cuneo ; des tableaux historiques (sujets empruntés à l’histoire sainte, foule, récit et composition soignée : les 14 stations du chemin de croix, la circoncision de Jésus, la visite de Saint Antoine du désert à Saint Paul l’ermite) ; des tableaux néoclassiques du XIXe siècle (un Saint Roch en hobereau, un agonisant voyant en apparition Saint Joseph et la bienheureuse Emilie de Vialar, 1797-1856, fondatrice de la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition) ; des cadrans solaires peints par le Piémontais Zarbulla (années 1830-40) ; des bas reliefs d’autel ; des tableaux et sculptures doloristes (Notre Dame des Sept douleurs percée de sept glaives, fin du XIXe s) ; des reproductions d’art populaire (statues de saints en stuc moulées, lithographies et chromolithographies, dont des Via Crucis) ; une croix en fer forgé art nouveau ; des scènes de la Passion gravées et peintes (années 1930) sur des plaques métalliques. En bref, ce patrimoine est d'un grand intérêt en lui-même et pour ce qui est de l'histoire de l’art régional. Différent des objets du patrimoine agropastoral, il change la vision que les historiens se font depuis un siècle et demi du Queyras et de ces vallées dites fermées ou isolées ou reculées ou arriérées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les communautés &lt;br /&gt;Dans les années 1920, Robert Husson a observé à Saint-Véran les institutions communautaires (La Montagne veut vivre, Editions R. Guillon) : « Comme un grand pays, notre petite république possède ses lois propres pour la protection de ses concitoyens et de ses institutions. On retrouve en elles ce qui est nécessaire à la vie pastorale d'un petit peuple indépendant (...) Ces prérogatives se sont maintenues jusqu'à nos jours dans la mesure où la grande république n'a pu absorber les lois de la petite. Le maire, ici, est un vénérable personnage dont la voix prime sur celle des autres habitants. La marque de son autorité se fait sentir au cours des négociations et des décisions qui concernent la communauté. C'est le patriarche des sociétés primitives, le paterfamilias des autres pères de familles ». Robert Husson reprend le mythe, diffusé par le juriste Fauché-Prunelle, de la république des escartons. Dans Les Hommes et la montagne en Dauphiné au XIIIe siècle, Henri Falque-Vert note l'émergence des communautés ou universités (dans le latin du Moyen Age, universitas signifie « communauté »). Alors que la noblesse, trop pauvre, se fond parmi les paysans, apparaît un nouveau pouvoir, celui de la communauté, dont le nom est souvent cité à partir de l'enquête fiscale de 1265. C'est elle qui conserve des documents, qui contrôle certaines taxes, qui gère des moulins. Au XIVe s, elle obtient de nouveaux pouvoirs. Elle décide des coupes de bois, perçoit des revenus, participe à la répartition des charges, acquiert des offices. &lt;br /&gt;Un document révèle ce qu’est une communauté : le règlement de la communauté de Molines, voté le 4 juin 1770, et publié par J Tivollier dans le Bulletin de la Société d'Etudes des Hautes-Alpes, Gap, 1901. C’est une assemblée de chefs de famille, toujours des hommes, petits propriétaires, payant de nombreux impôts et ayant sous leur autorité leur épouse, parfois leurs parents âgés et de nombreux enfants, dotant les filles et établissant les garçons en partageant entre eux les biens fonciers de la famille. Ce sont ces chefs de famille qui élisent chaque année deux consuls, nommés aussi syndics. En 1770, les deux consuls de Molines sont Pierre Eme et Pierre Sibille. Le règlement de 1770 comprend 35 articles et se caractérise par une longue série d'interdictions, avec des sanctions prévues à chaque infraction. Les principaux articles interdisent de couper des arbres dans des bois dits devez (c'est-à-dire défendus), de faire paître des troupeaux de moutons dans ces mêmes bois ou dans les champs, les bords des canaux et les talus, de porter du feu sur des grilliers (ustensiles pour porter des braises d'une maison à l'autre), de détenir de faux poids et mesures, de porter devant la justice les différends à propos des dommages aux récoltes ou du bornage des propriétés (les différends seront tranchés par les consuls). Aux interdictions correspondent des sanctions sous la forme d'amendes qui peuvent être élevées. &lt;br /&gt;Pourtant, on ne peut s'arrêter là. A la fin du XIXe s, un voyageur, Gustave Derennes, inspecteur d'Académie, rapporte le témoignage d'un facteur queyrassin (A travers les Alpes françaises) : « Je fis la route (de Château-Queyras à Aiguilles) avec un facteur, un brave homme, qui connaissait à merveille le pays… Il n'y pas très longtemps, m'a-t-il, que les maires d'Aiguilles portaient le titre de rois (en fait, celui de consuls ou syndics). Une fois élus, ils devenaient les maîtres absolus de la communauté, jugeaient les différends, frappaient d'amendes les délinquants cités par eux devant eux, parfois même les condamnaient à l'exil pour un, deux ou trois ans. Les habitants auraient pu éviter cet assujettissement. Ils n'y songeaient pas : aucun d'eux n'aurait osé enfreindre un ordre ou demander à la loi de le protéger contre un jugement qu'il aurait pu regarder comme injuste. Ce trait de mœurs qui rappelle les vieilles habitudes d'indépendance des communautés n'a disparu que dans ces derniers temps ». Le règlement de Molines a été signé par 42 chefs de famille : or la communauté comptait alors 178 familles. De même, alors qu’il y avait à Arvieux à la fin du XVIIIe siècle 195 familles, seuls 40 chefs de famille ont élu les consuls en 1696. Il semble donc que les communautés étaient moins unies que cela a été dit. Les Queyrassins, très tôt alphabétisés, étaient très attachés au droit écrit. Or, si des différends ont opposé les sept communautés à l’administration du royaume ou aux communautés de l’Embrunais, des différends ont aussi opposé les communautés, et cela à propos des droits de chacune d’elles, du bornage, du pacage ou de l’affouage. Les archives du Queyras sont pleines des minutes de ces procès au sujet des prés de Pra-Patris, de la forêt de Riou Vert, de la forêt de la Fusine, de la forêt de Marassan (le premier procès eut lieu en 1387 et le dernier en 1834). Ces faits avérés sont très importants pour comprendre ce qu’a été le Queyras. Il faut se garder des visions idylliques que l’on peut lire au sujet des communautés. De violents conflits les ont opposées. Cela a eu pour conséquence de renforcer les particularités de chacune d’elles, ce qui permet, entre autres facteurs, d’expliquer la défiance persistante qui caractérise parfois les relations nécessaires qu’entretiennent les communes actuelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’économie agropastorale &lt;br /&gt;Au XIIIe s, le Queyras vit de la culture des céréales. Environ les 3/4 des impôts payés par les habitants portent sur les récoltes. Les céréales cultivées, qui alternent dans un même champ avec la jachère, sont le seigle, base de la nourriture humaine, et l’orge ou l’avoine, qui permettent de nourrir les animaux. Les terroirs se caractérisent par une opposition entre les champs et les prairies qui s’étendent sur les adrets autour des villages et des hameaux d’une part et d’autre part les espaces incultes, dont les alpages, ainsi que par un étagement de la végétation suivant l’altitude. L’élevage entraîne le développement du commerce, les paysans vendant une partie des bêtes qu’ils élèvent, ce qui permet de créer des activités artisanales. En 1259, le Dauphin fonde à Abriès un marché aux bestiaux (moutons, brebis, agneaux, boucs, porcs, boeuf, vache, cheval, jument, âne). L’objectif était de concurrencer le marché de Luserne. Ce marché connaît un succès relatif, celui de Briançon, à la même époque, se développant beaucoup plus vite. La monnaie circule mieux. En 1250-65, 18% des impôts dus au Dauphin sont payés en argent ; en 1339, 25% - ce qui entraîne la hausse des prix agricoles et l’utilisation de monnaies comme le gros sou tournois et même le florin d’or des Lombards. Des activités artisanales apparaissent : confection de fromages, travail du bois (pour fabriquer plats et écuelles), gravières (pour la réfection de Fort-Queyras), battoirs ou paroirs (ateliers de fabrication de vêtements), fours à pain, moulins. &lt;br /&gt;Tels sont les traits de l’économie agropastorale traditionnelle. Raoul Blanchard est un géographe célèbre. Il est l'auteur d’un article « la vie à Saint-Véran », publié dans La Montagne en 1910. Cet article est divisé en trois parties : les conditions géographiques de Saint-Véran, la vie à Saint-Véran, les indices d'une transformation. La troisième partie est la plus intéressante. Raoul Blanchard énumère les transformations qui rapprochent une « civilisation très ancienne et très stable » « des conditions générales de la vie moderne » : la construction d'une bonne route empierrée, le village relié au reste de la France par le fil télégraphique, la création de petites industries à domicile qui donnent du travail en hiver (taille de pierres précieuses, ateliers de tricotage mécanique), l’introduction du ski grâce auquel on se déplace plus facilement l'hiver, le développement du commerce du beurre et des fromages. Pourtant, il reste persuadé que l'avenir du village est l'agriculture : « Ce n'est pas la vie d'été qui va changer, Saint-Véran devant rester évidemment un village agricole, il faudra toujours se hâter de bousculer tous les travaux des champs dans la courte période donnée par le climat ». A aucun moment, il ne prévoit que le tourisme assurera aux habitants du village, comme à tous les Queyrassins, le même niveau de vie qu’aux Français. S’il ne peut pas imaginer un autre avenir qu’agropastoral, c’est que Raoul Blanchard a des préjugés déterministes. Il est persuadé que la vie des hommes est fixée pour toujours par les conditions physiques du pays dans lequel ils vivent. Les Queyrassins ont démontré que le contraire était possible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces exemples montrent que la mémoire savante doit être soumise, comme la mémoire populaire, à un examen attentif et que le savoir qu’elle transmet n’est pas aussi « pur » qu’il ne le semble.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-3779689747505415153?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/3779689747505415153/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=3779689747505415153' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/3779689747505415153'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/3779689747505415153'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/11/mmoire-savante-du-queyras.html' title='Mémoire savante du Queyras'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SRWcHZ_2xSI/AAAAAAAAANc/2YGrPxF5JnI/s72-c/Saint+V%C3%A9ran+2007007.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-2380991883571617356</id><published>2008-10-20T16:01:00.003Z</published><updated>2008-10-20T16:04:30.263Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre N. Deuxième article'/><title type='text'>Notaires (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Dans sa &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Monographie de Saint-Véran&lt;/span&gt; (1928, Société d’Etudes des Hautes-Alpes), l’abbé Pierre Berge, après avoir écrit page XX de l’Introduction : « ce qui frappe dans l’étude des archives du Queyras, c’est le très grand nombre de notaires dans chaque communauté », note que, au moment où il rédige sa monographie, dans les années 1920, « un seul notaire exerce ses fonctions dans les sept communes du Queyras », Pierre Eyméoud, notaire à Château Queyras, l’office d’Abriès ayant été supprimé en 1903 et celui d’Aiguilles en 1871. Aujourd’hui, il n’y a plus d’étude de notaire dans le Queyras. Toutes les affaires (ventes, donations, héritages, partages, etc.) sont traitées à Guillestre. Il semble que la dernière étude, qui se trouvait à Château-Queyras, ait cessé ses activités à la fin de la deuxième guerre mondiale. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il en allait différemment avant la Révolution. Ainsi, une assemblée s’est tenue le 2 janvier 1629 pour répartir les charges occasionnées aux communautés d’Arvieux, Château, Molines par le logement des troupes de l’armée de Mantoue conduite par M. le marquis d’Uxelles : c’était pendant la guerre de la succession de Mantoue, de 1629 à 1632, opposant la France à la Savoie alliée de l’Espagne et à laquelle a mis fin le traité de Saint Germain, confirmant l’annexion de Pignerol à la France. A cette assemblée étaient présents les consuls du Queyras, assistés des notaires et de leurs commis. Les voici cités, d’abord ceux des trois communautés concernées, puis ceux des quatre autres : Philippe Garcin-Ysoard et Jean Gautier, consuls de Molines, assistés de Fagon et Jean Faure, notaires, et Jean Alberge, commis ; Antoine Albert et Jean Fantin, consuls d’Arvieux, assistés de Jacques Simon, Jean Albert, notaires, et Isaac Fantin ; Jacques Puy et Claude Favat, consuls du Château et Ville-Vieille, assistés de Mathieu Humbert, Simon Eymar, David Puy et Jean Meyer, notaires, Claude Puy et Jacques Imbert, commis ; Jacques Avieny, docteur en médecine et Claude Berthelot, consuls d’Abriès, assistés de François Berthelot et Jacques Martin, notaires ; André Challe et Jacques Guérin, consuls d’Aiguilles, assistés de Blaise Martin, Jean Challe et Chaffrey Jouve, notaires ; Antoine Martinet, notaire, et Paul Armand-Bastier, consuls de St-Véran, assistés de Jean Jouve notaire ; Pierre Reynaud-Pascal et Jean Gérard, consuls de Ristolas, assistés de Thomas Laurens et Guillaume Laurens, notaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dix-sept notaires participaient à cette assemblée. L’abbé Pierre Berge en dénombre vingt : quatre à Abriès, deux à Aiguilles, deux au Château, quatre à Arvieux, trois à Molines, trois à Saint-Véran, deux à Ristolas. Alors, le Queyras comptait environ six mille habitants, alors qu’il y en avait 6305 en 1699, soit un notaire pour un peu plus de trois cents habitants. On peut en conclure que chaque communauté comptait en moyenne plus de deux notaires. Selon l’abbé Berge, ils étaient souvent consuls ou « ils remplissaient l’office de garde-notes ou des archives, de petit sceau, de receveurs de taille, d’auditeurs des comptes » et « souvent ils étaient choisis comme délégués au baillage, à l’escarton, à Grenoble, au Parlement de Dijon, en Piémont ; ils écrivaient les minutes très longuement, ils dressaient les inventaires des pupilles, les papiers de la vallée ; ils établissaient les cadastres» (p XXI). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour comprendre pourquoi ils étaient aussi nombreux, il suffit de citer cette longue analyse de Mme Harriet Rosenberg dans son livre &lt;span style="font-style:italic;"&gt;A Negociated World, Three Centuries of Change in a French Alpine Community&lt;/span&gt; (University of Toronto Press, 1988 : la traduction est de l’auteur de ces lignes). Voici comment elle expose le « système de propriété », à la fois « à peu près égalitaire » et « complexe », en vigueur dans le Queyras d’Ancien Régime : « Ce système est fondé sur les héritages et les dots… Un Queyrassin peut hériter d’un parent à un moment ; d’un oncle à un autre ; d’un proche, cousin ou grand parent, à un autre moment encore. Les dispositions testamentaires s’échelonnent tout au long de la vie et même parfois sur plus d’une génération (…). Les fortunes familiales évoluent sans aucun doute, mais le principe qui sous-tend cela permet de pourvoir chacun de quelque chose, à l’intérieur du système communautaire de forêts, de pâtures et de gestion communes. (…) Les testaments, les contrats de mariage montrent l’éparpillement des biens chez de nombreuses personnes au travers du temps. Cela s’étend parfois sur plusieurs générations. Les arrangements pour les dots se passent d’une manière semblable, Les dots proviennent de sources diverses : de la famille proche ou de parents. Les contrats de mariage précisent généralement que les dots sont versées aux maris par traites avec des intérêts payés annuellement. Certains de ces contrats s’étirent sur une quinzaine d’années. Le paiement échelonné agit à plusieurs niveaux. Il faut un temps considérable aux petits paysans pour rassembler les dots considérables, mais le mariage n'est pas retardé. Ainsi, les ressources d’un ménage peuvent être contrôlées avec soin et chacun s’engage à tenir des registres. Cela permet aussi de contrôler les hommes dans une région où la migration saisonnière était courante. Quand les hommes partent chaque hiver travailler en Italie ou dans le sud de la France, rien ne garantit qu'ils reviendront. Le paiement échelonné des héritages et des dots sert de garantie à leur retour. La plupart des contrats spécifient que le beau-père paiera en été et, pour avoir son argent, le gendre doit revenir au village (…). De plus, pour que l’exploitation soit viable, il faut qu’elle soit composée de terres variées : des champs, des prairies, l’accès à la forêt communale et aux pâturages d'altitude. De légères différences dans la pente, l’exposition au soleil et la qualité de l’irrigation entraînent de gros écarts de productivité. Dans les testaments, il est aisé de répartir entre plusieurs héritiers de petits champs, de façon à ce que chacun puisse faire vivre sa famille ». Il apparaît donc que les Queyrassins étaient obligés de recourir régulièrement aux services d’un notaire pour rédiger leur testament, ou pour établir un contrat de mariage et fixer le montant de la dot, ou pour acheter telle ou telle parcelle, ou pour emprunter de l’argent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Les notaires, qui étaient hommes de loi et officiers ministériels, ont joué aussi un rôle important dans la vie publique du Queyras. Ils étaient envoyés en délégation pour régler une question : ainsi, en 1624, il est décidé que « Jean Meyer, notaire de Ville-Vieille, et Daniel Bec, notaire d’Abriès, iront supplier Lesdiguières d’exempter la vallée du passage des gens de guerre ». En février 1649, le gouverneur de Pignerol (alors en France) ayant réclamé trois cents  hommes armés pour garder la forteresse, Jean Martin, notaire et consul d’Abriès, se rend dans cette ville pour « remontrer l’impossibilité qu’il y a en cette saison de trouver ledit nombre d’hommes en cette vallée, attendu que la plupart des hommes sont absents, tant au Languedoc que en Piémont et en Bourgogne ». Les notaires étaient rémunérés et défrayés pour les services qu’ils rendaient aux communautés : en 1625, il est octroyé « diverses sommes pour les affaires de la vallée à Daniel Bec et Jean Dalmas, François Berthelot, notaire d’Abriès, Chaffrey Meissimilly, Jean Fantin, notaire d’Arvieux, Jean-Chaffrey Maritan, François Albert, ancien secrétaire, et autres ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Quand la peste menaçait, les notaires pouvaient être désignés pour interdire l’accès du Queyras aux voyageurs qui n’auraient pas de billets de santé ou même pour rédiger des billets de santé à l’intention de ceux qui quittaient le Queyras. En 1631, « Jacques Meyer, notaire des Meyriès, est commis pour continuer à faire la garde au lieu de La Chapelue et faire les billets de la santé, moyennant 8 sols par jour ». En 1721, « François Eyme, notaire de Molines, qui s’est absenté de son poste de garde de La Chanalette le 3, jour où se tenait la foire de Guillestre, sera, à cause du mal contagieux, puni d’une amende de 25 livres ».&lt;br /&gt;En 1721, pour faire face à la peste qui menace, il est établi un « conseil de santé », composé des notables et de membres de familles qui ont exercé pendant deux siècles des responsabilités dans la vie publique. En font partie Hyacinthe Berthelot, avocat, André Fantin, docteur en médecine, Romain Berge, consul de Molines, François Eme, notaire, Pierre Garcin feu Pancrace, Jean Fantin, consul d’Arvieux, Jacques Fantin La Tour, Jean Albert fils de Gervais, André Philip, consul de Château Ville-Vieille, Mathieu Audier, François Audier notaire, Jean Meyer notaire, Jean Philip, Jean-Laurent Bourcier, consul d’Abriès, Chaffrey Berthelot, Laurent Jouve, consul d’Aiguilles, Chaffrey Bernard, notaire, Joseph Jouve, notaire, André Bertrand, Pierre Jouve, consul de St-Véran, Christophe Barthélemy, Jean Isnel, Chaffrey Mathieu, Pierre et Antoine Laurens, consuls de Ristolas, « et autres ». Dans ce « comité », chaque communauté est représentée par un seul consul, sauf Ristolas, qui en a envoyé deux (deux frères Laurens ou un père et son fils). Tous ceux qui en font partie ne sont pas nommés : « et autres », est-il écrit dans le document. Le statut de ceux qui en font partie n’est pas toujours précisé, sauf s’ils sont consuls, notaires ou médecins. Le fait est que l’on ne compte dans ce « conseil » que cinq notaires. Comment expliquer ce petit nombre ? Certes, le « conseil » en question est dit « de santé », mais les décisions qu’il a à prendre (interdire l’accès du Queyras aux voyageurs, exiger des billets ou des certificats de santé, en établir aux Queyrassins qui voyagent, etc.) sont en relation avec le droit et auront force de loi. Les notaires y avaient donc toute leur place. Ou bien, en un siècle, entre l’assemblée de 1629 (dix-sept notaires présents) et le conseil de santé de 1721 (cinq notaires), des notaires ont renoncé à exercer leur charge, faute qu’elle soit rentable. L’abbé Pierre Berge écrit (op. cit, p XXI) : « le 5 janvier 1629, Monsieur Mottet, procureur du Queyras, écrit de Briançon aux consuls que le réduction des notaires est résolue ». En 1629, la France était encore en partie un « Etat de justice », comme au XVIe siècle : le droit, la loi, la règle y étaient déterminants. Sous Louis XIII et Richelieu, l’Etat de justice devient peu à peu une monarchie administrative, dont la centralisation s’accentue sous Louis XIV. « Au XVIIe siècle, écrit Pierre Berge, le Queyras devint une subdélégation de l’Intendance, pour les douanes et les gabelles seulement ». L’intendant du Dauphiné et ses représentants ou commis interviennent de plus en plus souvent dans les affaires du Queyras. Ce contexte nouveau réduit le rôle des notaires dans la vie publique du Queyras     &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non seulement le Queyras a été alphabétisé dès le XVIe siècle, mais c’est aussi, contrairement à beaucoup de régions de « culture orale » du Sud de la France, un mandement de droit écrit, où, jusqu’à une date récente, les notaires, les procureurs, les syndics, les hommes de lettres, le secrétaire de la vallée ont joué un rôle social de premier plan.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-2380991883571617356?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/2380991883571617356/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=2380991883571617356' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2380991883571617356'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2380991883571617356'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/10/notaires-dictionnaire-historique-et.html' title='Notaires (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-8258686832623985315</id><published>2008-10-08T05:17:00.005Z</published><updated>2008-10-08T05:29:57.178Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre N. Premier article.'/><title type='text'>Neff Félix (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/memoire/1413/ivr93_91050306x_p.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px;" src="http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/memoire/1413/ivr93_91050306x_p.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Temple d'Arvieux (intérieur) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Félix Neff&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A. Bost, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Lettres de Félix Neff&lt;/span&gt;, missionnaire protestant en Suisse et dans les départements de l’Isère et des Hautes-Alpes, formant, avec quelques additions, la seule biographie complète qui ait paru sur ce prédicateur, à Genève, 1842, chez l’auteur (ministre du Saint Evangile), environ 900 p. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Félix Neff, né à Genève en 1798, est mort en Suisse en 1829. En 1823, il est consacré pasteur à Londres et il choisit d’exercer son ministère dans une très vaste paroisse de montagne qui englobe la vallée du Queyras et celle de Freissinières. C’est un militant du « Réveil » - ce renouveau spirituel et social qui a touché au début du XIXe s les communautés protestantes de toute l’Europe et qui a renoué avec l’esprit missionnaire et évangélique des protestants du XVIe s. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant six ans, Félix Neff a eu une activité intense, qui nous est connue grâce aux nombreuses lettres qu’il a adressées à ses correspondants en Suisse ou en Angleterre. Il a prêché l’Evangile dans toutes les communautés de sa paroisse, il a fait construire une école à Dormillouse, hameau de la vallée de Freissinières, puis dans deux autres hameaux. En 1826, il a formé une vingtaine de jeunes hommes au métier de « régent de village ». Dans une lettre écrite à Arvieux, datée du 1 juin 1826, il s’exprime ainsi :&lt;br /&gt;« Jusqu’à présent, aucun de nos jeunes élèves n’a pu se placer comme régent, parce qu’on ne fait point d’école l’été, mais plusieurs tiennent des écoles du dimanche, qui commencent à prendre dans nos contrées. Voici, pour le présent, comment ils sont placés et utilisés : à Saint-Véran, Chaffrey Matthieu et Joseph Jouve font le service au temple deux fois par dimanche ; ils tiennent également l’assemblée du soir, et l’école du même jour. Ils tiennent aussi des réunions dans la semaine ; et à l’approche de l’hiver ils iront probablement se placer quelque part comme maîtres d'école. Le dernier, J. Jouve, d’un caractère ferme et un peu original, assez intelligent et instruit, a fait cet hiver beaucoup de progrès dans les choses divines. De rebelle et orgueilleux, il est devenu un fidèle serviteur de l’Agneau de Dieu ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Félix Neff a eu aussi des préoccupations sociales et s’est montré soucieux d’hygiène et de progrès agricole. Il a réussi à convaincre ses paroissiens d’adopter de nouvelles méthodes dans la culture des pommes de terre : « En Queyras, où cette plante vient difficilement à cause de la gelée d’été, on la cultive aussi fort mal. J’en ai planté moi-même dans mon jardin, et je les ai traitées à ma façon. Les paysans, qui se moquaient de moi, ont été curieux de les voir arracher ; il y avait jusqu’à soixante-dix tubercules à une seule plante ; ils m’ont tous prié de leur enseigner ma méthode ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui frappe à la lecture de ces lettres, c’est l’abîme qui sépare Félix Neff, un homme des villes et même des grandes villes (Genève et Londres), cultivé, écrivant dans un français élégant, animé d’une foi vive et inébranlable, dans laquelle il trouve son bonheur (c’est un des premiers militants du Réveil), doté d’une sensibilité romantique, exprimant ses espérances, sa joie, ses croyances, ses sentiments sans honte, ni gêne, et les paysans queyrassins qu’il cherche à évangéliser, prudes, méfiants, pudiques, à qui la sensibilité romantique est totalement étrangère. Cet abîme apparaît dans l’extrait ci-dessous, daté de 1825 : &lt;br /&gt;« A la Chalp d’Arvieux je trouvai quelques jeunes filles du catéchisme qui me parurent un peu plus sérieuses qu’auparavant, mais je ne pus rien savoir de leur état spirituel. On ne saurait croire combien il faut de patience avec ces jeunes gens demi-sauvages, pour s’assurer de leurs besoins et y pourvoir. Si on leur demande une explication quelconque sur un sujet étranger à eux-mêmes, ils la font hardiment, suivant leurs lumières ; mais dès qu’il s’agit d’eux-mêmes, il est impossible d’en obtenir la moindre réponse. Ils demeureront des mois entiers dans le doute et l’angoisse plutôt que d’ouvrir leur cœur, et cependant il serait difficile de les traiter avec plus de patience et de simplicité que je ne le fais. De tels caractères sont très fatigants à conduire ; j’en ai trouvé partout, mais ici plus qu’ailleurs ». &lt;br /&gt;« Le samedi 25 mars, j’admis, quoique à regret, les catéchumènes d’Arvieux à faire leur première communion. L’après-midi, je tiens une réunion à Brunissard, et le soir à la Chalp. Le dimanche des Rameaux, je donnai la cène le matin et fis, l’après-midi, le service de la Passion à la Chalp ; le soir, j’eus encore une assemblée à Brunissard. On se rendit en foule à ces services, mais je ne voyais que des yeux secs et des coeurs glacés ; je ne pus m’empêcher de leur en témoigner mon indignation, et de leur dénoncer le jugement terrible qu’ils se préparent en fermant ainsi leurs coeurs à la voix suppliante du bon Berger ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut se demander aussi si ce pasteur de Genève, aimant la nature à la manière des disciples de Jean-Jacques Rousseau (parmi lesquels il faut le compter, à n’en pas douter), ne se fait pas d’illusions sur le monde et les hommes, comme en témoignent les remarques qu’il exprime à propos de l’influence néfaste de la ville sur les moeurs des jeunes Queyrassins : &lt;br /&gt;« En Queyras, à Arvieux, Barthélémy Albert, de Brunissard, âgé de dix-neuf ans, boiteux des deux pieds, mais d’ailleurs robuste, vif, intelligent et doué de l’organe musical, don très rare dans nos montagnes, lit et chante au temple d’Arvieux, et fait à Brunissard deux services l’après-midi et le soir du dimanche. Il tiendra aussi l’école du dimanche que j’espère y établir. Il lutte avec fermeté contre l’apathie et la rudesse de ses compatriotes et contre la malice des jeunes hommes, qui apportent de Marseille, où ils passent l’hiver, toutes les mauvaises dispositions de la populace d’une grande ville ; il fortifie et soutient ceux qui ont quelques bons désirs ; et l’hiver il tiendra probablement l’école des enfants dans son village ».&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-8258686832623985315?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/8258686832623985315/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=8258686832623985315' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/8258686832623985315'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/8258686832623985315'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/10/neff-flix-dictionnaire-historique-et.html' title='Neff Félix (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-8052514947801924780</id><published>2008-09-14T14:55:00.006Z</published><updated>2009-10-30T10:50:41.622Z</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-8052514947801924780?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/8052514947801924780/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=8052514947801924780' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/8052514947801924780'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/8052514947801924780'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/09/abb-b.html' title=''/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-7330516194622604631</id><published>2008-09-05T15:35:00.005Z</published><updated>2008-09-05T15:39:56.640Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre M. Cinquième article.'/><title type='text'>Mules et mulets (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SMFSiG9M8RI/AAAAAAAAANM/5xokuLnWWY4/s1600-h/mulassiere.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SMFSiG9M8RI/AAAAAAAAANM/5xokuLnWWY4/s320/mulassiere.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5242562187172311314" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SMFSdrUKfeI/AAAAAAAAANE/IzzioiCzhSw/s1600-h/3muletsPT.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SMFSdrUKfeI/AAAAAAAAANE/IzzioiCzhSw/s320/3muletsPT.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5242562111032950242" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mule est un animal hybride femelle, produit de l’accouplement de l’âne et de la jument, ou du cheval et de l’ânesse, et qui est généralement stérile ; le mulet, un animal hybride mâle, stérile, qui est issu de l’accouplement de l’âne et de la jument. Les qualités reconnues aux mulets et aux mules sont la vigueur, l’endurance et la patience, mais leur défaut principal est d’être d’une obstination proverbiale.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le Queyras agro-pastoral n’aurait sans doute pas existé sans les mulets, les chevaux et les ânes. Albert Borel leur consacre une page des &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Pieds en Queyras&lt;/span&gt; : « Le mulet est costaud des reins et sûr des pieds. Il peut porter jusqu'à 150 kg. Mais il peut aussi tirer et labourer. Le cheval est fait pour tirer. Mais il porte aussi facilement jusqu'à 120 kg. L’âne peut porter une charge de 80 kg mais il n’a point de force dans les épaules ». Les mulets sont des animaux de bât, portant de lourdes charges : trousses de foin, troncs d’arbre, pierres, marchandises diverses, et de trait : ils tirent la charrue ou le traineau.&lt;br /&gt;Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le Queyras était dépourvu de routes. Les charrettes, les chariots, les carrioles, les voitures tirées par les chevaux, les diligences ont longtemps été inutiles. Il n’y a que des chemins ou des sentiers, dits muletiers, parce qu’ils n’étaient accessibles qu’aux mulets. Toutes les familles en possédaient au moins un. Il était impossible de travailler sans mulet, sans cheval ou sans âne. De fait, les muletiers occupaient une place importante dans la vie du Queyras, les plus emblématiques étant les « beurrariès », ces muletiers qui allaient vendre à Gap, à Embrun et dans d’autres villes des Hautes-Alpes, les beurres et les fromages fabriqués dans les villages.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-7330516194622604631?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/7330516194622604631/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=7330516194622604631' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7330516194622604631'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7330516194622604631'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/09/mules-et-ulets-dictionnaire-historique.html' title='Mules et mulets (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SMFSiG9M8RI/AAAAAAAAANM/5xokuLnWWY4/s72-c/mulassiere.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-868242842323255858</id><published>2008-08-28T09:40:00.004+01:00</published><updated>2008-08-28T09:55:40.341+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre M. Quatrième article.'/><title type='text'>Molines (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SLZoAff7eEI/AAAAAAAAAM8/EwHoRJuHfWU/s1600-h/Pierre-Grosse.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://1.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SLZoAff7eEI/AAAAAAAAAM8/EwHoRJuHfWU/s320/Pierre-Grosse.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5239489574156859458" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SLZnmsPRjhI/AAAAAAAAAM0/kxfLesQNOC4/s1600-h/Pierre-Grosse.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/http://www.blogger.com/img/gl.photo.gifSLZnmsPRjhI/AAAAAAAAAM0/kxfLesQNOC4/s320/Pierre-Grosse.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5239489130900065810" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SLZnis-ihjI/AAAAAAAAAMs/e1J0FGYEl0Y/s1600-h/Molines+%C3%A9glise+St+Romain+Calvaire.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://1.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SLZnis-ihjI/AAAAAAAAAMs/e1J0FGYEl0Y/s320/Molines+%C3%A9glise+St+Romain+Calvaire.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5239489062378833458" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SLZnc8KpIFI/AAAAAAAAAMk/fych5WoXIGI/s1600-h/Molines+Saint-Romain+le+choeur.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://1.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SLZnc8KpIFI/AAAAAAAAAMk/fych5WoXIGI/s320/Molines+Saint-Romain+le+choeur.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5239488963376914514" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SLZnUwRvpQI/AAAAAAAAAMc/I2CsdfEC2hQ/s1600-h/Molines+%C3%A9glise+Saint-Romain.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SLZnUwRvpQI/AAAAAAAAAMc/I2CsdfEC2hQ/s320/Molines+%C3%A9glise+Saint-Romain.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5239488822746522882" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ci-dessus l'église Saint-Romain, une vue du choeur, un tableau de crucifixion et une vue du hameau de Pierre-Grosse&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vallée de Molines et de Saint-Véran est la plus élevée de toutes les vallées du Queyras. A 2000 mètres d'altitude, les villages sont habités toute l’année, les terres (encore) cultivées et des prairies fauchées. Même par rapport aux autres vallées du Queyras, où les villages sont construits entre 1300 et 1600 m, la situation est exceptionnelle. Le géographe, Raoul Blanchard, spécialiste des Alpes, explique cela par les schistes lustrés, très tendres à Molines et à Saint-Véran et que l’érosion glaciaire a entaillés largement pour donner aux montagnes ce modelé adouci aux vastes dimensions. La vallée est donc ouverte. Comme elle est exposée au sud, il est possible, malgré l’altitude, de produire du seigle, des pommes de terre, des légumes et beaucoup de foin. L’exposition favorable explique que les températures relevées à Molines ou à Saint-Véran soient moins froides en hiver que dans les villages de la vallée du Guil, situés pourtant cinq cents mètres plus bas.&lt;br /&gt;Deux torrents coulent au fond de cette vallée : l'Aigue Agnelle et l'Aigue Blanche, son affluent, qui confluent un peu en amont de Molines. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La « demoiselle coiffée »&lt;br /&gt;Au-delà de l'embranchement des Prats, la route de Molines se rapproche du torrent qu’elle surplombe de plusieurs dizaines de mètres. Sur la droite, on peut voir une demoiselle coiffée ou colonne surmontée d'une énorme pierre, de 15 mètres de haut environ. Les gens du pays l'appelaient baromé (ce qui signifie homme puissant), dans leur dialecte. On connaît la formation géologique de cette curiosité naturelle. L’eau érode les terrains tendres. Une énorme pierre protège de l’érosion les parties qu'elle recouvre, si bien que celles-ci finissent par former une colonne. Au début du XIXe s, il y avait encore là cinq demoiselles coiffées, semblables à celle qui a subsisté. Elles ont perdu leur « chapeau » de pierre et l'érosion a miné peu à peu la colonne de roche tendre.&lt;br /&gt;Sur la pente, il y a ça et là des rochers de grandes dimensions : ce sont des blocs erratiques, apportés par les anciens glaciers qui occupaient la vallée. &lt;br /&gt;Sur la gauche, on veut voir les ruines du hameau le Serre des Chabrands (situé dans la commune de Château-Ville-Vieille). Il est inhabité depuis le début de ce siècle. Au-delà du hameau, la vallée s'élargit : commence la commune de Molines. Le paysage est typique des hautes vallées. Sur l'ubac (la rive gauche du torrent), des bois de mélèzes avec quelques prairies. Sur l'adroit, exposé au sud, quelques parcelles encore cultivées et de vastes pâturages qui s'élèvent jusqu'aux crêtes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Molines (1780 m)&lt;br /&gt;Molines doit son nom ou bien aux nombreux moulins qui fonctionnaient encore au début du XIXe siècle sur l'Aigue Agnelle et l'Aigue Blanche, ou bien au sol mou et tendre dont sont faites ses prairies. &lt;br /&gt;Le village est divisé en deux parties. Sur la droite de la route, l'église avec le presbytère et le cimetière. Sur la gauche, le Serre, le centre de Molines construit sur une éminence, le nom &lt;span style="font-style:italic;"&gt;serre&lt;/span&gt; signifiant "coteau", "colline", "hauteur". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'église, consacrée à Saint-Romain, a été détruite en 1574, lors des conflits religieux, puis refaite en 1628-I635 et agrandie en 1692, puis restaurée à plusieurs reprises. La nef est à trois travées et la voûte en pierres de taille. Le choeur est orné d'une très riche décoration qui représente la théologie triomphante de la Contre Réforme catholique. Il y a un beau retable en bois sculpté orné de moulures dorées et de plusieurs tableaux représentant le Sauveur en croix. Le clocher est une tour carrée, massive, haute de dix mètres environ.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au Serre, qui fut partiellement incendié plusieurs fois (en 1869, 22 maisons et avec leurs récoltes engrangées ont brûlé), il reste quelques vieilles maisons avec des fenêtres géminées. Sur celle de G. Eme, vibailli d'Embrun au XVIe s, on peut voir des inscriptions et des écussons, qui attestent de la puissance de l'ancien propriétaire. Après l'incendie de 1869, les maisons ont été reconstruites en pierres. Le Serre de Molines domine la vallée, ouverte et fertile : beaucoup de pâturages couvrent les pentes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le mur est de l’Office du tourisme est peint le « carré magique » célèbre : il est fait d’une grille de cinq carrés dans lesquels sont écrits cinq mots, SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS, qui se lisent de lamême manière verticalement et horizontalement et ont la particularité d’être des palindromes : ils se lisent de gauche à droite et de droite à gauche (SATOR et ROTAS ; AREPO et OPERA), TENET ayant la particularité d’être un palindrome parfait, comme LAVAL ou REVER. Ce « carré magique » qui était peint sur les murs d’une maison de Pompéi était connu dans tout l’Empire romain. Le sens en est obscur : sator signifie-t-il « semeur » ou « créateur » ? Arepo n’est pas un mot latin : gaulois peut-être ? Opera est-il l’ablatif du nom opera ou l’accusatif neutre pluriel d’opus ? Il a donné lieu à d’innombrables interprétations : chrétiennes, mystiques, ésotériques. &lt;br /&gt;      &lt;br /&gt;La principale activité du village est le tourisme, en été et en hiver. Hôtels, station de sports d’hiver, pistes aménagées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hameaux &lt;br /&gt;La Rua - « rue » ou « route » (1704 m)&lt;br /&gt;Les maisons ont un rez-de-chaussée en pierre. Les parties supérieures ou fustes sont en bois. On peut y voir quelques vieilles maisons. L’une a une belle fenêtre, qui date du XVe s, géminée et à arcs trilobés. Il en reste une autre de la même époque, avec quelques belles fenêtres sur la façade. Elle fut la demeure d’un vibailli de Briançon : Oronce Eme, dont la famille a exercé par la suite d’importantes fonctions dans le Dauphiné. Entre la Rua et Molines, beaucoup de chalets ont été construits depuis la fin des années 1960.&lt;br /&gt;Gaudissard&lt;br /&gt;Au-dessus, à mi pente, Gaudissard (1830 m) fut incendié à plusieurs reprises. En 1938, selon Tivollier, les maisons étaient en ruines. L’une d’elles a été restaurée et transformée en hôtel. Dans les Archives du Queyras, est relaté un fait divers dramatique. En 1688, des soldats, cantonnés à Molines, forcèrent une nuit la porte d’une maison. Ils volèrent ce qu’ils y trouvèrent, violèrent une femme et mirent le feu par imprudence à tout le hameau. Les victimes se plaignirent auprès du capitaine de la compagnie, qui les fit battre parce qu'ils accusaient ses soldats. La justice fut saisie de l’affaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La chapelle Saint-Simon (2190 m) &lt;br /&gt;Le 6 août, cette chapelle était le lieu d'un pèlerinage. Les paroissiens de Fontgillarde, de Saint-Véran, de La Chalp se joignaient à ceux de Molines. Jean Tivollier, dans les années 1930, a assisté à l’un de ces pèlerinages annuels. Il le raconte ainsi : « La procession, partie de Molines, remonte vers les prés de Fromage éveillant l'écho par ses chants liturgiques et ses cantiques, les bannières multicolores claquant au vent; tout cela est un des charmes de cette fête. Le sermon en plein air, devant la chapelle, est bien vraiment le sermon de la montagne et ajoute au pittoresque. Après la messe, les pèlerins se groupent en famille ou en amis, sur le gazon pour le déjeuner champêtre » (Le Queyras, p 168). &lt;br /&gt;J. Gondret parle aussi de la fête de Saint-Simon, en termes plus religieux : « La messe se dit de la Transfiguration avec commémoration d’un saint Pontife, les vêpres sont d’un Pontife. Puis le 28 octobre, on va de nouveau à la chapelle célébrer la messe en l’honneur des saints apôtres Simon et Jude. Telle est la pratique traditionnelle, sur laquelle on ne peut fonder aucune opinion touchant l’authenticité du saint ». L'eau de la fontaine de Saint-Simon avait, croyait-on, des vertus. Elle pouvait guérir les maladies des yeux. Gondret cite deux cas de guérison. Il fait état aussi d'un jeune homme ayant, pendant la Révolution, passé un pacte avec le démon. Il caressait les femmes qu’il croisait. Touché par le repentir, le jeune homme chercha à obtenir une absolution. Le curé de sa paroisse l'obligea à faire neuf fois de suite, la nuit, le pèlerinage à Saint-Simon. Plus tard, ce malheureux ne pouvait se rappeler ces aventures sans pleurer. Il ne retomba plus « sous la tyrannie de Satan » et vécut en bon chrétien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre-Grosse (1925 m)&lt;br /&gt;Au-delà de Molines, la vallée bifurque. Vers l’est, à gauche, c’est l’Aigue Agnelle. Vers le sud, sud-est, c’est l’Aigue Blanche et Saint-Véran.&lt;br /&gt;A 2 km de Molines, à partir du hameau de Pierre-Grosse, s’étend une vallée assez large, et très ensoleillée, jusqu’à Fontgillarde. Ce hameau a, dans son histoire, été plusieurs fois détruit partiellement par des avalanches, comme en témoignent les Transitons de Molines (sorte de chronique locale). On peut voir une très curieuse inscription en latin, qui révèle le goût des Queyrassins pour l’instruction et l’écriture. Il s’agit de deux phrases écrites l’une au-dessous de 1’autre et composées de cinq mots, dont la terminaison identique est disposée entre les deux 1ignes, comme suit :&lt;br /&gt;PECC         VIV            GENER         CRIM              MORTE  &lt;br /&gt;         ATOR         ENS              AVIT              INE                   M &lt;br /&gt;SALV         MORI         REPAR          SANGU          VITA&lt;br /&gt;et que l’on peut traduire ainsi : « le pécheur en vivant a produit la mort de son crime ; le Sauveur en mourant a réparé la vie de son sang »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Coin (2010 m)&lt;br /&gt;A la sortie de Pierre-Grosse, une route conduit au hameau du Coin, où, dans un lotissement, de nombreux chalets et villas ont été récemment construits. C’est le résultat des politiques d’aménagement (SICA habitat) conçues par Philippe Lamour dans les années 1960 et mises en œuvre d’abord à Ceillac. &lt;br /&gt;Au-dessus du Coin, la crête du Clot-du-Loup sépare la vallée de l'Aigue Agnelle de celle de Peinin (commune d’Aiguilles).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fontgillarde&lt;br /&gt;Au-delà de Pierre-Grosse, la route mène, à travers de belles prairies, à Fontgillarde, le dernier hameau de la vallée, où, en hiver, le soleil apparaît peu. Mais, en été, le hameau est très ensoleillé. Incendié plusieurs fois, Fontgillarde a souvent été pillé, lors de la guerre opposant la France à la ligue d'Augsbourg, par les milices vaudoises du Duc de Savoie. &lt;br /&gt;Au-delà, en direction du Col Agnel, il y avait jadis, un hameau, Costeroux, abandonné à la fin du XVIIIe s, parce qu’il était trop souvent menacé par des avalanches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Col Agnel (2744 m)&lt;br /&gt;Une route carrossable, dont la chaussée, longtemps dégradée, a été refaite récemment, conduit à la frontière italienne, au col Agnel, à 11 km de Fontgillarde. Le paysage est un très beau paysage d’alpages. A quelques centaines de mètres du col, après avoir passé à gué de petits torrents, on arrive au refuge Agnel, qui fait gîte d'étape. Il y avait là, jusqu’en 1920, un refuge Napoléon, qu’une avalanche a détruit. &lt;br /&gt;La route, qui n’est pas déneigée en hiver, n’est ouverte à la circulation automobile qu’à la belle saison. &lt;br /&gt;Ce col a été, avec le col La Croix, en dépit de l’altitude, le col le plus fréquenté du Queyras. Il permettait d'accéder à la haute vallée Varaita, ou vallée de Château-Dauphin (en italien, Casteldelphino), qui fut française et faisait partie du Grand Escarton jusqu'en 1713. A la fin du XIIIe et au début du XIVe s, c’est par le col que passaient les mulets portant le minerai de fer destiné à être fondu dans le haut fourneau de la Fusine, au pied de 1’Ange Gardien. Point de passage entre le Pain de Sucre et le pic de Caramantran, le col Agnel domine le Val Varaita, affluent du Pô. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sentiers &lt;br /&gt;Du refuge Agnel, on se rend soit à L’Echalp ou La Monta dans la vallée du Guil, par le GR 58, qui franchit le col Vieux et passe par les lacs Foréant et Egourgéou. La Monta-Agnel est une étape du Tour du Queyras, que l’on peut continuer en prenant la direction du sud, puis de l'ouest, à Saint-Véran, puis à Ceillac, par le col des Estronques.&lt;br /&gt;Au-delà de Fontgillarde, un sentier permet de faire l'ascension du Pic du Fond de Peinin, d’où l'on peut descendre vers Aiguilles par le vallon de Peinin. Toujours sur la gauche de la route, un autre sentier conduit au Grand Queyras (3114 m) ou Cime des Lausaces, et descend vers Ristolas, par la vallée de Ségure.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-868242842323255858?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/868242842323255858/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=868242842323255858' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/868242842323255858'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/868242842323255858'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/08/molines-dictionnaire-historique-et.html' title='Molines (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_kl0YwaGgHdo/SLZoAff7eEI/AAAAAAAAAM8/EwHoRJuHfWU/s72-c/Pierre-Grosse.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-876937556790750260</id><published>2008-07-11T06:13:00.002+01:00</published><updated>2008-07-11T06:15:57.093+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre M. Troisième article.'/><title type='text'>Mobilité (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Mobilité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anne-Marie Granet-Abisset, « La mobilité : trait majeur des sociétés alpines », pp. 87-98, in Jean Claude Duclos éditeur, Villages d’altitude, Connaître le patrimoine Servir le développement, actes du séminaire des 7 et 8 décembre 1995, centre des Esquirousses, Arvieux 05, mai 1997.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon Anne-Marie Granet-Abisset, la mobilité est sans doute ce qui définit le mieux le comportement des hommes dans les sociétés alpines, dont le Queyras. Pour ce qui est des migrations, la thèse habituellement avancée consiste à présenter l'émigration des Queyrassins comme une réponse à la misère générale. Il n'en est rien et cette thèse est infirmée par de nombreux faits. D'abord, la mobilité des hommes est permanente. Ensuite, les hommes sont contraints d'avoir plusieurs activités, parmi lesquelles le commerce. Cette pluri-activité imposée par la nécessité est organisée. Enfin, l'égalité sociale est un leurre. Les premiers migrants sont issus de familles de notables, des familles assises, ayant des biens importants et qui ont toujours connu la réussite et une relative prospérité. En fait, l'émigration a été provoquée par la rupture d'un système économique qui était basé sur une réelle complémentarité entre la plaine et la montagne. La maison familiale, où l'on revient chaque année, a été le symbole de cette complémentarité. Le système a perduré tant bien que mal jusqu'à la fin des années 1950. La première rupture date de 1713, année qui marque la fin des relations avec l'Italie. Aux XIXe et XXe siècles, on se fait en France une image négative des montagnards. La route a fait du Queyras un cul de sac et les départs définitifs ont entraîné la spécialisation de ceux qui sont restés dans la vallée et le développement de la mono-activité. 1957 sonne le glas de la mobilité. Les années 1960 marquent une nouvelle rupture, dans la mesure où le tourisme induit des activités saisonnières variées, parfois un complément d'activités agricoles. Cette pluri-activité se réalise sur place et ne nécessite plus de départs massifs vers les villes.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-876937556790750260?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/876937556790750260/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=876937556790750260' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/876937556790750260'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/876937556790750260'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/07/mobilit-dictionnaire-historique-et.html' title='Mobilité (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-1266876104731646709</id><published>2008-06-29T10:29:00.003+01:00</published><updated>2008-06-29T10:36:38.401+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre M. Deuxième article.'/><title type='text'>Malrif (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SGdXb_OSqFI/AAAAAAAAAMU/1o0wTewHk1U/s1600-h/Malrif+Int%C3%A9rieur.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SGdXb_OSqFI/AAAAAAAAAMU/1o0wTewHk1U/s320/Malrif+Int%C3%A9rieur.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5217234831671470162" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SGdW4UlL74I/AAAAAAAAAMM/7qTCZhgI8cE/s1600-h/Malrif.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SGdW4UlL74I/AAAAAAAAAMM/7qTCZhgI8cE/s320/Malrif.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5217234218929352578" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;meta equiv="Content-Type" content="text/html; 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 &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:11;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Vallée du Malrif, commune d’Abriès&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Sur l’Adroit d’Abriès, le sentier de grande randonnée (GR 58, variante du GR 5, qui traverse l'Europe des Pays-Bas à Nice) suit le chemin de croix. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Au-delà, sur la droite, à 1809 m d’altitude, se trouve le hameau du Villard en ruines. Une route y accède. En 1783, selon l’Abbé Albert, y vivaient dix-sept familles (80 habitants environ). Un peu plus loin, vers l’ouest, le hameau du Tirail (1956 m), en ruines aussi, construit près de la chapelle Sainte Elisabeth, qui a été récemment rénovée. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Le GR 58 passe devant une chapelle consacrée à Notre Dame des Sept Douleurs, puis traverse le hameau de Malrif ou &lt;i style=""&gt;Malriou&lt;/i&gt; en dialecte, nom qui signifie « mauvais torrent », à 1790 m, en ruines. La chapelle est consacrée à Sainte Marguerite. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Au-delà, le sentier suit le torrent jusqu’aux bergeries des Bertins. La rive droite est abrupte. La crête du Serre de l’Aigle sépare la vallée de Malrif de celle de Lombard qui se trouve dans la commune d’Aiguilles. La rive gauche est couverte de forêts et de vastes alpages. Aux Bertins, le sentier bifurque. A gauche, il conduit aux trois lacs Malrif (2578 m), d’où l’on a une belle vue sur le Mont Viso et d’où on peut continuer vers Lombard et Aiguilles (c’est l’étape pédestre reliant Aiguilles à Abriès du tour du Queyras) ou bien gravir le Pic de Malrif (2900 m). A droite, il s’élève en direction du col de Malrif (2860 m), puis de Cervières dans le Briançonnais. Du col, il est possible de faire l’ascension du Grand Glaiza (3292 m) en suivant, vers le nord, la crête des eaux pendantes. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Une légende est attachée au Clot des Masques, lieu réputé sabbatique. Un jeune homme, qui épiait trois jeunes filles de La Gasque (hameau de la vallée du Bouchet), les entendit prononcer une formule magique, puis les vit disparaître dans la cheminée. A son tour, il répéta la formule et se retrouva dans la montagne au milieu de danseurs velus. Des adeptes du sabbat remarquèrent sa présence. Tout cessa. Les sorciers s’évanouirent dans les airs. Horrifié, le jeune homme revint en courant à Abriès. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Dans l’alpage, au bas du col de Malrif, la Peyre Soubeyrane, renfermait, croyait-on, des trésors. Elle s’ouvrait une fois par an, pendant le Gloria du Jeudi Saint, et laissait voir, dit la légende, des monceaux d’or. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; font-family: times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-1266876104731646709?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/1266876104731646709/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=1266876104731646709' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1266876104731646709'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1266876104731646709'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/06/malrif-dictionnaire-historique-et.html' title='Malrif (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SGdXb_OSqFI/AAAAAAAAAMU/1o0wTewHk1U/s72-c/Malrif+Int%C3%A9rieur.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-1958836362581743576</id><published>2008-06-20T09:27:00.001+01:00</published><updated>2008-06-20T09:27:56.120+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='article.'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre M. Premier article.'/><title type='text'>Mallé Marie-Pascale (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Auteur de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Queyras&lt;/span&gt; (Images du Patrimoine, n° 133, 1994) et de plusieurs autres articles et ouvrages, Marie-Pascal Mallé est l’auteur principal d’un admirable livre, intitulé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L’Habitat du Nord des Hautes-Alpes&lt;/span&gt; (sous-titre « patrimoine architectural et mobilier), publié par les Cahiers du Patrimoine en 1999, dans le cadre de l’Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, décidé en 1964 par André Malraux, Ministre de la Culture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Nord des Hautes-Alpes qui a été étudié comprend les six cantons de La Grave, Le Monétier, Briançon, L’Argentière la Bessée, Guillestre et Aiguilles (canton qui correspond au Queyras).&lt;br /&gt;Cet &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Habitat du Nord des Hautes-Alpes&lt;/span&gt; est un ouvrage admirable de 440 pages, abondamment et richement illustré (plans, cartes, photos anciennes, photos récentes, schémas, etc.), qui fera date dans l’histoire de la région. Il comprend, outre 400 pages d’études précises et complètes, un glossaire fort utile, une liste des documents relatifs à la région et disponibles dans les archives communales, départementales et privées, une bibliographie exhaustive, un index. Bien que l’ouvrage porte sur un sujet restreint, à savoir le patrimoine bâti et sur le mobilier, il constitue l’une des meilleures introductions qui soient à l’étude de l’histoire, de la géographie, de la vie sociale, de la « culture » et de l’art du Queyras. Rien n’a échappé à la sagacité de l’auteur. Par exemple, plus de quarante pages sont consacrées aux chapelles de hameaux et aux campaniles, aux fours à pain, aux fontaines, aux moulins, aux fruitières, aux celliers, aux cadrans solaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’architecture des villages et des maisons est expliquée grâce à de nombreuses photos et schémas. Elle est aussi abordée d’un point de vue historique. Ce qui la caractérise, c’est « la disparition du bâti ancien », à la suite de catastrophes - incendies, crues, avalanches - certes, mais aussi de la pression démographique ou de l’enrichissement (relatif) des habitants, qui ont construit beaucoup de maisons pendant les périodes fastes ou transformé dans des proportions importantes ce qui existait. « L’habitat rural du nord des Hautes-Alpes, tel qu’il est parvenu jusqu'à nous, date, par construction ou par transformation, des XVIIIe et XIXe siècles ». De ce fait, les maisons que nous pouvons voir et admirer dans le Queyras et dans les cinq autres cantons étudiés ne perpétuent pas un habitat millénaire, mais ils sont le « reflet de la société montagnarde de l’époque moderne ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la conclusion, l’auteur examine de nombreuses thèses émises par des savants du XIXe et du XXe s. sur l’art de la région. Elle infirme la thèse d’un « art populaire », puisque les habitants faisaient appel à des artistes - surtout des cadraniers - ou à des artisans étrangers pour décorer ou embellir leur maison. Bien que l’on observe le recours dans le mobilier fabriqué aux XVIIIe et XXe s à des styles anciens (décors gothiques, style Louis XIII et Louis XIV), l’art du mobilier des hautes vallées n’est jamais resté immuable ; il a sans cesse évolué. Il ne mérite donc pas d’être qualifié de « traditionnel », sauf pour ce qui est des aménagements intérieurs qui, en deux ou trois siècles, ont échappé aux changements et sont restés quasiment identiques.&lt;br /&gt;Bref, Mme Mallé a écrit un ouvrage qui devrait figurer dans la bibliothèque de tout Queyrassin ou de tout passionné du Queyras.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-1958836362581743576?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/1958836362581743576/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=1958836362581743576' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1958836362581743576'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1958836362581743576'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/06/mall-marie-pascale-dictionnaire_20.html' title='Mallé Marie-Pascale (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-277505057537384030</id><published>2008-06-12T13:51:00.007+01:00</published><updated>2008-06-21T10:49:02.653+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre M. Premier article.'/><title type='text'>Crues du Bouchet,  juin 2008 (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SFzOgcqE8xI/AAAAAAAAAME/TUGu4PdNWGY/s1600-h/Chapelle+St+B+0.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SFzOgcqE8xI/AAAAAAAAAME/TUGu4PdNWGY/s320/Chapelle+St+B+0.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5214269525432005394" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SFzOZvZFiwI/AAAAAAAAAL8/vbszeudtoyY/s1600-h/Chapelle+St+B+1.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SFzOZvZFiwI/AAAAAAAAAL8/vbszeudtoyY/s320/Chapelle+St+B+1.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5214269410201930498" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SFzOQyQk3qI/AAAAAAAAAL0/ugxYTjK2Veg/s1600-h/Chapelle+St+B+5.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SFzOQyQk3qI/AAAAAAAAAL0/ugxYTjK2Veg/s320/Chapelle+St+B+5.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5214269256352718498" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SFEc4Brnx5I/AAAAAAAAALs/pkKpfqNxQGQ/s1600-h/St+Bernardin.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SFEc4Brnx5I/AAAAAAAAALs/pkKpfqNxQGQ/s320/St+Bernardin.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5210977992694024082" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SFEcxyz1hII/AAAAAAAAALk/aCYPR_3eQiQ/s1600-h/Crues+2008.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SFEcxyz1hII/AAAAAAAAALk/aCYPR_3eQiQ/s320/Crues+2008.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5210977885622731906" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Crues du Bouchet, mai et juin 2008&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-277505057537384030?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/277505057537384030/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=277505057537384030' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/277505057537384030'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/277505057537384030'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/06/mall-marie-pascale-dictionnaire.html' title='Crues du Bouchet,  juin 2008 (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SFzOgcqE8xI/AAAAAAAAAME/TUGu4PdNWGY/s72-c/Chapelle+St+B+0.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-426512086681702523</id><published>2008-05-28T13:36:00.000Z</published><updated>2008-05-28T13:37:40.971Z</updated><title type='text'>Loups (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>Jusqu'en 1996, il n'y avait de loup que dans les histoires que, jadis, les Queyrassins aimaient raconter à la veillée.&lt;br /&gt;La présence de deux ou trois meutes de loups dans les alpages soulève plusieurs problèmes graves, que voici exposés. A quoi est-elle due ? Les loups sont-ils venus d'eux-mêmes naturellement (certains pensent qu'ils ont émigré à partir des Abruzzes) ou bien ont-ils été introduits par des militants écologistes se disant des défenseurs de la vie sauvage et qui auraient détruit les clôtures d'un élevage établi sur le versant italien du Col de Tende ? La question n'est pas tranchée. D'ailleurs, elle ne le sera pas, puisque les autorités, contrôlées par les écologistes, sont favorables à la présence des loups (et autres animaux sauvages, ours, lynx, etc.) dans les montagnes.&lt;br /&gt;En fait, la Convention de Berne, signée par la France et qui protège les loups, prévoit que l'abattage doit être ordonné quand les loups ont été introduits dans une zone où ils n'avaient jamais vécu ou bien d'où ils avaient disparu. Si les loups sont arrivés dans le Queyras à la suite d'une action sauvage des écologistes, les autorités ont le devoir d'organiser des battues, ce qu'elles refusent de décider. De plus, un autre article de cette même Convention prévoit que la population de loups peut être réduite et contrôlée si elle menace les activités traditionnelles des hommes. Tel est le cas dans le Queyras. Mais rien n'est fait. Chaque été, des centaines de brebis gravides sont tuées, dévorées par les loups ou précipitées dans les abîmes. Les éleveurs, qu'ils soient queyrassins ou transhumants, subissent des pertes considérables. La vie pastorale, qui caractérise le Queyras depuis des millénaires, est menacée; et avec elle, une part de l'identité queyrassine.&lt;br /&gt;La présence de loups (que seul le refus d'appliquer la Convention de Berne rend intouchables) oblige les éleveurs à acheter des chiens agressifs (patous des Pyrénées) qui coûtent très cher et les communes à construire des bergeries nouvelles et des parcs dans les alpages. La faune sauvage est elle aussi menacée. En dehors des deux mois de juillet et d'août, les meutes attaquent les mouflons, les chevreuils, les chamois isolés, mettant en péril tout l'équilibre naturel des vallées. Bien entendu, les Queyrassins, qu'ils soient élus ou simples citoyens, ont compris que la présence des loups dans les alpages mettait en danger leurs vallées. L'Etat, hélas, paralysé par les invectives menaçantes des écologistes, semble avoir fait le pire des choix, à savoir transformer les montagnes en déserts et préférer deux ou trois meutes d'animaux sauvages à la survie de deux mille montagnards, rudes et pauvres, qui, pour leur malheur, ne sont pas nés dans un hôtel particulier du Marais ou de Neuilly.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-426512086681702523?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/426512086681702523/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=426512086681702523' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/426512086681702523'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/426512086681702523'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/05/loups-dictionnaire-historique-et.html' title='Loups (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-5754927319736503523</id><published>2008-05-12T05:17:00.005Z</published><updated>2008-05-12T05:30:22.014Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre L. Premier article.'/><title type='text'>Lamour Philippe (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SCfV3QdvYVI/AAAAAAAAALc/jEdZAUHbZ-I/s1600-h/a1e5_1.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5199359440111755602" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SCfV3QdvYVI/AAAAAAAAALc/jEdZAUHbZ-I/s320/a1e5_1.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Philippe Lamour (1903-1992)&lt;br /&gt;(Sur Philippe Lamour, se reporter à l'article assez complet de l'encyclopédie informatique : Wikipedia)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Lamour est le grand homme du Queyras moderne. Maire de Ceillac de 1965 à 1983, il a dissuadé les Queyrassins, traumatisés par les crues dévastatrices de 1957, de céder au désespoir et les a convaincus que leurs hautes vallées avaient encore un véritable avenir. Avocat, secrétaire général de la FNSEA après la guerre, expert en questions agricoles et rurales, propriétaire de vignobles dans le Gard, où il a renouvelé la viticulture, c'est un théoricien de l'aménagement du territoire. Dans le Languedoc, il a développé les systèmes d'irrigation. Le canal du Rhône à Sète porte son nom. Partisan de la décentralisation et de l'Europe, il a compris que l'avenir du Queyras n'était plus dans l'économie agro-pastorale, mais dans le tourisme. Il a fait baliser des chemins, transformés en sentiers de grande randonnée ; il a incité les Queyrassins à ouvrir des gîtes d'étape ; il a créé en 1966 le SIVM (Syndicat Intercommunal à Vocations Multiples), en 1967 les SICA Habitat Rural (Syndicat d'Intérêt Collectif Agricole) pour faciliter le remembrement des parcelles exiguës et construire des chalets à usage locatif, et des SICA Sports pour financer la construction des remontées mécaniques. En 1977, il a participé à la création du Parc Naturel Régional.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Homme d'action, Philippe Lamour a beaucoup écrit, surtout des essais et des livres de souvenirs (&lt;em&gt;Le Cadran solaire&lt;/em&gt;, Robert Laffont, 1980 ; &lt;em&gt;Les Hauts Pays&lt;/em&gt;, Robert Laffont ; &lt;em&gt;Le père Foumier un maire exceptionnel&lt;/em&gt;, éditions Richtuong). Sa pensée, dont les fondements sont l'hostilité à l'Etat central (il a écrit des articles polémiques, féroces et sans doute injustes, contre Louis XIV et Napoléon, publiés il y a quelques années dans le &lt;em&gt;Courrier du Queyras&lt;/em&gt;) et la conviction que l'avenir de la France est dans l'Europe, s'est constituée dans les années 1930, alors que, jeune homme encore, ambitieux, brillant et plein d'avenir, il exerçait les fonctions de rédacteur en chef de la revue &lt;em&gt;Plans&lt;/em&gt;, qui traitait de l'organisation de la société (les thèmes en étaient l’urbanisme, l’architecture, les syndicats, la planification, etc.) et qui militait pour que d'importants changements interviennent dans une France en crise et vieillie. Ainsi, dans l'éditorial intitulé "La ligne générale" du n° 3 de mars 1931, Philippe Lamour appelle à la construction d'une Europe nouvelle : "Pour la mener à bien, il faut des esprits indifférents aux questions inutiles de responsabilités (la revue militait alors pour la révision des traités qui ont mis fin à la première guerre mondiale : c'était aussi un argument de la propagande d'Hitler), et tout entiers préoccupés de l'avenir. Un grand mouvement de jeunesse s'indique alors dans toute l'Europe. Malgré les oppositions apparentes de ses diverses manifestations, et même les haines entretenues entre elles, elles sont animées d'un esprit commun. Bolchevisme, fascisme et même, dans son esprit, socialisme-national hitlérien, sont surtout les trois aspects, différents en raison des origines historiques aussi bien que des climats, de la rupture avec le monde ancien et de la recherche d'un ordre". "Rupture avec le monde ancien et recherche d'un ordre" moderne ou nouveau, tel semble avoir été le fondement de l'action de Philippe Lamour, aménageur et homme de terrain, aussi bien dans le Languedoc que dans le Queyras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cf. "tourisme", "Parc Naturel Régional", "Ceillac", "élites". Lire de François Billy, &lt;em&gt;L'Air des Cimes&lt;/em&gt;, pp. 57-61, "Philippe Lamour ou la renaissance du Queyras", Editions Jeanne Laffitte, Marseille, 1996.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-5754927319736503523?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/5754927319736503523/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=5754927319736503523' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/5754927319736503523'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/5754927319736503523'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/05/lamour-philippe-dictionnaire-historique.html' title='Lamour Philippe (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SCfV3QdvYVI/AAAAAAAAALc/jEdZAUHbZ-I/s72-c/a1e5_1.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-5229753569793013212</id><published>2008-05-01T12:55:00.005Z</published><updated>2008-05-01T13:03:29.718Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre I-J. Septième article.'/><title type='text'>Joisten Charles (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SBm_fULa4GI/AAAAAAAAALU/7ja_Cc0wCQQ/s1600-h/Fontaine+de+Pra+Roubaud+et+Bric+Froid.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5195394189862035554" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SBm_fULa4GI/AAAAAAAAALU/7ja_Cc0wCQQ/s320/Fontaine+de+Pra+Roubaud+et+Bric+Froid.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Charles Joisten, né en 1936, mort en 1981, grammairien et ethnologue, est le spécialiste des traditions orales du Queyras. Il a publié, entre autres ouvrages, &lt;em&gt;Contes folkloriques des Hautes-Alpes&lt;/em&gt; (Haute Vallée du Queyras), Paris, Edition Erasme, 1955; &lt;em&gt;Contes populaires du Dauphiné&lt;/em&gt;, Grenoble, Musée dauphinois, 1971, 2 vol.; &lt;em&gt;Récits et contes populaires du Dauphiné, I le Queyras&lt;/em&gt;, Paris, Gallimard, 1978.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'introduction de cet ouvrage comprend quatre chapitres : une présentation géographique du Queyras (sans titre, dans laquelle Charles Joisten met l'accent sur l'enclavement de la vallée, l'autarcie de l'agriculture, les techniques archaïques et rudimentaires), et trois chapitres, qui portent sur la culture et l'histoire du Queyras, dans lesquels les jugements sont nuancés et plus positifs : " L'amour de l'instruction ", " Le goût pour l'écriture ", " La marque de l'Histoire ". Cette anthologie regroupe cinq contes recueillis en 1954 auprès de Pierre Rua, tailleur pour hommes à Abriès (Le Pape, Belle, née au soleil, Jean de l'Ours, Joli Coeur, le Pari) et qui sont les versions queyrassines de contes connus dans toutes les Alpes et même dans tout l'Occident. Elle comprend aussi des légendes regroupées sous les titres " des fées et des hommes ", " De sabbats en sortilèges ", " Diableries ", " A la recherche des trésors cachés ", " Revenants ", des histoires de loups; des prières et formules magiques; des proverbes, dictons, devinettes et formulettes; des compliments et chansons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Charles Joisten, qui, pour des raisons matérielles, n'a pas inclus dans cette anthologie les légendes religieuses et les sobriquets, insiste sur la grande variété et l'étonnante richesse - en particulier, sur le plan de l'imaginaire - des traditions orales du Queyras. De ces travaux, il est possible de tirer les quelques enseignements que voici. Le Queyras, depuis la fin du XIIIe s, forme un ensemble de communautés, qui ont accédé assez tôt à la culture écrite, en français et en latin. Or, cette culture écrite n'a pas éliminé les traditions orales. Bien au contraire. Tout se passe comme si culture écrite et traditions orales se nourrissaient l'une l'autre, au lieu de s'étouffer l'une l'autre. Ces traditions orales sont communes, pour la plupart d'entre elles, ainsi les contes (dont plusieurs sont connus dans des versions écrites et littéraires), les légendes, les histoires de loups, à de nombreuses régions d'Europe. Si le Queyras forme, sur le plan géographique, un ensemble fermé ou enclavé, difficile d'accès, ses habitants, en revanche, ont toujours été ouverts aux influences extérieures, et ne se sont jamais fermés aux arts et aux traditions des autres régions de France ou d'Europe. Enfin, ces traditions orales qui ont nourri l'imaginaire de générations de Queyrassins se caractérisent par des thèmes récurrents, fantastiques ou féeriques. Elles créent un monde étonnant et attachant de fées, de démons, d'êtres surnaturels aux pouvoirs ou bienfaisants ou maléfiques, de lieux hantés, maudits ou renfermant des trésors. Ce monde de fiction, tout en paroles certes, détone si on le compare à l'identité que les érudits locaux prêtent aux Queyrassins, qu'ils présentent comme des travailleurs infatigables, réalistes, attachés à la terre, âpres, économes, ingénieux, austères. Il semble bien que l'identité des anciens Queyrassins doive être rectifiée à la lumière de ces traditions orales et qu'elle ne se réduit à celle que la littérature des érudits nous propose.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-5229753569793013212?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/5229753569793013212/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=5229753569793013212' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/5229753569793013212'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/5229753569793013212'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/05/joisten-charles-dictionnaire-historique.html' title='Joisten Charles (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SBm_fULa4GI/AAAAAAAAALU/7ja_Cc0wCQQ/s72-c/Fontaine+de+Pra+Roubaud+et+Bric+Froid.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-2605513583831677520</id><published>2008-04-18T07:46:00.004Z</published><updated>2008-06-01T15:15:53.297+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre I. Sixième article.'/><title type='text'>Instruction précoce : hypothèses (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SAhTfXg_avI/AAAAAAAAALM/c0Fs58atj6k/s1600-h/Ecrire+Recueil+des+coutumes+de+Brunissard+6.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5190490368897936114" style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center;" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SAhTfXg_avI/AAAAAAAAALM/c0Fs58atj6k/s320/Ecrire+Recueil+des+coutumes+de+Brunissard+6.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La situation du Queyras est paradoxale. C'est un ensemble de vallées de haute altitude dont l’économie est fondée sur l’agriculture et l’élevage. Le relief accidenté les rend assez mal adaptées à l'agriculture. De plus, elles sont situées à l'écart des axes de communication, loin des grandes villes et des officiers du Roi, donc loin de l’Etat, et elles sont habitées par des agriculteurs éleveurs qui, sans connaître la misère, vivent frugalement. Pourtant, ces hautes vallées, réputées isolées et pauvres, ont connu un admirable développement culturel, presque sans équivalent en France, au point que la population a été massivement alphabétisée, et pour une large parte, instruite et cultivée. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup d'observateurs en ont été étonnés et ont essayé d'expliquer cet apparent paradoxe, qui déroge à toutes les idées reçues sur le monde rural et la France d'Ancien Régime. Il est possible de distinguer trois séries de facteurs : des facteurs physiques, des facteurs économiques, enfin des facteurs qui relèvent de la culture. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Examinons-les.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;La première série d'explications consiste à mettre en avant les contraintes du climat ou du relief et la nécessité. Pendant le long et rude hiver, les travaux des champs s'interrompent, le bétail reste dans les étables. Les adultes ont une deuxième activité. Ceux qui n'émigrent pas vers des régions moins hostiles, forgent, réparent, font souliers et sabots, travaillent le bois, fabriquent des outils ou des coffres, etc. Mais que peuvent faire les enfants âgés de six à dix ans ? Leur apprendre à lire, à écrire, à compter est aussi une façon de les occuper. De plus, en s'instruisant, beaucoup d'enfants acquièrent des compétences, que, devenus adultes, ils peuvent monnayer dans les villes moins ingrates de Provence, où, pendant l'hiver, ils émigrent pour enseigner à d'autres ce qu'ils ont appris dans l'école de leur village. C'est d'ailleurs l'hypothèse qu'expose le préfet Bonnaire : " Le sol ingrat et resserré de ces vallées ne pourrait en nourrir tous les habitants ; d'ailleurs, le défaut d'ateliers, de manufactures, les laisserait oisifs pendant l'hiver, qui couvre la terre de plusieurs pieds de neige ; de là cette émigration périodique dont j'ai déjà parlé : il a bien fallu chercher à s'utiliser dans les pays où on émigrait ; ainsi tous ceux qui ne connaissent pas d'arts mécaniques, s'adonnent à lire, à écrire, à l'étude de la grammaire française, même latine, et, à l'approche de la rigoureuse saison, ils vont peupler d'instituteurs l'ancienne Provence, et, en général, les pays méridionaux. C'est même une chose curieuse que de voir, dans les foires considérables de l'automne, ces instituteurs, couverts d'habits grossiers, se promener dans la foule et au milieu des bestiaux de toute espèce, ayant sur leur chapeau une plume, qui indique et leur état et leur volonté de se louer pour l'hiver, moyennant un prix convenu. Ces bonnes gens donnent de nombreuses leçons pendant tout le cours de la journée; dans les intervalles, ils rendent à peu près autant de services que des domestiques à gages, et on est surpris du très léger salaire qu'ils demandent pour tant de peines, A la fonte des neiges, ils reviennent dans leur pays natal avec quelques écus qui paient une partie des contributions, et ils travaillent à la terre pendant toute la saison. Il est peu d'hommes qui utilisent autant leur existence, et qui soient plus respectables aux yeux de leur société ". Selon Harriet Rosenberg, ces maîtres ambulants étaient jeunes (ils avaient entre quinze et vingt ans) ; ils percevaient des salaires modiques, surtout s'ils manquaient d'expérience. Certains étaient des femmes. En 1724, Agnès, qui venait du Queyras, a gagné 30 livres pour avoir enseigné à l'école des filles de Guillestre ; en 1741, Pierre Berthelot, d'Abriès, a gagné 150 livres en enseignant à Guillestre.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;La deuxième explication est d'ordre économique. Les effets des facteurs de ce type sont généralement sous-estimés par les historiens du Queyras. Réfléchissons un instant. Un peu de bon sens suffit. Alphabétiser une population coûte cher, parfois très cher. Nous, Français de ce début du XXIe s, qui sommes aussi des contribuables, nous en faisons l'expérience chaque année, quand nous recevons le décompte de nos impôts - et pour des résultats qui, vu le développement croissant de l'illettrisme, ne sont pas toujours à la hauteur des investissements que nous consentons. Cela était vrai aussi dans les communautés alpines d'Ancien Régime. Il fallait louer une étable qui servait de salle de classe ; rémunérer un maître ; éventuellement payer le chauffage ; et en même temps, se séparer pendant quatre ou cinq mois d'une main d'oeuvre enfantine, certes oisive (dans une maison, il y a toujours quelque tâche à accomplir) mais gratuite. Dans de nombreuses régions agricoles du Sud de la France, ce ne fut pas possible ; dans le Queyras, cela l'a été, parce que deux conditions ont été remplies : des maîtres instruits y avaient été formés, mais aussi les familles disposaient de revenus qui n'étaient pas négligeables et étaient en mesure d'en soustraire de tout ce qui était nécessaire à la conservation de la vie des sommes pour faire alphabétiser par autrui leurs enfants.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Enfin, il y a les facteurs culturels, religieux ou laïques, sur lesquels les historiens locaux ont longuement insisté. Le Queyras, on le sait d'abondance, a été troublé par de longs conflits religieux, dont les blessures n'ont été effacées que depuis les années 1920-1940. Encore certaines subsistent-elles peut-être ? Les inspirateurs de l'hérésie vaudoise, dans laquelle beaucoup d'historiens ont vu une esquisse de la réforme protestante, mettaient l'accent sur la lecture des textes sacrés, et surtout les Evangiles, et en conséquence, faisaient l'effort d'alphabétiser leurs disciples. Il en est allé de même du protestantisme. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, les Queyrassins ont adhéré, pour la majorité d’entre eux, semble-t-il, à la Réforme, soit par conviction, soit parce que les protestants en armes, conduits par Lesdiguières et ses lieutenants, plus aguerris, mieux entraînés ou plus agressifs, ont vaincu à deux ou trois reprises les catholiques restés fidèles à l'église de Rome. Les protestants, on le sait, prônaient une relation individuelle avec Dieu, condamnaient le culte des saints et tous les abus du haut clergé, exigeaient des fidèles qu'ils lisent eux-mêmes les textes sacrés et ont été, de ce fait, d'ardents artisans de l'alphabétisation des populations, même pauvres. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;De plus, pour contrer la Réforme protestante, l'église catholique a lancé dans la seconde moitié du XVIe siècle, à la suite des divers conciles dits Conciles de Trente, une " Contre Réforme ", dont les objectifs, entre autres, ont été de mieux former les prêtres et de mieux diffuser les dogmes dans toute l'Europe, en particulier en alphabétisant les fidèles. Cela explique, entre autres raisons, que le Queyras ait formé et connu, pendant trois siècles, - et en dépit de ce que laissait accroire l'idéologie anticléricale - des curés cultivés, parfaitement instruits, dont l'admirable Jacques Gondret, qui ont été des artisans efficaces de la diffusion des lumières et du savoir.&lt;br /&gt;Outre ces facteurs religieux, il faut prendre en compte aussi des facteurs culturels laïques. On sait qu'en 1343, les Queyrassins ont acheté de nombreuses libertés d'une ampleur inconnue ailleurs, de sorte que des historiens ont pu qualifier (mais en partie à tort, si l’on étudie les structures fiscales qui prévalaient dans les hautes vallées et qui étaient celles d’une féodalité stricte jusqu’au XVe siècle) de " république " le Queyras d'Ancien Régime. Ces libertés, qui avaient coûté cher, étaient garanties par un texte en latin, appelé charte, lequel régissait aussi la vie publique. La seule façon de défendre ces libertés et de les maintenir des siècles durant était de former des " citoyens " sachant lire et écrire, qui puissent se référer à la Charte en cas de litiges (ils ne manquèrent pas de le faire), capables d'argumenter pour faire prévaloir leurs droits. Mme Harriet Rosenberg a découvert dans les Archives des témoignages de la passion avec laquelle les Queyrassins défendaient leurs franchises, n'hésitant pas à porter leurs litiges devant les tribunaux. En 1681, dans un document, la communauté de Ville-Vieille définit ainsi les fonctions que le consul élu devra exercer pendant une année : surveiller les dépenses du village ; collecter la taille ; administrer les affaires du village ; louer les pâturages ; représenter le village devant les juges et les magistrats, les clercs et les ecclésiastiques ; rédiger les documents officiels ; notifier aux villageois les ordres du gouvernement ; protéger les pauvres, les veuves, les orphelins ; faire respecter la loi ; veiller à l'entretien des chemins et des ponts... Seuls des hommes sachant lire et écrire pouvaient se présenter aux suffrages des chefs de famille pour assumer ces missions.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Enfin, il faut aussi replacer le Queyras dans l’histoire de France. Dans son ouvrage intitulé Louis XIV (Fayard, 1986, § " Instruction et civilisation ", in chapitre XVII, " Conquêtes intérieures ", p 491 et suivantes), François Bluche étudie le développement de l'instruction publique en France dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Elle ne dépend pas de l’Etat. Ce sont les villes et les pouvoirs provinciaux, le clergé à tous les niveaux, les communautés d'habitants qui s’en chargent. Le succès de l’entreprise dépend donc des initiatives locales et de la motivation des parents. Un édit daté de 1695 et une déclaration (1698) font obligation à chaque paroisse d'avoir au moins une école élémentaire. Il s’agit pour l’Etat d’imposer d’autorité le catéchisme catholique aux enfants de protestants. La volonté d’éradiquer le protestantisme est à l’origine de cet édit et de cette déclaration qui fondent l'école généralisée. Cependant, comme les sanctions prévues ne sont pas appliquées, toutes les paroisses n'ont pas d'école élémentaire. L’enseignement secondaire, sous Louis XIV, est d’un très haut niveau. Chez les jésuites, les oratoriens, les doctrinaires, on enseigne le latin (et les humanités) et en latin et on forme les futurs serviteurs du Roi en leur apprenant aussi les mathématiques appliquées, l’art des fortifications, l’escrime, la danse, l’équitation. En 1715, deux cents villes françaises ont un collège. Mais, dans le même temps, se développe une instruction populaire grâce à de nouvelles congrégations enseignantes. Les salésiens adoptent la pédagogie simplifiée de leur fondateur, Nicolas de la Salle (1680) : ils apprennent à lire et à prier en français ; quand le français est maîtrisé, ils passent au latin. L’instruction n’est pas réservée aux garçons. Des congrégations enseignantes pour filles se développent. L’Etat impulse le mouvement, le Roi donne ou refuse des lettres patentes aux congrégations enseignantes, il n’intervient pas dans l’organisation des écoles et des collèges. L'Etat ne prend des mesures qu’en faveur de l'enseignement technique afin de former des ouvriers qui travailleront dans les manufactures créées par Colbert.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;A qui veut comprendre pourquoi l'instruction a été si précoce et si massive dans le Queyras, il n'y a pas de cause déterminante et une telle recherche est de toute façon vaine. Il existe un faisceau de facteurs, non pas un facteur unique. De plus, l’important n'est pas d’établir une ou des causes, mais d'interpréter ce phénomène, une fois qu'il a été établi. Le fait est que le Queyras a connu, à la fin du Moyen Age et pendant tout l’Ancien Régime, un développement scolaire identique à celui, non pas des campagnes, mais des villes riches, libres et prospères, sièges de grandes foires, du Nord et du Nord Est de la France, ce qui implique que l'économie de ces hautes vallées a été dynamique et que les Queyrassins, dont la langue première était un dialecte d’oc, ont adhéré très tôt aux formes et aux contenus d'une culture écrite, juridique, politique, diffusée surtout en français et partiellement en latin.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Un cahier du XVIIIe s.&lt;br /&gt;Parmi les documents, qu'Anne-Marie Granet-Abisset a joints en annexe de la thèse qu'elle a soutenue à l'Université de Provence (volume 2), se trouvent quelques pages du cahier d'un Queyrassin de Molines nommé Clément Vasserot (Vasserot est un nom célèbre dans l'histoire du Queyras), daté de l'année 1763. On ignore s'il s’agit d’un cahier d'écolier et de régent (ou maître d'école).&lt;br /&gt;Ce cahier révèle en quoi constituait l'instruction que recevaient les enfants dans les écoles des villages du Queyras. Une partie des leçons dispensées par les maîtres avait pour but d'initier les enfants aux règles fondamentales du calcul et parfois aux subtilités du commerce. Ainsi dans ce cahier, on trouve une table de multiplication jusqu'à 12 (au-delà de 10 donc), ce qui se conçoit, si l'on se souvient qua dans le commerce, il arrive que des marchandises se vendent par douzaine, et que le système métrique n'était pas en usage en 1763, puisqu'il a été inventé pendant la révolution.&lt;br /&gt;Dans ce cahier, est exposé aussi un exercice visant à apprendre les règles de calcul des intérêts à percevoir ou à payer sur des sommes prêtées ou empruntées. Voici l’énoncé de cet exercice : calculez les intérêts d'une somme donnée prêtée au denier 20 pendant 20 ans, pendant 5 ans. Le " denier 20 " (1 denier sur 20) équivaut à un taux de 5%, calculé en pourcentage, comme on le fait de nos jours. Les réponses attendues sont les suivantes. Prêtée pendant 20 ans, une somme donnée double au terme du prêt. Pendant 5 ans, elle augmente d'un quart.&lt;br /&gt;Aujourd'hui, ce mode de calcul - purement arithmétique - est abandonné. Les financiers et les mathématiciens le considèrent comme inexact, car une règle fondamentale est oubliée, à savoir que les sommes prêtées doivent être augmentées chaque année de l'intérêt annuel qu'elles produisent, pour obtenir, au bout de x années la somme équivalant exactement au capital de départ. Autrement dit, au denier 20 à 5%, le capital de départ double au bout de douze ans environ, et au bout de 5 ans, la somme à rembourser représente plus d'un quart (près de 40%) de la somme prêtée.&lt;br /&gt;L’instruction donnée dans les écoles de village était pragmatique. Elle n'avait pas pour but de dispenser un savoir pour lui-même, mais de faire en sorte que les jeunes Queyrassins s'adaptent bien à leurs futures activités. Ces activités ne sont pas seulement des activités de production. Ce sont aussi des activités commerciales, soit que les éleveurs du Queyras aient produit alors, surtout des ovins, pour les vendre (cf. les travaux de Mme Harriet Rosenberg), soit que, pendant la mauvaise saison, ils se soient spécialisés dans le commerce, dont le colportage. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-2605513583831677520?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/2605513583831677520/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=2605513583831677520' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2605513583831677520'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2605513583831677520'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/04/instruction-prcoce-hypothses.html' title='Instruction précoce : hypothèses (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/SAhTfXg_avI/AAAAAAAAALM/c0Fs58atj6k/s72-c/Ecrire+Recueil+des+coutumes+de+Brunissard+6.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-685311794912789806</id><published>2008-04-05T16:51:00.004Z</published><updated>2008-04-05T16:55:55.163Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre I. Cinquième article.'/><title type='text'>Instruction (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R_evBEdEISI/AAAAAAAAAK8/9sQzf9A5CKY/s1600-h/Ecrire+Recueil+des+coutumes+de+Brunissard+0.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5185805928850792738" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R_evBEdEISI/AAAAAAAAAK8/9sQzf9A5CKY/s320/Ecrire+Recueil+des+coutumes+de+Brunissard+0.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Essayons de comprendre pourquoi la question est difficile. Aujourd’hui, il est problématique d’évaluer, en les quantifiant par exemple, les phénomènes désignés par le terme " illettrisme ". Y a-t-il vraiment des illettrés en France ? Si oui, combien y en a-t-il ? Les chiffres avancés varient dans des proportions importantes, du simple au quintuple ou plus. Selon certains 3% de la population seraient touchés. Selon d’autres, 5% ou 20% et même jusqu’à 25 %. Ces divergences ont pour origine la difficulté à définir clairement l’illettrisme. Ou bien c’est l’incapacité à lire et à écrire, due à un oubli de ce qui a été appris ou à un abandon total de ces pratiques ; ou bien c’est l’incapacité de comprendre le sens d’un texte de longueur moyenne. Il est donc difficile d’établir des critères non équivoques qui permettent de mesurer l’illettrisme.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Si aujourd’hui il est malaisé de mesurer l’illettrisme, il l’est encore plus malaisé de mesurer l’analphabétisme ou, inversement, le taux d’alphabétisation des populations françaises d’Ancien Régime et celles du Queyras au XIIIe s ou au XVIIe s. D’abord qu’appelle-t-on analphabétisme ? Et à partir de quels critères va-t-on décider que x % de la population étaient alphabétisés.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;L’alphabétisation des siècles passés ne peut être mesurée qu’à partir de documents écrits : essentiellement les seules signatures au bas d’actes, tels que les contrats de mariage. Une première erreur doit être évitée et qui ne l’a pas toujours été. Elle consiste à projeter dans le passé - disons au XVIIe s. - la conception moderne, qui date du XIXe s - de l’alphabétisation. Pour nous, depuis un siècle ou plus, est alphabétisé celui (ou celle) qui sait lire et écrire, sans que nous nous prononcions sur les compétences réelles de cet alphabétisé, et cela parce que l’un des buts de l’école depuis 1830 est d’apprendre sinon à tous, du moins à la majorité des enfants, à lire et à écrire. En était-il de même dans la France d’Ancien Régime ? Il semble bien que non. Certes, des écoles existaient, en plus grand nombre qu’on ne l’a cru et qu’on ne le croit encore, des écoles de villages, de paroisses, privées ou communautaires, etc. Ceux qui enseignaient dans ces écoles - laïcs ou non - se proposaient d’apprendre aux enfants la lecture, la morale, la religion. Les petites écoles d’autrefois n’enseignaient pas à écrire ou n’enseignaient qu’épisodiquement à écrire. Autrement dit, beaucoup de Français savaient lire, mais ne savaient pas écrire, parce qu’ils n’avaient pas appris à écrire. Cela est peut-être étonnant pour nous, qui apprenons à lire et à écrire en même temps. Mais ce n'était pas la règle il y a deux siècles. Les deux apprentissages étaient dissociés : on apprenait à écrire une fois que l'on savait lire (cela demandait trois ans environ ou davantage) et l'écriture, qui était un " art ", était enseignée par des maîtres écrivains, formant une corporation, laquelle avait obtenu en 1559 le privilège d'ouvrir des académies ou des ateliers, où ils enseignaient l'art d'écrire. De ce fait, les écoles d'Ancien Régime, qui étaient plus nombreuses qu'on ne l'a cru, enseignaient rarement l’art de l’écriture. Aussi est-il insuffisant et en partie non pertinent de se fonder sur les documents écrits, nécessairement peu nombreux (par exemple les contrats de mariage signés de la main des conjoints) pour en inférer un taux d’alphabétisation, qui sera de toute évidence plus faible que ne l’était la familiarité réelle avec l’écrit que donnait la seule lecture. De plus, il est impossible d’apprécier la compétence en lecture des hommes du XVIIe s, parce que nous ne disposons d’aucun moyen pour la saisir, et a fortiori pour la mesurer ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Essayons cependant de poser le problème.&lt;br /&gt;Dans Les Hommes et la montagne en Dauphiné au XIIIe siècle (Presses Universitaires de Grenoble, 1997), ouvrage dans lequel l’auteur, Henri Falque-Vert, étudie l’économie et la société du Queyras médiéval des XIIIe et XIVe s, à partir de plusieurs enquêtes fiscales ordonnées par le Dauphin Guigues VII pour faire valoir ses droits féodaux, il est montré que la population du Queyras était alors massivement analphabète. Sur quoi se fonde l’auteur pour affirmer cela ? Sur les documents dans lesquels apparaît la façon dont les enquêtes fiscales étaient menées. Ainsi, ce sont les " officiers " (c’est-à-dire les fonctionnaires ou clercs) du Dauphin qui lisent ou font lire devant les villageois assemblés les textes qui prévoient les taxes et redevances à payer et légitiment les droits du Dauphin. Henri Falque-Vert montre aussi que cet analphabétisme touche toutes les couches sociales, aussi bien les roturiers que les nobles, aussi bien les paysans aisés que les paysans pauvres, aussi bien les artisans que les ouvriers agricoles, aussi bien les femmes que les hommes. La culture des Queyrassins alors se caractérisait par le recours à la mémoire collective, qui ne remonte jamais au-delà de deux ou trois générations, par une conception flottante et vague d’un temps toujours mal fixé, par une conception close et restreinte de l’espace limité au seul hameau ou au petit pays.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Or, dans l'histoire de l'alphabétisation, telle qu'elle a été établie, entre autres historiens, par F. Furet et J. Ozouf, dans Lire et Ecrire (Editions de Minuit, 1979), le Briançonnais et le Queyras occupent une place à part. En effet, alors que les Français qui résident au Nord et à l'Est d'une ligne qui relie Genève à Saint-Malo sont quasiment tous alphabétisés dès le début du XIXe s, même les paysans, même les femmes, au Sud et à l'Est de cette même ligne, à savoir en Bretagne, dans le Massif central, le Sud Ouest, le Languedoc, le Dauphiné et la Provence, il en va tout autrement. Rares sont les hommes et encore plus rares les femmes qui savent écrire, aussi bien en français que dans les dialectes, sauf dans le Queyras et le Briançonnais, dont une partie importante de la population est alphabétisée, et cela dès le XVIe s. Autrement dit, si l’on tient pour justes les analyses de Falque-Vert et qu’on les compare aux travaux de F. Furet et J. Ozouf, en deux ou trois siècles, les Queyrassins ont accédé à l’écrit, bien avant les Français du Sud et même avant de très nombreux Français vivant au Nord et à l’Est de la ligne Saint-Malo Genève.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Pour établir ce niveau d’alphabétisation élevé, on se fonde sur toute une série de faits, appelés " indicateurs " : des témoignages de Queyrassins eux-mêmes ; des témoignages de fonctionnaires, de militaires ou d’écrivains des XVIIe et XVIIIe s. qui connaissaient bien le Queyras ; des documents écrits, en particulier les contrats de mariage, au bas desquels apparaissent très souvent les signatures des deux conjoints.&lt;br /&gt;Très tôt, en effet, les Queyrassins ont su lire, écrire et compter en français, parfois même en latin, deux langues qui étaient partiellement étrangères dans les hautes vallées, dont la langue première, celle qui était en usage quotidiennement, était un dialecte occitan, dit patois queyrassin. De plus, le phénomène a touché la quasi totalité de la population, composée essentiellement de paysans et de petits artisans, et pas seulement, comme dans d'autres régions du Sud de la France, une petite minorité de nobles, d'hommes de loi, de marchands. Tant Bouchu, intendant du Roi au XVIIe s, que le citoyen Bonnaire, préfet des Hautes-Alpes en 1801, regrettent l'absence d'instruction dans les " basses terres " des Hautes-Alpes ou du Dauphiné et louent le zèle que les montagnards manifestent pour acquérir le savoir. " Pour trouver quelque désir d'apprendre, et même une certaine instruction réelle, écrit Bonnaire, il faut remonter dans le Briançonnais, pénétrer dans des vallées profondes et étroites, perdues, en quelque sorte, dans d'horribles précipices, et qui sembleraient ne pouvoir être habitées que par des peuplades de sauvages. C'est là qu'on sent le prix de l'instruction, et que tous, sans exception, y consacrent leur jeunesse : il est rare qu'un enfant n'y sache pas lire, écrire, et même un peu de calcul ".&lt;br /&gt;Si l'on accorde du crédit à ces témoignages et à ce que disent les archives, on estime que cette alphabétisation a été effective dès le XVIe s. Peut-être auparavant - mais, sur cette question, les chroniqueurs queyrassins sont relativement discrets, ou bien les documents manquent ou bien ils n'ont pas été conservés.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Plusieurs indicateurs établissent de façon formelle la précocité massive du phénomène. Le principal consiste à compter les signatures au bas des contrats de mariage. Selon l'historien Pierre Goubert, qui a étudié la diffusion de la culture en France dans les années 1686-1690, en se fondant sur l'aptitude des nouveaux époux à signer leur acte de mariage, ce sont les Hautes-Alpes qui ont le niveau culturel le plus élevé, niveau défini par le pourcentage de contrats signés. Dans les registres d'Abriès datant de 1744-1748 que Mme Harriet Rosenberg a dépouillés, 91% des hommes sont en mesure de signer - c'est-à-dire d'écrire leur nom - de leur propre main. Cette anthropologue pense même qu'à Abriès, au XVIIIe s, il y avait dans chaque famille au moins une personne lettrée, sachant lire, écrire, le latin, capable de rédiger, ayant des notions de droit.&lt;br /&gt;Les Queyrassins eux-mêmes, dans les témoignages qu'ils nous ont laissés, considéraient qu'il était de la première importance même pour un paysan de savoir lire, écrire, compter. En marge d'une délibération d'escarton, un Queyrassin écrivit en 1766 les vers suivants :&lt;br /&gt;" A mes enfants Apprenez si vous êtes sages Car le savoir est plus important que l'héritage&lt;br /&gt;Vous pouvez être privés d'héritage Mais le savoir vous fera vivre Apprenez auprès de personnes savantes et enseignez aux ignorants Dieu vous récompensera " &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Les documents comptables attestent aussi de cette instruction massive. L'école avait lieu pendant la mauvaise saison, de la fin de l'automne au début du printemps. Il n'y avait pas de bâtiment qui y fût destiné. Une étable assez vaste en faisait fonction. La communauté embauchait un des siens qu'elle rétribuait pour assumer les missions d'un maître d'école : il était appelé régent ou recteur. En 1458, Abriès avait pour " rector scolarum " un dénommé Giraudus Marcellini. Dans les registres d'impôts de 1790, il est imputé à la communauté la somme de 200 livres, qui sert à payer " les gages du maître d'école ", ce qui représentait un tiers de ce que percevait le curé de la paroisse. Mais alors que le maître d'école ne travaillait que 5 mois, le curé officiait toute l'année.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;De plus, comme la population était massivement alphabétisée, le Queyras a formé longtemps beaucoup de maîtres d'école (des curés et des religieuses aussi), qui étaient trop nombreux pour être tous employés dans les communautés et qui, l'hiver, émigraient vers la Provence pour occuper des emplois de régents de village. C'est le personnage du maître d'école ou régent, que Victor Hugo a célébré au début des Misérables. Les régents apprenaient à des enfants d'âge différent (ils n'étaient pas répartis en classes en fonction de leur âge ou de leur niveau) à lire, à écrire, à compter, un peu de morale; de la religion ; parfois des rudiments de latin - et cela en fonction de leurs compétences. Les filles étaient elles aussi alphabétisées; elles apprenaient en sus à coudre et à broder. En 1793, le député jacobin Bouquier fait voter par la Convention un décret, qui régit l'enseignement en France et autorise les citoyens qui en ont les compétences à ouvrir une école dans chaque village, avec l'accord des autorités de la commune. Ce qu'institue ce décret, afin de régler partiellement la crise de l'école consécutive au départ pour l'étranger d'un nombre considérable de nobles et de prêtres, ce sont les écoles communautaires qui ont existé dans le Queyras pendant des siècles. Ces écoles ont duré jusqu'au milieu du XIXe s. Les lois Guizot (1831), Falloux (1851) et Ferry (1882) ont peu à peu obligé l'Etat à former, nommer et rémunérer les maîtres d'école, dits alors instituteurs.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Contrairement aux régions rurales du Sud de la France, lesquelles, selon de nombreux historiens et idéologues, auraient créé une culture orale dans les dialectes d'oc (mais un examen pourrait faire apparaître les limites de ces thèses), le Queyras est un ensemble de vallées de culture écrite, en français et en latin, et où la tradition orale reste vivante. Les traces les plus éloquentes de cette ancienne passion la culture écrite et la langue française sont innombrables. Ce sont les inscriptions, parfois en vers, gravées ou peintes, que l'on peut lire encore sur les linteaux de porte, sur les rochers, sur les coffres, sur les cadrans solaires, les chroniques tenues dans chaque village par le notaire ou un des consuls, les contrats, les testaments, les actes notariés, les carnets d'irrigation, les livres de raison (cf. " écrivains du Queyras "). &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-685311794912789806?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/685311794912789806/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=685311794912789806' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/685311794912789806'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/685311794912789806'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/04/instruction-dictionnaire-historique-et.html' title='Instruction (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R_evBEdEISI/AAAAAAAAAK8/9sQzf9A5CKY/s72-c/Ecrire+Recueil+des+coutumes+de+Brunissard+0.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-3479253134571529182</id><published>2008-03-20T16:26:00.003Z</published><updated>2008-03-20T16:31:37.181Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre I. Cinquième article.'/><title type='text'>Une inscription janséniste (Dictionnaire historique et culturel) ?</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R-KRVEdEIRI/AAAAAAAAAK0/bEGwT3AGrSo/s1600-h/Abri%C3%A8s.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5179862312588419346" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R-KRVEdEIRI/AAAAAAAAAK0/bEGwT3AGrSo/s320/Abri%C3%A8s.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les inscriptions peintes sur les cadrans solaires ou gravées dans les meubles ou le chambranle des portes ou sculptées en creux dans la pierre ne sont pas - pour la plupart d’entre elles du moins - très originales. Elles contiennent des maximes pleines de bon sens (par exemple " il est plus tard que vous ne pensez "), des commandements (" Adore Dieu, honore le Roy "), des phrases rappelant quelques points de dogme religieux ou des proverbes. Il en est une cependant de très originale et qui détone par son pessimisme. Elle est sculptée sur une pierre de la façade de l'ancienne recette buraliste d’Abriès - une maison longue à un étage - qui se trouve tout près de l’église. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;La voici : "Qui bien se regarde bien se connoit qui bien se connoit peu sestime Dieu nous benisse W Louis XVI notre roi 1784 BRCFD" &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;On peut l’adapter en français moderne ainsi : "Celui qui procède à un vrai examen de conscience (au XVIIIe s, se regarder signifiait aussi "s’examiner" ou "procéder à un examen de conscience") se connaît bien et celui qui se connaît bien fixe sa propre valeur très bas (au XVIIIe s, s’estimer signifie aussi "déterminer sa propre valeur")". &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;La maxime étonne par son caractère littéraire et moral et par sa profondeur philosophique. D’abord, elle reprend un des fondements de la sagesse antique, le "connais-toi toi-même" (ou gnothi te auton), inscrit à l’entrée du temple de Delphes et que Platon fait assumer par Socrate. Chez les Grecs, l’injonction "se connaître soi-même" s’opposait aux connaissances trompeuses que les hommes cherchaient dans les oracles ou dans les prédictions des aruspices, voyantes et autres devineresses. Seule la connaissance de ses limites ou de ses besoins permet de fonder une morale. Dans la maxime signée BRCFD, le sens du gnothi te auton est détourné. La connaissance de soi ne fonde rien, puisqu’elle débouche sur la prise de conscience que l’on est sans valeur.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Pour ce qui est de la morale qu’elle véhicule, la maxime est d’une tonalité pessimiste, au sens propre de cet adjectif. Elle suppose ou laisse entendre que l’homme n’a pas de valeur (il s’estime peu ou détermine sa propre valeur très bas) et qu’il est naturellement porté à faire le mal. Ce point de morale converge avec la rigueur janséniste. Un autre Blaise, célèbre celui-là, Blaise Pascal, aurait pu l’écrire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;D’un point de vue historique, bien que les Jansénistes aient été combattus par Louis XIV dans les années 1660 (il leur était reproché de critiquer le pouvoir royal et d’être des ferments de contestation religieuse et politique), ils ont exercé et même accru pendant tout le XVIIIe siècle une influence souterraine et déterminante dans les milieux intellectuels, chez les juristes, au Parlement parmi les magistrats et les juges, dans l’administration du royaume. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Les Jansénistes auraient-ils eu une influence dans le Queyras ? Il est difficile de se prononcer sur la question. Dans le chapitre intitulé "usages religieux" de ses Mémoires historiques sur le Queyras (non publié, 1860), l’abbé Jacques Gondret, traitant de l’eucharistie et de la pénitence, note que ces deux sacrements étaient "peu fréquentés dans les paroisses de notre Vallée, il y a cinquante ans à peine" et il s’interroge sur les causes possibles. Il en avance deux : "Etait-ce refroidissement produit par la présence du protestantisme ? Etait-ce levain de jansénisme ?" L’abbé Gondret avance donc l’hypothèse d’une influence janséniste pour expliquer la défiance envers la communion et la pénitence, les Jansénistes étant persuadés que rares seront les âmes sauvées et que, sans grâce "efficace", les sacrements, même répétés, n’assureront le salut d’aucun fidèle. Quoi qu’il en soit du jansénisme, vu la morale qui la fonde, une telle maxime ne peut avoir été écrite que par un homme cultivé et ayant reçu une solide formation intellectuelle.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Qui est BRCFD ? D’après J. Vandenhove, auteur de &lt;em&gt;Le Queyras, Villages et hameaux&lt;/em&gt;, il s’agit de Blaise Richard-Calve, dont le père, mort en 1781, se prénommait François Daniel. BRCFD semblent bien être ses initiales, suivies de celles de son père François Daniel (ou fils de Daniel ?). Si l’on se fonde sur ce que l’on sait de sa vie, Blaise Richard-Calve (cf. l’article qui lui est consacré), qui était riche, a suivi de solides études, a réussi une belle carrière politique pendant la Révolution, a été longtemps juge de paix du canton d’Aiguilles, présente le profil (études, magistrature, adhésion à la Révolution) des Jansénistes du XVIIIe s ou des hommes que le jansénisme a influencés, les amenant à basculer de la "cause de Dieu à la cause de la Nation". &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-3479253134571529182?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/3479253134571529182/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=3479253134571529182' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/3479253134571529182'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/3479253134571529182'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/03/une-inscription-jansniste-dictionnaire.html' title='Une inscription janséniste (Dictionnaire historique et culturel) ?'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R-KRVEdEIRI/AAAAAAAAAK0/bEGwT3AGrSo/s72-c/Abri%C3%A8s.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-2754566413565768196</id><published>2008-03-16T18:40:00.004Z</published><updated>2008-03-16T18:44:50.580Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre I. Quatrième article.'/><title type='text'>Immigrés italiens à Aiguilles (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R91qloibarI/AAAAAAAAAKs/nL1GDKs4eOg/s1600-h/Aiguilles+dessin+village.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5178412341315463858" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R91qloibarI/AAAAAAAAAKs/nL1GDKs4eOg/s320/Aiguilles+dessin+village.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R91qXYibaqI/AAAAAAAAAKk/UvCwzrtiF0g/s1600-h/Aiguilles.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5178412096502327970" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R91qXYibaqI/AAAAAAAAAKk/UvCwzrtiF0g/s320/Aiguilles.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dionigi Albera et Christophe Cusin, " Les Italiens d'Aiguilles en Queyras ", &lt;em&gt;Le Monde Alpin et Rhodanien&lt;/em&gt;, 3e trimestre 1994, Familles Destins Destinations, pp. 89- 110.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Aux XIXe et XXe siècles, la population d'Aiguilles baisse régulièrement. On en connaît les raisons. La principale tient à l'émigration, qui a été plus souvent due à la réussite qu’à la "nécessité" (cf. les travaux de Raoul Blanchard, "Aiguilles", &lt;em&gt;Revue de Géographie Alpine&lt;/em&gt;, 1926 ; Philippe Vigier, &lt;em&gt;Essai sur la répartition de la propriété foncière dans la région alpine&lt;/em&gt;, Paris, 1963 ; Anne Marie Granet-Abisset, op. cit.). L’émigration a accru la crise agricole. Des hameaux ont été abandonnés, des terres ont cessé d’être cultivées, faute de bras.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;On connaît moins bien les autres facteurs de cette émigration massive. Les rapports entre les communautés et le pouvoir central se sont modifiés (cf. les travaux de Rosenberg, Granet-Abisset, N. Vivier, &lt;em&gt;Le Briançonnais rural aux XVIIIe et XIXe s&lt;/em&gt;, Paris, 1992) au détriment des communautés, dont l’ancienne autonomie s’est transformée en dépendance administrative. Les impôts augmentent. En 1827, est promulgué le Code forestier, l’affouage est restreint, le pâturage des forêts par les ovins et les chèvres est interdit. Les communes devant payer les salaires des gardes (du tiers à la moitié, selon Vivier), leurs charges croissent. Le droit d’usage des communaux se restreint, accélérant l'exode. En 1816, une ordonnance exige des maîtres d'école un brevet de capacité ; en 1833, la loi Guizot crée des écoles pour former les maîtres. C’est la fin des maîtres d’école queyrassins et briançonnais. De même, la loi de 1844 assujettit les colporteurs (beaucoup de Queyrassins choisissaient cette activité en hiver) à la patente. Ces lois poussent les Queyrassins qui émigraient à la mauvaise saison à émigrer définitivement. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, l’agriculture du Queyras s’oriente vers l'élevage bovin et la production laitière. Des fruitières sont créées, qui disparaissent dans les années 1930, lorsque Nestlé organise le ramassage du lait pour son usine installée à Gap. Aiguilles s’intègre peu à peu à l’économie nationale et la commune n’échappe plus aux mailles de l’administration&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Le vide démographique est en partie comblé par les immigrants italiens, en fait des Piémontais et de nombreux Vaudois qui portent des noms français, dont celui de Miegge. Le recensement de 1831 établit qu’à Aiguilles exercent 32 domestiques, dont la plupart sont Piémontais. Après 1851, les flux migratoires s’accentuent. En 1861, Aiguilles compte 604 habitants, dont plus de 40 Italiens. En 1872, 660 habitants dont 153 Italiens. En 1886, 171 Italiens, 126 en 1896, 144 en 1906, 130 en 1911 pour 510 habitants, auxquels ils convient d'ajouter les Italiens naturalisés et les enfants issus de mariages mixtes, bien que ceux-ci soient assez peu nombreux (on se marie de préférence dans sa communauté). En 1921, sur 324 habitants, 74 sont Italiens. Dès 1872, les Italiens et les Français qui ne sont pas queyrassins forment la moitié des habitants d’Aiguilles.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Qui sont ces Italiens ? Au début, les domestiques sont les plus nombreux. Les autres travaillent soit dans l’agriculture comme fermiers, salariés ou cultivateurs propriétaires, soit dans artisanat (maçons, meuniers, cordonniers). Les incendies de 1829, 1886, 1889 ont provoqué l’exode des Aiguillons certes, mais aussi l’afflux de maçons et de charpentiers piémontais qui reconstruisent le village ou construisent les villas de la "réussite". Au début du XXe siècle, les Italiens cessent d’être domestiques agricoles et investissent le petit commerce, l’artisanat, l’agriculture. Pour nombre d’entre eux, Aiguilles est une étape. A leur tour, ils s’en vont vers les villes, et ils sont remplacés par de nouveaux immigrants. La vie d’Aiguilles est donc marquée par une mobilité de sa population qui se renouvelle sans cesse. Ainsi, en 1931, on recense 62 noms de famille qui n’apparaissent pas dans le recensement de 1817. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-2754566413565768196?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/2754566413565768196/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=2754566413565768196' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2754566413565768196'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2754566413565768196'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/03/immigrs-italiens-aiguilles-dictionnaire.html' title='Immigrés italiens à Aiguilles (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R91qloibarI/AAAAAAAAAKs/nL1GDKs4eOg/s72-c/Aiguilles+dessin+village.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-2796917766836888933</id><published>2008-03-06T08:07:00.002Z</published><updated>2008-03-06T08:11:08.818Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre I. Troisième article.'/><title type='text'>Immigrés (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R8-nEWkA4SI/AAAAAAAAAKc/mIfJMNrfDlA/s1600-h/Abri%C3%A8s+1.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5174538190089937186" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R8-nEWkA4SI/AAAAAAAAAKc/mIfJMNrfDlA/s320/Abri%C3%A8s+1.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les historiens qui ont étudié le Queyras ont tous insisté, à juste titre évidemment, sur l'émigration, très importante à partir de 1831, soit définitive, soit saisonnière, qui a touché le Queyras et failli transformer les hautes vallées en un désert. Cela ne doit pas occulter le phénomène inverse, moins ample, bien entendu, qui a conduit des étrangers, surtout des Italiens - plus des Piémontais originaires des vallées voisines du Queyras que des Italiens à proprement parler - à immigrer dans le Queyras, souvent saisonnièrement (ainsi les fameux faucheurs piémontais), mais aussi définitivement. Il suffit de consulter l'annuaire téléphonique pour constater que les Queyrassins qui portent des patronymes d'origine italienne et dont les parents ou les grands-parents, des faucheurs, des ouvriers agricoles, des maçons ou des charpentiers, ont immigré au début du XXe siècle sont relativement nombreux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Pour illustrer ce phénomène, racontons le destin d'un de ces immigrés, qui a conservé jusqu'à sa mort, en 1994, la nationalité italienne. Il se nomme Giovanni. Il est né en 1898 dans la commune de Melle, un gros bourg de la province de Cuneo, sis dans la Vallée Varaita, sur la route du Col Agnel, à quelques kilomètres de la frontière séparant l'Italie de la France. Son père, un petit paysan pauvre, possédait quelques terres, sept ou huit hectares ; il avait six enfants : cinq garçons, dont Giovanni, et une fille. Jusqu'à l'âge de huit ans et demi, Giovanni a fréquenté l'école de son ville, laquelle, nous a-t-il confié, était dépourvue de maîtres diplômés. L'instituteur, un homme du village, intelligent, savait lire, écrire et compter. Assez vite, Giovanni a été retiré de l'école pour travailler dans la ferme familiale. Il gardait le troupeau composé de quatre vaches, deux chèvres et un âne. Chaque jour, il parcourait de dix à douze km dans la montagne, pieds nus. Il se couchait à 11 heures du soir, se levait à 2 heures du matin. Il se souvient qu'à peine avait-il enlevé ses sabots il lui fallait les remettre. Agé de plus de 90 ans, il en tire la morale suivante : "Nous n'étions pas malheureux ; nous étions tous pareils ; personne n'était jaloux de l'autre". En 1911 (il a 13 ans), il a commencé à émigrer en France. D'abord dans le Queyras, au printemps et en été. En 1911, il était berger à Château-Queyras, de 1912 à 1914, roussier, c'est-à-dire muletier, à Aiguilles, de 1915 à 1917, ouvrier agricole à Marseille. Puis, ce fut la conscription. L'Italie était en guerre, alliée à la France, contre les deux empires allemand et autrichien. Incorporé, il a combattu dans le Trentin contre l'armée austro-hongroise. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Démobilisé en 1920, il a travaillé dans la ferme de son père jusqu'en 1924, année où celui-ci décédé, la ferme a été reprise par le frère aîné, qui était marié et père de famille. Giovanni, à nouveau, a dû émigrer. Jusqu'en 1927, il a été manoeuvre à Paris dans une entreprise de travaux publics ; de 1927 à 1933, ouvrier agricole aux Aygalades, près de Marseille, où il s'occupait de 22 vaches laitières, puis à Vitrolles. En 1933, il s'est installé définitivement dans le Queyras. Avec l'un de ses frères, il a loué à Aiguilles les terres (ce qu'il appelle un "domaine") de M. Edouard Albert, son ancien patron des années 1912-14, mort asthmatique. Ce domaine, très morcelé, comprenait de 70 à 80 parcelles et un chalet à Peynin. Il élevait 5 à 6 vaches laitières, autant de génisses, 15 à 16 brebis, un cochon qu'il tuait à Noël. Il possédait un cheval. Il préférait le cheval, "qui a plus de force", au mulet. Pendant la guerre, Giovanni a souffert, moralement et matériellement. En 1940, avant que l'Italie ne déclarât la guerre à la France, il a été déplacé en Ardèche. En 1944 et 1945, à la Libération, avec les autres Italiens du Queyras, il a été retenu à Guillestre. A chaque fois, alors qu'il était éloigné, une partie de ses biens a disparu. En 1963, à l'âge de 65 ans, il a arrêté la gestion du domaine et pris sa retraite d'exploitant agricole.&lt;br /&gt;En 1991, la terre l'obsédait toujours, parce qu'il voyait l'agriculture se mourir lentement. C'est un vrai paysan : "Si vous écrivez votre livre, dîtes qu'il y a aujourd'hui des terres libres dans le Queyras. Il faut que des gens viennent les cultiver". &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-2796917766836888933?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/2796917766836888933/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=2796917766836888933' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2796917766836888933'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2796917766836888933'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/03/immigrs-dictionnaire-historique-et.html' title='Immigrés (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R8-nEWkA4SI/AAAAAAAAAKc/mIfJMNrfDlA/s72-c/Abri%C3%A8s+1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-2248148158172921740</id><published>2008-02-28T13:15:00.005Z</published><updated>2008-02-28T13:24:10.706Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre I. Deuxième article.'/><title type='text'>Récits identitaires (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R8a15_DLcWI/AAAAAAAAAKU/lhzWsshgzBM/s1600-h/Saint-V%C3%A9ran+2006+011.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5172021229863530850" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R8a15_DLcWI/AAAAAAAAAKU/lhzWsshgzBM/s320/Saint-V%C3%A9ran+2006+011.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Ce qui ne manque pas d'étonner un observateur neutre, mais passionné, au cours des conversations qu'il peut avoir ici ou là, soit avec d'authentiques Queyrassins âgés, ou bien qui n'ont jamais quitté leur village ou bien qui y sont revenus vivre leur retraite, soit avec de néo-Queyrassins, c'est une même idée, sans cesse répétée, comme martelée, presque toujours formulée dans les mêmes termes, et qui consiste à définir les Queyrassins comme des hommes ingénieux et durs au travail, économes mais généreux, ayant le sens de la solidarité familiale et même communautaire, croyants sincères, fidèles à la foi de leurs ancêtres, respectueux des traditions ; bref, pour les Queyrassins, le Queyras a une identité et ses habitants, quelque chose que les autres hommes n'ont pas, qui fait qu'ils ne ressemblent aux gens de Provence ou de la ville, qu'ils sont singuliers.&lt;br /&gt;Pour confirmer cela, les Queyrassins racontent des histoires - souvent des histoires familiales -, qui, d'un interlocuteur à l'autre, se ressemblent et qui sont de véritables récits identitaires, dans lesquels les personnages incarnent le Queyrassin idéal, avec toutes les vertus dont il est paré. Peu importe que le récit soit ou non véridique, ait ou non été embelli d'une génération à l'autre. Généralement, les faits sont vrais, c'est-à-dire qu'ils ont effectivement eu lieu. L'important est que ces faits anciens aient été transmis d'une génération à l'autre, et qu'ils signifiaient quelque chose d'essentiel pour les conteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi ce récit. Les faits se sont passés à la fin du XIXe siècle, au moment du grand exode. Les personnages - les héros, devrais-je dire - en sont deux garçons, âgés de quinze ans, et qui, à la fin de l'été, les travaux des champs terminés, vont rejoindre un de leurs oncles installé en Provence (à Marseille ou à Toulon), qui doit les initier au métier qu'il exerce : le plus souvent, il tient un commerce de beurre et fromages. Ils partent un matin à l'aube, à pied bien entendu. Leurs parents leur ont fait faire par le cordonnier du village une paire de souliers neufs (parce que, à la ville, personne ne porte de sabots) et ont remis à chacun un louis d'or pour faire face aux dépenses du voyage. Ils partent les pieds nus, les souliers attachés par les lacets et passés autour du cou, afin de ne pas les user et qu'ils leur fassent de l'usage pendant de longues années. Chaque soir, au lieu de dormir à l'auberge ou à l'hôtel, ils couchent dans un fossé, se nourrissant de pain dur, de fruits tombés au sol et que personne n'a ramassés, de baies sauvages et même d'herbe. Deux ou trois semaines plus tard, ils arrivent chez leur oncle. Leurs pieds sont blessés, mais leurs souliers sont neufs ; et surtout, ils n'ont pas dépensé le louis d'or qui va constituer le capital grâce auquel, plus tard, eux aussi, à leur tour, ils se lanceront dans le commerce.&lt;br /&gt;Répété, au fil des ans, ce récit, d'anecdotique qu'il était, est devenu exemplaire, à la fois un exemple donné à ceux à qui il est raconté et un exemple de ce qu'est un vrai Queyrassin. Bref, c'est un récit identitaire, dans lequel on retrouve les traits essentiels de l'identité queyrassine : la solidarité familiale (l'oncle se charge de former ses neveux) ; le sens de l'épargne et de l'économie (entendue dans les deux sens du terme " épargne " et sens des affaires) ; le courage physique ; la volonté, quand on est pauvre, de réussir dans la vie, quitte à se priver de tout ; la frugalité (les Queyrassins, comme ces deux garçons, sont réputés capables de se passer du superflu). Seule la dimension religieuse de l'identité queyrassine est absente de ce récit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou cet autre récit. Laurent est mort à l'âge de 93 ans. Il a eu six frères et soeurs, qu'il a contribué à installer dans la vie, car c'est lui qui a repris l'exploitation familiale et est resté dans la maison. Après avoir fait deux ans de service militaire, il a été mobilisé en 1914 dans les chasseurs alpins, comme la plupart des Queyrassins. Alors qu'il était au front, sa mère, qui était veuve, ne pouvait pas lui envoyer d'argent de poche, non plus qu'à ses deux frères, mobilisés eux aussi. C'est pourquoi il lui est arrivé de gagner un peu d'argent en prenant la garde à la place de camarades nantis. Il a toujours été satisfait de ce qu'il possédait, tout en cherchant à améliorer les conditions matérielles de sa famille. Il croyait dans le travail et l'épargne. Pour ce qui est de l'épargne, il a été victime de l'inflation et des nombreuses dévaluations du franc. Ainsi, il a souscrit pour 500 francs à des obligations perpétuelles à 3%. Il pensait qu'avec 15 francs d'intérêt perçus il pourrait faire face à quelques dépenses. A la fin de sa vie, les 15 francs, or ou quasiment or, des années 1920 représentaient 15 centimes et ne lui permettaient même pas d'acheter une boîte d'allumettes. Après 1918, des Italiens entraient en France par le col de la Traversette. Les gendarmes leur établissaient un permis de séjour, pour l'obtention duquel ils devaient fournir deux photos d'identité. Au front, Laurent avait appris à développer les clichés dans des conditions précaires. Il a acheté du matériel et il est devenu photographe, se spécialisant dans les photos de mariage et d'autres cérémonies, et d'identité. Il conservait les négatifs bien classés. Ils auraient pu constituer des archives passionnantes sur le Queyras de la première moitié du siècle. Or, tout a été détruit lorsque son village, en juin 1940, a été incendié (cf. "calamités au XXe siècle"). Laurent était aussi vitrier. Il était à même de remplacer tous les carreaux cassés. Il était un bel exemple d’ingéniosité, de courage, d’ardeur au travail.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-2248148158172921740?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/2248148158172921740/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=2248148158172921740' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2248148158172921740'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2248148158172921740'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/02/rcits-identitaires-dictionnaire.html' title='Récits identitaires (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R8a15_DLcWI/AAAAAAAAAKU/lhzWsshgzBM/s72-c/Saint-V%C3%A9ran+2006+011.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-1063615252572437280</id><published>2008-02-21T15:12:00.003Z</published><updated>2008-02-21T15:17:23.260Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettres I et J. Premier article.'/><title type='text'>Identité (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R72V4vDLcUI/AAAAAAAAAKE/fUbOKUBKAB8/s1600-h/Saint-V%C3%A9ran+2006+016.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5169452749226209602" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R72V4vDLcUI/AAAAAAAAAKE/fUbOKUBKAB8/s320/Saint-V%C3%A9ran+2006+016.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les auteurs qui ont écrit sur le Queyras et tous les Queyrassins, jeunes ou âgés, reconnaissent volontiers que le Queyras a une identité et que ses habitants ne ressemblent pas tout à fait aux autres hommes. L'identité est un ensemble d'attitudes, de gestes, de croyances, de façons de vivre, de faire, d'être, d'idées, de représentations ou de structures mentales qui organisent notre vision du monde, qui ne se retrouvent nulle part ailleurs, du moins pas ainsi réunis et organisés, et qui sont particuliers, originaux, inédits, et spécifiques des Queyrassins. Ces éléments sont au nombre de cinq ou six : ce sont la foi chrétienne ; une morale faite de droiture, de fidélité, de courage, d'honnêteté, etc. ; la frugalité, laquelle a pour corollaire le goût de l'épargne ; l'amour du travail bien fait ; la solidarité.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Le premier élément est une foi intense. Bien entendu, personne n'a jamais pénétré dans les consciences (sauf peut-être les prêtres quand ils confessaient les fidèles) pour mesurer le degré d'adhésion des individus aux dogmes ou même la façon dont chacun interprétait les leçons de l'Eglise. Mais cette foi s'extériorisait dans des pratiques, des rites, des cérémonies : l'assistance aux offices, la présence aux sermons de mission, la participation aux pèlerinages et aux processions. Il fallait une foi forte pour survivre dans ces hautes montagnes.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Le deuxième élément est un faisceau de valeurs morales : honnêteté absolue (on s'interdit de prendre ce qui n'est pas à soi), respect de la parole donnée sans lequel il ne peut y avoir de confiance dans les transactions, piété filiale et respect des Anciens - conséquences d'une organisation patriarcale de la famille (les chefs de famille exercent un vrai pouvoir) et d'une organisation communautaire et non individualiste de la société.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Le troisième élément est la frugalité. On consomme peu, le moins possible, et on fabrique soi-même ce qui est nécessaire à l'existence (chaussures, vêtements, outils). Cette valeur est liée à l'économie agro-pastorale, où l'on produit des agneaux, du beurre et des fromages, qui sont destinés à être vendus à l'extérieur des vallées. L'argent que l'on obtient de la vente de ces produits est épargné. A la fin du XIXe s, il est placé en rentes ou en obligations d'Etat. Il sert à doter ou à établir les enfants ou à faire face à de mauvaises récoltes. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Le travail est la vertu par excellence des Queyrassins : pas de machines, pas ou peu de charrettes. Tout est fait à la main, avec quelques outils (faux, faucille, râteau, hache, etc.). L'agriculture de haute montagne exige des travaux incessants, dépierrer les prés au printemps, nettoyer ou réparer les canaux, les chemins et les fontaines, etc.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;La solidarité enfin est le dernier élément de l'identité : il est impossible de survivre seul. Chacun a besoin d'autrui. Des règles strictes et contraignantes régissent la solidarité : les corvées, les sociétés mutuelles, les tours d'arrosage, de four, etc.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Ce serait une erreur que de réduire les Queyrassins à cette identité quelque peu idéale et austère ou de la généraliser à tous. Les témoignages recueillis ici ou là, oraux ou écrits (dont le beau livre de M. Albert Borel) l'attestent. La gaieté, la joie de vivre, une inclination à la plaisanterie, la fréquentation des cafés de villages, pour certains un goût parfois immodéré pour "la chopine", la pratique des jeux de cartes ou de boules, l'organisation de charivaris, la passion pour les contes et les histoires de veillées tracent des portraits plus humains qui font ressembler les Queyrassins à l'humanité moyenne. Ainsi, chaque Queyrassin était désigné par un sobriquet, afin d’éviter les confusions dues aux homonymies et au petit nombre de patronymes. Certains de ces sobriquets étaient humoristiques, surtout ceux par lesquels on désignait les habitants de chaque village. Les habitants d’Abriès étaient nommés "tripes longues", ceux d’Arvieux "bazans", ceux de Château-Queyras des " gratte-papier " ; les Aiguillons étaient dits "pèle chiens". . &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-1063615252572437280?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/1063615252572437280/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=1063615252572437280' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1063615252572437280'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/1063615252572437280'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/02/identit-dictionnaire-historique-et.html' title='Identité (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R72V4vDLcUI/AAAAAAAAAKE/fUbOKUBKAB8/s72-c/Saint-V%C3%A9ran+2006+016.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-5664291449271170669</id><published>2008-02-03T09:42:00.000Z</published><updated>2008-02-03T09:49:30.157Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre H. Troisième article.'/><title type='text'>Husson Robert et le Queyras (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R6WOF4XwMII/AAAAAAAAAJ0/ZTtDQULW2D0/s1600-h/Saint+V%C3%A9ran+2007013.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5162688779532644482" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R6WOF4XwMII/AAAAAAAAAJ0/ZTtDQULW2D0/s320/Saint+V%C3%A9ran+2007013.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R6WNw4XwMHI/AAAAAAAAAJs/fBvHbktyCmQ/s1600-h/Saint+V%C3%A9ran+2007006.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5162688418755391602" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R6WNw4XwMHI/AAAAAAAAAJs/fBvHbktyCmQ/s320/Saint+V%C3%A9ran+2007006.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tivollier et Isnel citent le livre de Robert Husson (&lt;em&gt;La Montagne veut vivre&lt;/em&gt;, Editions Guillon, Paris, 3e édition ; sous-titre "Roman hivernal du village le plus élevé des Alpes") parmi ceux qui ont consacré l'entrée de Saint-Véran dans la littérature depuis le début de ce siècle. Aucune date de publication n'est indiquée. Si l'on tient compte des allusions (peu amènes) aux Chemises noires de Mussolini (pp. 48-49 "le voisin transalpin est le héros de maintes conversations. Les paysans se moquent à plaisir des Chemises Noires baisant le portrait du Duce ou présentant les armes aux chamois de Sa Majesté le Roi d'Italie"), on peut affirmer qu'il a été écrit après 1922. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;L'auteur qui a résidé pendant cinq hivers à Saint-Véran s'est pris de passion pour les habitants du village, à qui il rend hommage. Contrairement à ce qu'indique le sous-titre, ce livre n'est pas un roman : l'auteur n'y raconte aucune aventure fictive ou imaginaire, mais la seule vie quotidienne des habitants. "Le roman hivernal de Saint-Véran" comprend un avertissement et deux parties : Sic itur ad astra ("ici le chemin vers les astres"), la seconde, historique, présentant un intérêt moindre.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Dans l'avertissement, Robert Husson explique pourquoi il a consacré plus de 200 pages à Saint-Véran. Il a voulu, entre autres raisons, prendre le contre-pied des nombreux reportages publiés dans la presse, qui, tous, présentent le village le plus haut d'Europe et ses habitants de façon partielle et caricaturale. "Les montagnards, écrit-il page 10, détestent les reporters et ne se gênent pas pour leur dire ouvertement leur mépris". Il se moque aussi des clichés les plus souvent répandus : "la glace que l'on casse dans son pot à eau", "le linge qui gèle avant d'avoir atteint votre visage", "la barbe qui se résorbe dans la peau rétractée", "ce pays où la propreté est une vertu", "les gens qui se terrent comme les marmottes", etc. Il conclut ainsi : "ces bavardages ne seraient qu'un inoffensif bluff s'ils ne blessaient intensément une population dont vous voudrez connaître l'antique civilisation, la vie intense et le labeur ininterrompu, même l'hiver".&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Les pages les plus intéressantes à qui veut parfaire la connaissance de Saint-Véran dans les années 1920-1930 forment le chapitre VIII de la première partie sous le titre "tâches d'aujourd'hui" (pp. 113 à 133). Robert Husson y décrit les activités hivernales des habitants de Saint-Véran. "Le bourg tout entier (...) n'est qu'une ruche immense et laborieuse" (p 116). Il visite d'abord les ateliers de lapidaires. Il y en avait deux au village. "Des jeunes filles travaillent dans une chambre ornée de vieux calendriers et d'edelweiss". "Le lapidaire montre sa production : rubis, améthystes, topazes, aigues marines et surtout, plus beau que tout, le brillant cristal de roche, qu'il recueille l'été sur le territoire même du pays, à l'aide d'un ciseau dur". Robert Husson recense et évoque brièvement d'autres activités artisanales : ateliers de menuiserie, de sculpture sur bois, ferronniers, serruriers, forgerons, cordonnier, épicier, rouennier, apiculteur, voiturier, relieurs, auxquels il faut ajouter les traditionnels maçons et peintres italiens. Les femmes filent le chanvre et la laine, mais aucune, regrette Robert Husson, ne confectionne la dentelle, ni ne brode. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Enfin, il raconte la visite qu'il a faite à la mine de cuivre, alors en exploitation, à deux heures à skis du village. "J'y suis descendu plusieurs fois avec le directeur de la mine, considérant chaque année les progrès accomplis. Guidés par la lampe à acétylène, nous croisions des travailleurs poussant des wagonnets ou d'autres, accroupis contre le pic à air comprimé qui secouait la montagne d'une trépidation quelque peu lugubre" (p 124). A côté de la mine, se trouve une carrière de marbre où s'emploient des habitants du village. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Robert Husson conclut ainsi son reportage : "Notre visite chez les artisans de Saint-Véran sera incomplète. Il faudrait nous rendre sous chaque toit pour avoir une vision vraisemblable du labeur intense qui se déploie au coeur de l'hiver. Guidés avec méthode, les gens de ce pays étonnent par leur habileté et leur sens artistique. Quant à ceux qui n'ont pas de profession pour ces jours de patience, l'entretien de la maison, la confection d'un traîneau ou d'un araire suffisent souvent à absorber leur temps". &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-5664291449271170669?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/5664291449271170669/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=5664291449271170669' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/5664291449271170669'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/5664291449271170669'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/02/husson-robert-et-le-queyras.html' title='Husson Robert et le Queyras (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R6WOF4XwMII/AAAAAAAAAJ0/ZTtDQULW2D0/s72-c/Saint+V%C3%A9ran+2007013.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-2975497632231878086</id><published>2008-01-27T07:55:00.000Z</published><updated>2008-01-27T07:59:56.277Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre H. Deuxième article.'/><title type='text'>Hugo et le Queyras (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R5w59IXwMGI/AAAAAAAAAJk/ABH7wrNx4mc/s1600-h/Molines+Le+Choeur+1.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5160062995441660002" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R5w59IXwMGI/AAAAAAAAAJk/ABH7wrNx4mc/s320/Molines+Le+Choeur+1.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Victor Hugo et le Queyras&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Au début des &lt;em&gt;Misérables&lt;/em&gt; (première partie, livre premier "Un juste", troisième chapitre" A bon évêque dur évêché"), citant les conseils que Mgr Myriel, évêque de Digne, dans les premières décennies du XIXe siècle, prodiguait à ses ouailles au cours des tournées qu'il accomplissait dans son diocèse, Victor Hugo écrit :&lt;br /&gt;"Aux villages où il ne trouvait pas de maître d'école, il citait ceux de Queyras :&lt;br /&gt;- Savez-vous comment ils font ? disait-il, Comme un petit pays de douze à quinze feux ne peut pas toujours nourrir un magister, ils ont des maîtres d'école payés par toute la vallée, qui parcourent les villages, passant huit jours dans celui-ci, dix jours dans celui-là, et enseignant. Ces magisters vont aux foires, où je les ai vus. On les reconnaît à des plumes à écrire qu'ils portent dans la ganse de leur chapeau. Ceux qui n'enseignent qu'à lire ont une plume, ceux qui enseignent la lecture et le calcul ont deux plumes ; ceux qui enseignent la lecture, le calcul et le latin ont trois plumes. Ceux-là sont de grands savants. Mais quelle honte d'être ignorants ! Faites comme les gens de Queyras.&lt;br /&gt;Il parlait ainsi gravement et paternellement, à défaut d'exemples inventant des paraboles, allant droit au but, avec peu de phrases et beaucoup d'images, ce qui était l'éloquence même de Jésus-Christ, convaincu et persuadant".&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Ce témoignage, intéressant, mais aussi rapide et partiel, appelle quelques remarques.&lt;br /&gt;Au XIXe s, l'instruction des Queyrassins était précoce et massive. Tous les documents le confirment. Même les habitants des hameaux isolés étaient alphabétisés : les petits pays de douze à quinze feux (soit, à raison de cinq personnes par feu, de soixante à soixante-quinze habitants) : par exemple, La Montette, Souliers, Lombard, Malrif, les Escoyères, aujourd'hui quasiment abandonnés ou en ruines. Des régents ou maîtres d'école émigraient l'hiver, saison où l'école se faisait dans le Queyras. Cela montre que les maîtres d'école étaient plus nombreux que les écoles et trop nombreux par rapport au nombre d'élèves. Dans les &lt;em&gt;Misérables&lt;/em&gt;, Monseigneur Myriel est la charité faite homme : il "invente des paraboles", il "parle comme Jésus-Christ". C'est justement cet évêque qui, en sauvant Jean Valjean et en lui montrant la Lumière, incarne l'idéal évangélique que prônait Victor Hugo et qui ne s'oppose pas à ses croyances républicaines. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Mgr Myriel présente comme exemplaires les Queyrassins. Aux fidèles, il déclare "faîtes comme les gens de Queyras", qui, en instruisant les enfants, mettaient en oeuvre, selon Hugo, les principes du catholicisme évangélique. On retrouve cette vision idéalisée du Queyras chez l'abbé Pierre Berge et chez Jacques Gondret.&lt;br /&gt;Cf. "instruction", "curés du Queyras ", "Abbé Pierre Berge", "Abbé Jacques Gondret", "âge d'or". &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-2975497632231878086?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/2975497632231878086/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=2975497632231878086' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2975497632231878086'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2975497632231878086'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/01/hugo-et-le-queyras-dictionnaire.html' title='Hugo et le Queyras (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R5w59IXwMGI/AAAAAAAAAJk/ABH7wrNx4mc/s72-c/Molines+Le+Choeur+1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-3489667057287221188</id><published>2008-01-13T09:39:00.000Z</published><updated>2008-01-13T09:46:17.115Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre H. Premier article.'/><title type='text'>Habitat (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R4nd2sr64BI/AAAAAAAAAJc/8TZAnzZ-BGU/s1600-h/Aiguilles+dessin+village.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5154895180280291346" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R4nd2sr64BI/AAAAAAAAAJc/8TZAnzZ-BGU/s320/Aiguilles+dessin+village.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R4ndnsr64AI/AAAAAAAAAJU/oiiQ0Ylz8xU/s1600-h/Saint-V%C3%A9ran+2006+025.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5154894922582253570" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R4ndnsr64AI/AAAAAAAAAJU/oiiQ0Ylz8xU/s320/Saint-V%C3%A9ran+2006+025.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R4ndR8r63_I/AAAAAAAAAJM/297RSK2CpzU/s1600-h/Saint+V%C3%A9ran.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5154894548920098802" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R4ndR8r63_I/AAAAAAAAAJM/297RSK2CpzU/s320/Saint+V%C3%A9ran.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Habitat groupé&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Le Queyras ne connaît pas d'habitat isolé. Les maisons sont regroupées en villages ou en hameaux, sauf dans quelques alpages, à Furfande ou à Clapeyto, de la commune d'Arvieux, par exemple, où les chalets d'estive (habités l'été seulement) sont disséminés sur la pente.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Le regroupement des habitations a plusieurs causes. Il est imposé d'abord par les contraintes du relief. Les sites favorables à l'implantation de villages ne sont pas nombreux. Il faut des versants ensoleillées, des pentes peu abruptes, qui soient à l'abri des avalanches et des lieux qui ne soient pas menacés par les crues. Le groupement est lié aussi à des particularités culturelles : ainsi aux liens de solidarité qui caractérisaient la vie sociale de l'escarton du Queyras et qui se manifestaient dans les corvées décidées pour entretenir les chemins, les canaux, les sources, dans les tours de garde des troupeaux, dans les fours qui appartenaient aux habitants (et non au seigneur, comme ailleurs dans la France féodale), dans les mutuelles contre les incendies et la perte de bétail, etc. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Dans un article intitulé "le village de Saint-Véran", le géographe Raoul Blanchard l'exprime clairement : "Pas d'habitations isolées, quoique les eaux soient partout assez abondantes pour légitimer la dispersion des maisons ; mais il ne fait pas bon être isolé en haute montagne, le dur travail des traces à faire l'hiver dans la neige, la formation d'un troupeau commun groupé sous la direction d'un pâtre de quartier, enfin le besoin qu'on éprouve de n'être pas seul devant une nature souvent hostile et toujours redoutable, imposent le groupement".&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Ces regroupements, de taille moyenne, ne se font pas suivant les mêmes règles. On peut distinguer les règles qui génèrent trois types d'implantation (cf. "villages").&lt;br /&gt;a) Le village rue. On trouve ce type à Aiguilles et à Château-Queyras. Les maisons sont construites de part et d'autre de la rue, le faîtage étant parallèle à cette rue. Ce type de village est très commun dans les Alpes.&lt;br /&gt;b) Le village de pente. On le trouve à Saint-Véran, Pierre Grosse, Le Roux d'Abriès. Les maisons sont construites dans la pente, généralement sur ce que les géographes appellent un ensellement, et qui n'est autre qu'un emplacement à peu près plat. Le faîtage du toit est parallèle à la ligne de plus forte pente. C'est à Saint-Véran que ce type d'implantation et de regroupement se trouve le plus parfaitement réalisé, si bien que, étant donné la renommée, parfaitement justifiée, de ce très beau village, c'est le type le plus connu et qui est présenté souvent, mais à tort, comme spécifiquement queyrassin.&lt;br /&gt;c) Les villages implantés sur le cône de déjection d'un torrent. C'est le cas de Ristolas et d'Abriès. Les règles d'implantation sont moins rigides. La ligne de pente et la rue n'organisent pas l'implantation.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-3489667057287221188?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/3489667057287221188/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=3489667057287221188' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/3489667057287221188'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/3489667057287221188'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2008/01/habitat-dictionnaire-historique-et.html' title='Habitat (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R4nd2sr64BI/AAAAAAAAAJc/8TZAnzZ-BGU/s72-c/Aiguilles+dessin+village.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-6684519325486413688</id><published>2007-12-31T17:11:00.000Z</published><updated>2007-12-31T17:16:33.339Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre G. Septième article.'/><title type='text'>Guillestre et Abriès (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R3kjzsr639I/AAAAAAAAAI8/NtTJa9KshRk/s1600-h/Abri%C3%A8s+1.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5150187019950546898" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R3kjzsr639I/AAAAAAAAAI8/NtTJa9KshRk/s320/Abri%C3%A8s+1.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour faire comprendre l'ampleur de la prospérité passée du Queyras, il est possible de comparer l'état de l'économie et le niveau de vie de la population à Guillestre, d'où part la route du Queyras, et à Abriès, un des villages où cette route aboutit, pendant une période longue, deux siècles environ, entre la fin du XVIIIe s. et la fin du XXe s.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Aujourd'hui, Guillestre a l'apparence d'une petite ville prospère de plus de 2000 habitants, qui compte des commerces florissants, dont deux supermarchés, abondamment approvisionnés, qui attirent des clients de toutes les vallées alentour (de plus de 40 km), et sur le territoire bien exposé de laquelle, en l'espace d'une vingtaine d'années, ont été construits de petits ensembles immobiliers et de très belles villas, qui attestent l'enrichissement indéniable de ses habitants. A l'opposé, Abriès est un village dont la population dépasse à peine 300 habitants.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Or, en 1789, la comparaison entre les deux bourgs tournait à l'avantage très net d'Abriès. Guillestre était un village qui comptait trois commerces et qui était peuplé de "900 personnes, y compris les enfants". Abriès, le village le plus peuplé du Queyras d'alors, en comptait plus du double : 2033 habitants en 1806. Les consuls de la communauté de Guillestre, répondant le 1 avril 1789 aux questions que leur avaient posées les procureurs généraux syndics des Etats du Dauphiné, présentent le terroir, pourtant étendu, comme "resserré", "de médiocre qualité", "aride et froid", "craignant la sécheresse" (&lt;em&gt;Les Annales des Alpes&lt;/em&gt;, mai-juin 1903, Archives départementales, Gap, p 129 et suivantes, sous le titre "la communauté de Guillestre" et comme sous-titre "Réponses de la communauté de Guillestre aux différentes questions que lui ont fait MM les Procureurs généraux syndics des Etats du Dauphiné par l'imprimé joint à leur lettre du 28 février dernier". 24 réponses datées du 1 avril 1789 et signées des deux consuls, de deux ex consuls et du châtelain). Les habitants, écrivent-ils, "se nourrissent très mal; la misère les réduit à faire un triste mélange de farine d'avoine avec celle de seigle pour du pain, afin de pouvoir arriver à la récolte" et "il y a à peu prés égalité, année commune, entre la perception et la consommation, sauf les années de disette", de sorte que "la communauté ne peut faire aucun commerce de ses productions, vu qu'elles sont toutes nécessaires à la subsistance de ses habitants. Il y a ici un petit marché le lundi de chaque semaine en hiver et trois petites foires d'un jour annuellement, savoir le 1er lundi de mai, le 1er lundi de juillet et le 3e lundi d'octobre". Elle "a si peu de fourrage qu'elle nourrit à peine environ 150 boeufs, 100 mulets ou bourriques et environ 300 bêtes d'avérage; elle ne peut pas même espérer de pouvoir en nourrir davantage. La qualité serait infiniment supérieure, si le sel était meilleur marché, parce qu'on en donnerait plus souvent aux bestiaux".&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;A l'opposé, les habitants d'Abriès étaient, semble-t-il, correctement nourris. Au XIIIe s., une foire "internationale", qui attirait de nombreux acheteurs piémontais, venus du Val Pellice proche, y avait été établie, grâce à des privilèges accordés par le Dauphin. Là, les éleveurs d'Abriès vendaient le surplus de leur production, des agneaux, des brebis, des veaux et des fromages. La foire a connu une prospérité si vive que les autorités du village décidèrent à la fin du XVIe s. de construire une halle en pierres, où se faisaient les transactions et dont il reste les arcades. Les Abriésois ne manquaient pas de fourrage (comme l'attestent les nombreux canaux creusés dans toutes les montagnes proches et qui permettaient, en irriguant les champs et les prés de fauche, d'augmenter la production de céréales et de fourrage) et leur cheptel, même si on n'en connaît pas le nombre exact, était bien supérieur à celui des gens de Guillestre. En 1836, les habitants des sept communautés du Queyras historique élevaient 4390 bovins et 23000 ovins (chiffres cité par le général Guillaume, &lt;em&gt;Le Queyras&lt;/em&gt;, 3e éd., Gap, 1985, p 163). Comme Abriès réunissait alors plus du quart de la population et que l'élevage y était plus florissant que dans les autres communautés du Queyras, on peut estimer que les cheptel, bovin et ovin, y était beaucoup plus important qu'à Guillestre.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;En deux siècles, la comparaison entre les deux bourgs a basculé sur les plans démographique et économique à l'avantage très net de Guillestre. Des facteurs expliquent ce renversement de situation. La ville a bénéficié de nombreux atouts dont était dépourvue Abriès. Le premier de ces atouts est sa position au carrefour des vallées du Guil et de la Durance, sur un grand axe de communication reliant la Provence au Piémont turinois, entre Briançon et Gap. A la fin du XIXe s., la ligne de chemin de fer l'a intégrée au réseau ferré français et l'a mise à cinq heures de Marseille et à moins d'une journée de Paris. De plus, l'établissement à L'Argentière la Bessée d'une grande industrie métallurgique, utilisant l'énergie hydraulique, et de nombreux sous-traitants a enrayé le déclin démographique que Guillestre aurait sans doute connu si le bourg avait conservé sa vocation rurale de 1789. Enfin, la création à partir des années 1960 de deux grandes stations de sports d'hiver dans les montagnes proches, à Vars et à Risoul, qui attirent l'une et l'autre une clientèle internationale, a assuré le développement économique et démographique de la ville et a favorisé durablement sa prospérité.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-6684519325486413688?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/6684519325486413688/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=6684519325486413688' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/6684519325486413688'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/6684519325486413688'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2007/12/guillestre-et-abris-dictionnaire.html' title='Guillestre et Abriès (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R3kjzsr639I/AAAAAAAAAI8/NtTJa9KshRk/s72-c/Abri%C3%A8s+1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-2699417346264747612</id><published>2007-12-23T08:30:00.000Z</published><updated>2007-12-23T08:34:42.471Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre G. Sixième article.'/><title type='text'>Guillaumin Paul (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R24dlsr638I/AAAAAAAAAI0/X3eDiGo6jHw/s1600-h/Ecrire+Recueil+des+coutumes+de+Brunissard+4.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5147083957618794434" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R24dlsr638I/AAAAAAAAAI0/X3eDiGo6jHw/s320/Ecrire+Recueil+des+coutumes+de+Brunissard+4.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Paul Guillemin&lt;br /&gt;Auteur des &lt;em&gt;Coutumes d’Arvieux&lt;/em&gt;, brochure éditée en 1880, Lyon, imprimerie Goyard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul Guillemin (1847-1928), fonctionnaire polygraphe, a fondé en 1875 une section du Club Alpin Français à Briançon et a oeuvré en faveur du développement de l’alpinisme dans le haut Dauphiné, en formant des guides dans l’Oisans et en faisant construire un réseau de refuges.&lt;br /&gt;La brochure &lt;em&gt;Coutumes d’Arvieux&lt;/em&gt; contient un inventaire rapide et anecdotique des coutumes d’Arvieux et un exposé sur la division des habitants de la commune en "gens de la Belle" et "gens du Renom". Sur les cent quarante familles que comptait la commune en 1880, cinquante-cinq appartiennent à la Belle ou "aristocratie" ou "secte d’origine supérieure" ; les autres sont intégrées au Renom, dit "race des Sorciers".&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;"En règle générale, la bonne intelligence règne partout, excepté sur une question : le chapitre des mariages a surnagé sans aucun adoucissement. Il n’y a pas trente ans qu’un homme de la Belle eût tué ses enfants plutôt que de les voir s'allier aux Sorciers".&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;La brochure se termine par le récit de la première ascension de l’Aiguille du Ratier. Paul Guillemin relève les lacunes de la carte d’état-major : "Plusieurs cols sont oubliés ; le nom même si connu de Furfande, porté dans toutes les publications antérieures, a disparu". Haut de 2668 m, le Ratier aurait été jugé inaccessible par les gens du pays : "Depuis le temps que nous voyageons dans le Queyras avec M. Salvador de Quatrefages, l’Aiguille du Ratier avait fini par nous causer de véritables cauchemars ; à chacune de nos apparitions, on nous la montrait en disant : "Vous ne lui mettrez pas un chapeau à celle-là". Seule, en effet, elle gardait encore sa ceinture ; tous les autres sommets réputés inaccessibles, le Bric Bouchet, le Pelvas, le pic d’Asti, la Grande Aiguillette, la Roche Taillante, la Grande Mamelle, le Viso Nord et la Tête des Etoiles avaient successivement capitulé". &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-2699417346264747612?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/2699417346264747612/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=2699417346264747612' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2699417346264747612'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2699417346264747612'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2007/12/guillaumin-paul-dictionnaire-historique.html' title='Guillaumin Paul (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R24dlsr638I/AAAAAAAAAI0/X3eDiGo6jHw/s72-c/Ecrire+Recueil+des+coutumes+de+Brunissard+4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-2047052094387263214</id><published>2007-12-16T10:54:00.000Z</published><updated>2007-12-16T11:00:46.804Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre G. Cinquième article.'/><title type='text'>Guillaume Augustin, Général (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R2UFPsr637I/AAAAAAAAAIs/5oEhDonBXCM/s1600-h/Molines+%C3%A9glise.1jpg.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5144523916592209842" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R2UFPsr637I/AAAAAAAAAIs/5oEhDonBXCM/s320/Molines+%C3%A9glise.1jpg.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Général Augustin Guillaume&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Né en 1895, mort en 1983, le général Augustin Guillaume a fait une belle carrière dans l'armée de notre pays (lire dans &lt;em&gt;L'Air des cimes&lt;/em&gt; de François Billy, chapitre 41, op. cité, pp. 222 à 230), De plus, il a joué un rôle qui n'est négligeable dans l'histoire de la France et même du monde, en tant que résistant gaulliste, puis gouverneur résident au Maroc. A la retraite, il fut élu maire de Guillestre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le général Guillaume est aussi un écrivain et historien de talent, qui a écrit sept ouvrages, dont certains ont été traduits en anglais, en allemand, en espagnol, et ont connu un succès mérité. &lt;em&gt;Le Queyras&lt;/em&gt;, publié pour la première fois par la Société d'Etudes des Hautes-Alpes en 1968 et réédité en 1974 et 1985, est l'une de ses plus belles réussites, dans laquelle le général Guillaume porte à un haut degré ses qualités de styliste et d'intellectuel. Dans l'avant-propos, il affirme : "De quoi s'agit-il ? Il s'agit de la description, sous ses aspects physique, historique, économique et humain, d'une vallée des Hautes-Alpes". Son objectif est de décrire impartialement et objectivement, en recourant aux méthodes des historiens, des géographes et des économistes, la totalité du Queyras, en se fondant sur des faits attestés et avérés, sans prévention, ni préjugé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans leur somme, intitulée elle aussi &lt;em&gt;Le Queyras&lt;/em&gt; et publiée en 1938, Jean Tivollier et Pierre Isnel montraient que l'identité du Queyras avait été forgée pendant des siècles par l'économie agro-pastorale et souhaitaient que les Queyrassins restassent fidèles à ce qu'ils avaient ou auraient toujours été. En 1968, trente ans plus tard seulement, le général Guillaume célèbre le tourisme, souhaite que les équipements touristiques se développent, juge urgent que soit percé un tunnel sous le col La Croix, qui relierait la vallée du Guil au Piémont proche et prospère. Il n'existe pas, à son avis, d'autre alternative que le tourisme pour permettre aux Queyrassins de vivre décemment dans leurs vallées, puisque l'économie agro-pastorale séculaire et fondatrice de l'identité est, juge-t-il avec raison, hélas condamnée, en dépit des aides, des subventions, des primes versées aux éleveurs par les collectivités publiques. A la différence de J. Tivollier et P. Isnel, que l'amour très fort qu'ils portent à leurs vallées incline au total respect des traditions, le général Guillaume, en gaulliste qu'il est, est un modernisateur, qui exalte les efforts faits par les Queyrassins pour s'adapter au nouveau cours du monde. Que de changements en si peu de temps dans la perception que des hommes intelligents ont eu de l'avenir du Queyras !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le général Guillaume écrit dans un style ferme, précis, sans fioritures, d'une grande rigueur, fluide, peut-être moins heureux que celui de l'abbé Gondret, mais plus fort et plus efficace que celui de Tivollier et Isnel. C'est l'écriture d'un administrateur, qui est habitué à analyser et à comprendre une situation, avant de prendre les décisions qui s'imposent, qui a le sens de l'organisation, des responsabilités et de l'action. De plus, il a le mérite de présenter une synthèse, très claire, concise et brillante des travaux d'histoire, de géographie, d'économie, qui ont été publiés jusqu'aux débuts des années 1980. Son jugement est sûr : il a compris l'ampleur et la justesse de l'oeuvre de rénovation (et même de renaissance) entreprise dans tout le Queyras, de 1960 à 1980, sous la houlette éclairée et énergique de Philippe Lamour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, à deux reprises, perce dans son livre quelque chose qui ressemble à des préjugés idéologiques. Le sous-titre "Splendeurs et calvaire d'une haute vallée alpine" accrédite dans "calvaire" une vision tragique et pessimiste du Queyras, laquelle n'est sans doute plus justifiée aujourd'hui, ni n'a eu de réalité attestée avant la grande crise des années 1830. Dans la préface, André Chamson, écrivain connu, de confession protestante, membre de l'Académie française, se fait le chantre du Queyras, qu'il présente sans preuve comme une terre de "résistance", exaltant les victimes protestantes de l'intolérance, ainsi que les Vaudois, dont il regrette le "génocide" (terme anachronique et impropre). Pris par sa passion et aveuglé par ses engagements, il est amené à occulter les exactions commises par les protestants, lesquels, avant d'être des victimes, ont été aussi des bourreaux.&lt;br /&gt;Cf. "écrivains du Queyras"&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-2047052094387263214?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/2047052094387263214/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=2047052094387263214' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2047052094387263214'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/2047052094387263214'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2007/12/guerres-de-religion-dictionnaire_16.html' title='Guillaume Augustin, Général (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R2UFPsr637I/AAAAAAAAAIs/5oEhDonBXCM/s72-c/Molines+%C3%A9glise.1jpg.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-7144608069447804944</id><published>2007-12-08T10:39:00.000Z</published><updated>2007-12-08T13:19:23.439Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre G.  Quatrième article.'/><title type='text'>Guerres de religion (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R1p0tqLiKXI/AAAAAAAAAIc/CRRgj76ELhk/s1600-h/Molines+Eglise+et+clocher.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5141550252362443122" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R1p0tqLiKXI/AAAAAAAAAIc/CRRgj76ELhk/s320/Molines+Eglise+et+clocher.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Guerres de religion&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Le développement du protestantisme dans le Queyras s'est accompagné de graves violences dont les deux camps, catholique et protestant, se sont rendus responsables. La Réforme se répand dans le Queyras dans les années 1550. Des prêcheurs venant de Gap et d'Embrun tentent de faire basculer les Queyrassins dans leur camp. Une communauté réformée est fondée à Abriès en 1561. En 1571, la messe est supprimée à Abriès. Des troupes catholiques pénètrent dans le Queyras pour en chasser les protestants, qui font appel à des volontaires vaudois des vallées piémontaises d'Angrogne et de Luserne, dans le Val Pellice. En 1583, une bataille oppose catholiques et protestants sur les bords du torrent du Malrif, entre Aiguilles et Abriès. Il semble que les troupes catholiques, défaites, se soient retirées de la vallée. Puis, à partir du moment où la forteresse de Château-Queyras est tombée aux mains des protestants, ceux-ci sont devenus quasiment maîtres du Queyras. Les églises de Molines et de Ville-Vieille sont détruites ; les religieux s'enfuient de la vallée ; les consuls des communautés et le secrétaire de l'escarton sont nommés parmi les protestants.&lt;br /&gt;Il est certain que les Queyrassins ont participé aux combats même si des troupes venues de l'extérieur ont alimenté la violence. De ce point de vue, les combats ont été aussi une guerre fratricide avant d'être une guerre civile et religieuse. Il est difficile d'établir dans quelle proportion les Queyrassins se sont engagés dans ces guerres et combien ont été tués. Les archives catholiques font état de persécutions et de massacres. L'abbé Pierre Berge, dans sa monographie &lt;em&gt;Saint-Véran&lt;/em&gt;, rappelle que "pendant trente ans, il n'y eut plus ni procession, ni messe". Alors, les troupes du Duc de Lesdiguières, chef militaire des réformés dans le Dauphiné, contrôlaient le Queyras. En 1598, après la signature et la promulgation par Henri IV de l'Edit de Nantes, dit aussi édit de tolérance, les troubles se sont apaisés ; la liberté de culte a été proclamée ; dans le royaume, les protestants ont obtenu des "places de sûreté" où ils avaient le droit de maintenir des troupes en armes et parmi lesquelles se trouvait Fort-Queyras.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-7144608069447804944?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/7144608069447804944/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=7144608069447804944' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7144608069447804944'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/7144608069447804944'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2007/12/guerres-de-religion-dictionnaire.html' title='Guerres de religion (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R1p0tqLiKXI/AAAAAAAAAIc/CRRgj76ELhk/s72-c/Molines+Eglise+et+clocher.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-3340884823538011928</id><published>2007-12-03T15:48:00.000Z</published><updated>2007-12-03T15:52:21.159Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre G. Troisième article.'/><title type='text'>Granet-Abisset Anne-Marie (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R1QmKxrw0pI/AAAAAAAAAIA/kzW6Ud3lDxA/s1600-R/Saint+V%C3%A9ran+2007025.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5139775041314017938" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R1QmKxrw0pI/AAAAAAAAAIA/qzhJur1jSPo/s320/Saint+V%C3%A9ran+2007025.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Anne-Marie Granet-Abisset&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;D'ascendance queyrassine, universitaire, historienne spécialiste en histoire contemporaine, Mme Granet-Abisset est l'auteur d'une thèse publiée sous le titre &lt;em&gt;La Route réinventée. Les migrations des Queyrassins aux XIXe et XXe siècles&lt;/em&gt;, Presses Universitaires de Grenoble, 1994. Elle y étudie les facteurs qui ont conduit les Queyrassins à quitter leur village et qui, selon elle, sont à la fois divers et complexes. Ainsi, les motivations qui sont le plus souvent avancées soit par les historiens locaux, soit par les témoins pour expliquer l'exode massif des XIXe et XXe s ne se réduisent pas à la pauvreté, à l'indigence, au manque de terres. Parmi les premiers partants, les plus nombreux sont issus de familles puissantes, qui ont compté des consuls de communauté dans leurs ancêtres et qui ne manquent ni de terres, ni de biens. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Mme Granet-Abisset propose donc d'ajouter à la liste des causes généralement invoquées (à savoir l'absolue nécessité, les malheurs du temps, une économie routinière, des familles trop nombreuses sur des propriétés exiguës, l'absence de liquidités) des motifs qui ne sont pas souvent reconnus par les descendants des migrants ou par les témoins, à savoir le goût de l'aventure et de la liberté, l'envie de faire fortune ou l'attrait de la réussite.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Un des objectifs de l'auteur de cette thèse est d'analyser la mémoire des voyages, telle qu'elle s'est constituée au fil des ans dans la tradition des familles ou des villages. La comparant à ce que les demandes de passeports, les listes de passagers de diligence, les registres d'état civil, etc. apprennent de ces migrations, elle montre que la mémoire diverge parfois dans l'importantes proportions de ce qu'a été la réalité. La mémoire des destinations intérieures a retenu Marseille ou Lyon, mais le Dauphiné est oublié. Quant aux expatriations, la mémoire collective n'a retenu que l'Amérique, oubliant d'autres destinations moins prestigieuses. Partir, c'est commencer une nouvelle vie, presque toujours consacrée au commerce. A Lyon, Marseille, Toulon, etc., les Queyrassins semblent s'être fait une spécialité du commerce du lait, beurres et fromages, s'inscrivant ainsi dans une tradition ancestrale. Les autres carrières pour lesquelles ils ont opté sont celles de colporteurs en écriture, de marchands de parapluie, d'entrepreneurs en mercerie, d'hôteliers, de curés ou de bonnes soeurs. Peu de Queyrassins sont partis pour rester paysans, et peu parmi eux ont choisi la fonction publique. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Dans les villes où ils se sont installés, ils sont constitué des réseaux d'entraide familiale et villageoise, des associations fraternelles et des sociétés de secours mutuel. Seuls quelques-uns ont réussi à faire fortune et ils ont parfois voulu le montrer, en faisant construire dans leur village d'origine des villas luxueuses, qui avaient l'apparence de petits châteaux. Au total, cette Route réinventée est un grand livre sur le Queyras et les Queyrassins. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-3340884823538011928?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/3340884823538011928/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=3340884823538011928' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/3340884823538011928'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/3340884823538011928'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2007/12/granet-abisset-anne-marie-dictionnaire.html' title='Granet-Abisset Anne-Marie (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R1QmKxrw0pI/AAAAAAAAAIA/qzhJur1jSPo/s72-c/Saint+V%C3%A9ran+2007025.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-848626663729179588</id><published>2007-11-27T17:37:00.000Z</published><updated>2007-11-27T17:42:50.328Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre G. Deuxième article.'/><title type='text'>Gorges du Guil (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R0xXBAfmL2I/AAAAAAAAAH4/zHMvyyMeMC4/s1600-h/Gorges+du+Guil,+%C3%A9boulement+sur+la+route.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5137576949746904930" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R0xXBAfmL2I/AAAAAAAAAH4/zHMvyyMeMC4/s320/Gorges+du+Guil,+%C3%A9boulement+sur+la+route.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Gorges du Guil&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;La route du Queyras, désignée par la DDE du nom de Départementale 902 pendant dix-sept kilomètres, puis de Départementale 947, part de Guillestre, sur la rive gauche au Guil, à environ 1000 mètres d'altitude. Elle s’engage dans un étroit et profond défilé, au fond duquel coulent les eaux tumultueuses du Guil : ce sont les gorges. C’est là que commence le Parc Naturel Régional du Queyras. Au début du siècle, la route avait un tracé différent. Elle s’élevait dans la montagne et la forêt pour éviter les gorges. En 1909, le photographe et polygraphe Henri Ferrand, auteur d'un bel ouvrage, Le Pays Briançonnais et le Queyras, écrivait : "La route actuelle s'élève au-dessus de la ville et va chercher une terrasse élevée, d'où l'on jouit d'un admirable coup d'oeil sur Guillestre et ses environs : on l’appelle avec raison la Viste". On peut toujours emprunter l’ancienne route, bien qu’elle ne soit entretenue que de façon irrégulière. C’est, à la sortie de Guillestre, après le camping, la troisième route sur la droite. La nouvelle route a été construite entre 1905 et 1911 en corniche dans la partie supérieure des Gorges. Elle passe sous quatre tunnels creusés dans le rocher et domine le Guil de plusieurs dizaines de mètres. De quelques points de vue, sommairement aménagés, on peut admirer le défilé : "On ne peut se défendre d’un frisson quand on se penche sur l’abîme", écrivait J. Tivollier dans les années 1930. De là, on distingue, sur la rive opposée, à près de 1300 mètres d’altitude, les ruines de deux hameaux, aujourd’hui inclus dans le Parc Naturel : Le Gros et Pra-Riont. Le principal problème que pose cette route est son entretien. En hiver, il faut déneiger et saler la chaussée pour éviter que de la glace se forme, enlever les pierres, petites ou grosses, qui tombent de la falaise. Les nombreux virages et leur étroitesse empêchent une bonne, fluide et sûre circulation automobile. C’est pourquoi, régulièrement depuis quelques années, les autorités régionales décident des travaux de déroctage, afin d’élargir la route en grignotant la falaise.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;La Maison du Roi&lt;br /&gt;Ce hameau est situé à 5 kilomètres de Guillestre, au confluent du Cristillan, torrent qui descend de la vallée de Ceillac et du Guil. A la fin des années 1970, l'augmentation du prix de l'énergie et la croissance des besoins en électricité dans le Queyras ont incité l'EDF à construire à l'entrée des Gorges, un barrage qui alimente les turbines de l'usine électrique d'Eygliers. Avant 1973 et les chocs pétroliers qui s'en sont ensuivis, ces travaux n'auraient guère été rentables. Aujourd'hui, la retenue d’eau au confluent des deux torrents puissants donne de l’agrément au site de la Maison-du-Roi. Ce hameau est formé d'une auberge, tenue par la même famille, les Bérard, depuis quatre siècles, et de quelques maisons. La tradition rapporte que le roi Louis XIII, qui se rendait à Briançon, se serait arrêté au Pont la Pierre (le pont qui permettait de franchir le Guil à la Maison-du-Roi) et l’aubergiste lui aurait servi des oeufs. Dans les Archives du Queyras, le hameau est appelé "Maison-du-Roi" depuis ce moment, en raison d’une "sauvegarde du Roy" accordée à l'aubergiste en 1629. Il bénéficia d'une réduction des tailles et d’une exemption de corvée, à condition de fournir à bon prix le gîte et le couvert et ce, pendant toute l'année, aux voyageurs et aux soldats de la garnison de Château-Queyras. Autrefois, étape obligée des voyageurs, elle a perdu avec le développement de l'automobile son ancienne importance. Après avoir laissé sur la droite la vallée de Ceillac, la route franchit le Pont la Pierre, appelé ainsi, parce qu’il a été reconstruit en pierres en 1460. Là, commence alors la Combe.&lt;br /&gt;Répondant le 1 avril 1789 aux différentes questions que lui ont posées les Procureurs généraux syndics des Etats du Dauphiné, les consuls de Guillestre présentent ainsi la communauté de Guillestre : "Elle est composée du chef-lieu et des hameaux de Bremousse, Peyre, Rif-Bel, Mautgauvi, Grateloup et le Pont de Pierre ou la Maison du Roy, sur la route de Queyras . Ce hameau avait deux noms, soit le Pont de Pierre (ou le Pont la Pierre), soit la Maison du Roy. Les consuls de Guillestre expliquent ainsi ce deuxième nom, qui aujourd'hui a fini pas s'imposer et faire oublier le premier. C'est, écrivent-ils, "en raison du privilège d'exemption des tailles que le Roy leur a accordé, à condition de prêter secours à tout passant et d'y tenir auberge". L'éditeur de ce document publié dans les Annales des Alpes de mai-juin 1903 expose l'origine de ce privilège et infirme l'explication traditionnelle. "Ce privilège intéressant avait été accordé par Jacques Fantin des Odoards, subdélégué de l'Intendance du Dauphiné au département de l'Embunais, stipulant pour sa Majesté", à Guillaume Gérard, d'Eygliers le 28 nov. 1755 (Inventaire des Archives des Hautes-Alpes, C, 11). Gérard obtint alors l'autorisation "de faire apposer, sur la principale porte" de sa maison, "les armes du Roy, avec l'inscription au bas SAUVEGARDE DU ROY". Voilà sur quel fondement a été bâtie la légende qui est répétée dans tous les guides et autres livres plus ou moins historiques". &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-848626663729179588?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/848626663729179588/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=848626663729179588' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/848626663729179588'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/848626663729179588'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2007/11/gorges-du-guil-dictionnaire-historique.html' title='Gorges du Guil (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/R0xXBAfmL2I/AAAAAAAAAH4/zHMvyyMeMC4/s72-c/Gorges+du+Guil,+%C3%A9boulement+sur+la+route.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-8193451189304068436</id><published>2007-11-11T08:55:00.000Z</published><updated>2007-11-11T08:59:12.818Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dictionnaire historique et culturel du Queyras. Lettre G. Premier article.'/><title type='text'>Gondret, abbé Jacques Gondret (Dictionnaire historique et culturel)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/RzbEPiEx2TI/AAAAAAAAAHw/DE0U2Eq_GSM/s1600-h/Saint+V%C3%A9ran+2007034.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5131504596559190322" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/RzbEPiEx2TI/AAAAAAAAAHw/DE0U2Eq_GSM/s320/Saint+V%C3%A9ran+2007034.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;L'abbé Jacques Gondret est un admirable prêtre queyrassin. Né aux Prats Bas, hameau de la commune de Château-Ville-Vieille, il est mort en 1893, alors qu'il était curé de Ristolas. Entre 1847 et 1858, pendant onze ans, il a rédigé les "Mémoires historiques sur le Queyras", dans trois énormes cahiers, alors qu'il était curé de la paroisse du Veyer (cf. "Combe" et "paroisses") qui regroupait quatre hameaux, Le Veyer, Bramousse, Le Châtelart, Les Escoyères.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Ces Mémoires historiques sont remarquables par l'érudition qui la fonde. Seuls quelques chapitres de la troisième partie ont été publiés. Le style, ferme, toujours précis, sans impropriété, en est admirable. De toute évidence, Jacques Gondret a un vrai talent d'écrivain et une immense culture générale, étonnants de la part d'un curé d'une si petite paroisse et dont sont dépourvus beaucoup d'universitaires contemporains. C'est aussi un très habile argumentateur. Ainsi il est familier de la théorie des climats, à laquelle Montesquieu a donné la belle expression que chacun connaît. Chez les philosophes des Lumières, cette théorie servait à critiquer le dogmatisme et la croyance dans un absolu moral, social et religieux. Jacques Gondret l'utilise pour légitimer les particularismes et les spécificités ; aujourd'hui, on dirait les différences. Au XVIIIe s, elle fondait le relativisme. Chez Jacques Gondret, elle justifie les moeurs, les coutumes, les habitudes qui font l'identité queyrassine. Autrement dit, il détourne cette théorie, l'utilisant pour légitimer ce contre quoi elle avait été élaborée. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;C'est un prêtre qui a le goût de l'histoire, et aussi le sens de l'histoire, sachant donner à la fois une direction et une signification aux événements historiques auxquels il assiste : ainsi, à la grande crise économique qui affecte le Queyras au milieu du XIXe s. Il sait, en ethnologue ou en anthropologue, observer les moeurs, mentalités, coutumes : les invariants, ce qui semble ne pas changer, mais aussi la perte des revenus, les mutations, l'espèce de frénésie qui pousse les jeunes gens à quitter leurs montagnes et à laquelle il sera très difficile de s'opposer. C'est un conservateur qui se situe dans le courant du catholicisme populaire. Il accorde une grande importance au respect des cérémonies, des rites, du culte, aux processions, aux fêtes patronales (il recense tout cela avec une grande précision). Bien entendu, il est hostile, comme tous les penseurs contre-révolutionnaires, tels De Bonald et De Maistre entre autres, dont il est assez proche du point de vue de la pensée, à la Révolution de 1789, laquelle, pour lui, est une catastrophe, et il préconise un retour à l'Ancien Régime, qu'il pare des plus belles couleurs. Il proteste contre la suppression du droit d'aînesse, qui provoque le morcellement des terres, sape l'autorité du chef de famille sur ses enfants et ses proches, accélère l'émigration des Queyrassins. Mais il célèbre les bienfaits de l'instruction publique qu'assurait en partie l'Eglise et dont il a bénéficié, instruction primaire et secondaire, pour les garçons et pour les filles, Ainsi, il se moque de certaines opinions exprimées par Montaigne, qui affirma (alors que, au XIXe s, Montaigne était présenté comme un des premiers philosophes du libre examen, donc considéré comme progressiste) que " la plus utile et la plus honorable science pour une femme est la science du ménage ". A l'opposé, Jacques Gondret, curé traditionaliste et hostile aux Lumières, préconise pour toutes les filles l'instruction la plus large et la plus vaste possible, en vante les grandeurs et les bienfaits, en souligne l'utilité, ne serait-ce que pour former des religieuses de qualité qui seront placées à la tête d'écoles de filles. De plus, à la différence de beaucoup de curés du XIXe s, et sans doute parce qu'il est animé d'une véritable curiosité d'observateur ethnographe, il n'est pas hostile aux superstitions, aux divertissements, fussent-ils légers, à l'esprit populaire, fait de dérision, d'insolence et même de grivoiserie.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;En conclusion, ce qui fait l'intérêt de cette oeuvre est l'engagement de son auteur, d'une part en faveur des petits, des pauvres, des humbles, des paysans, qu'il réhabilite, et qui étaient trop souvent présentés au XIXe s, comme des êtres ignares et stupides ; d'autre part, contre la civilisation industrielle et urbaine qui se répand partout en France, uniformisant tout, et contre l'idéologie du progrès. Bref, c'est ce que l'on peut appeler un vaincu de l'histoire, puisque tout ce qu'il défendait a fini par disparaître, mais généreux et sympathique. Cf. "écrivains du Queyras". &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7117840857688632444-8193451189304068436?l=queyrasculture-jgl.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/feeds/8193451189304068436/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7117840857688632444&amp;postID=8193451189304068436' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/8193451189304068436'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7117840857688632444/posts/default/8193451189304068436'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://queyrasculture-jgl.blogspot.com/2007/11/age-dor-dictionnaire-historique-et.html' title='Gondret, abbé Jacques Gondret (Dictionnaire historique et culturel)'/><author><name>JGL</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08620512166052596636</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/RzbEPiEx2TI/AAAAAAAAAHw/DE0U2Eq_GSM/s72-c/Saint+V%C3%A9ran+2007034.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7117840857688632444.post-7814915877709579387</id><published>2007-10-27T14:00:00.000Z</published><updated>2007-10-27T14:06:21.270Z</updated><title type='text'>Fruitières (Dictionnaire historique et culturel du Queyras)</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/RyNFrfU0PyI/AAAAAAAAAHg/RBLguniVqEo/s1600-h/Mur+nord+1.JPG"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5126017414323257122" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_kl0YwaGgHdo/RyNFrfU0PyI/AAAAAAAAAHg/RBLguniVqEo/s320/Mur+nord+1.JPG" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;Four à pain double;  hameau de Pra Roubaud&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fruitières, fours, moulins&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les variantes régionales de notre langue, dans les Alpes et dans le Jura, une "fruitière" est, suivant la définition qu’on peut lire dans le &lt;em&gt;Trésor de la Langue française&lt;/em&gt;, "une coopérative formée pour l’exploitation du lait et la fabrication des fromages". Dans chaque village et même dans 
